La femme congolaise (ex-Zaïroise) au centre des malheurs

25 mars 2000

République démocratique du Congo

Depuis le régime déchu de Monsieur Mobutu, il y a 20 ans, nos parents n’ont pas bénéficié de leurs salaires malgré de lourdes responsabilités qui pèsent sur eux et, d’autre part, des étrangers ont actuellement implanté un régime de violations des droits humains les plus inouïes.

Sous l’éternelle dictature de Mobutu, le peu que gagnait la population était convoité par les militaires qui pillaient, en riant, les biens des familles affamées et sans défense.

Un peuple trompé

En avril 90, les politiciens ont trompé le peuple en lui disant que bientôt « l’ère de la place à la population » allait com­mencer. Avec des larmes de crocodile, monsieur Mobutu, proclamait l’avènement de la démocratie pour éviter que cette période puisse être appelée la plus dure de l’his­toire du Zaïre.

Ailleurs, dans la brousse des pays voisins, des assoiffés du pouvoir enviaient non seulement les biens, de la popula­tion déjà affamée, mais aussi sa vie. Ainsi, dès octobre 96, la masse de dévastateurs humains dont des Rwandais, des Burundais et des Ougan­dais, assoiffés de sang hu­main, comme si celui de 94 lors du génocide au Rwanda ne suffisait pas, se sont lancés à la chasse à l’homme.

Crimes contre l’humanité

La démocratie longtemps at­tendue s’est transformée en crime contre l’humanité. Dans cette macabre situation, la femme est la plus grande victime sur laquelle sont tombés tous les maux. Dès le régime déchu, elle est restée la personne ressource de la famille. Tandis que lors de cette période de sabotage de la dignité humaine en Répu­blique démocratique du Congo, la femme (parce que chargée de biens et d’en­fants) n’échappe jamais aux canons et aux massues des criminels étrangers. Comme si cela ne suffisait pas, la page la plus sombre encore est cel­le des viols. Fille ou pas, et malgré son état civil, l’essen­tiel pour les militaires étran­gers n’est autre que le sexe et la vie. Alors, des filles sont violées en présence de leurs parents et des femmes violées sous l’œil inquiet de leur mari. Et quel viol ? Des plus bestial quand il faut noter que ces violateurs venaient de faire de cinq à dix ans dans la forêt sans contact féminin ? Chose encore plus grave, ces viols se commettent sans au­cune protection alors que ces militaires viennent des pays africains top du SIDA…

Solidarité…

Chers lecteurs et lectrices, pourquoi les médias et la communauté internationale font-ils la sourde oreille face à une situation si désastreu­se ? Et vous femmes infor­mées, pourquoi n’en parlez-vous pas aux autres ? Êtes-vous complices de la situa­tion qui secoue la femme congolaise ? Sortez ! Sortez et sortez du grand silence qui pèse sur vos bouches. N’est-ce pas que par des marches de soutien ou par solidarité envers vos semblables qui meurent, qui sont violées et qui souffrent, qu’elles pourront recouvrir leur dignité ?

Criez ! Criez et criez ! Les. chaînes longtemps attachées aux pieds de vos sœurs se déchaîneront et tous, à votre suite, applaudiront vos ef­forts. « Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse… » dit le proverbe.

Kiana Désiré, Solidarité pour la promotion so­ciale et la paix (SOPROP)RDC