La garde clandestine… l’affaire de tout le monde !

15 mars 1986

Dernièrement, la population apprenait que la garderie de l’église baptiste de Windsor avait dû fermer ses portes suite à une action menée par l’Office des services de garde à l’enfance du Québec. Cette gar­derie opérait sans permis délivré par l’Office.

D’après les nonnes, on consi­dère que la garde de plus de neuf (9) enfants oblige le-la respon­sable à détenir un permis de l’Of­fice des services de garde à l’en­fance. Ces normes, disons-le mi­nimales, (imaginons une seule personne avec 9 enfants, de 3 mois à 5 ans, 7 heures par jour !) exigent d’une personne opérant un service de garde en milieu fa­milial ou en garderie, le respect de différentes règles. Mention­nons entre autres les ratios à res­pecter pour les garderies sans but lucratif, d’un éducateur-trice pour 5 enfants de 17 mois et moins et un éducateur-trice pour 8 enfants de 18 mois et plus. On parle également de compétences exigées pour les éducateurs-­trices travaillant auprès de ces en­fants. Ils-elles doivent élaborer un programme d’activités favori­sant le développement physique, intellectuel, affectif, social et moral de l’enfant. L’aménage­ment sécuritaire, c’est-à-dire les lieux physiques et les équipe­ments appropriés, doivent correspondre à des critères de sécu­rité minimum.

Bien d’autres normes encore s’ajoutent à celles-ci et visent principalement à assurer un ré­seau de service de garde de « qua­lité ».

La garde clandestine existe, il faut la dénoncer ! Le bien-être des enfants en dépend… C’est le but le plus important que nous pour­suivons. Nous nous devons de respecter et de faire respecter le droit des enfants à des services de garde de qualité leur permettant de s’épanouir dans un environne­ment sain et éducatif.

Mais comment se fait-il que nous soyons aux prises avec de tels problèmes ? Se pourrait-il que le réseau des services de garde ne soit pas adéquat’ ? Y a-t-il suffi­samment de place pour combler les demandes ? Les services de garde reconnus sont-ils acces­sibles financièrement ? Quelle classe de gens peut bénéficier des services de garde reconnus ?

En Estrie, en 1983, on estimait le nombre de places nécessaires pour combler les besoins en ma­tière de garde à 9 508, alors que la capacité d’accueil dans les ser­vices de garde reconnus n’était que de 1 319 places. Écart : 8 189. De plus, on estime à 13 $ le coût moyen par jour dans un service de garde reconnu.

L’accessibilité aux services de garde n’est donc pas possible aux gens à revenu moyen, l’échelle d’aide financière aux parents ne touchant que les gens à faible re­venu.

La situation actuelle n’est donc pas très reluisante ! D’une part, un réseau de gardesans but lucratif de qualité mais… insuffisant ! De l’autre côté, la garde clan­destine, qui se veut un service où il n’y a pas de mécanisme de contrôle pour la qualité des ser­vices, et où les normes minimales sont souvent inexistantes.

Pour dénoncer ce type de ser­vice on peut contacter le Regrou­pement des garderies sans but lu­cratif des Cantons de l’Est Inc. Au 187 rue Laurier, suite 305, Sher­brooke. Le numéro de téléphone pour les rejoindre : 566-7131.

Christine Pichette
pour Regroupement des garderies SBL des Cantons de l’Est inc.

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