La maladie mentale: Souffrance et différence

13 juin 1986

On dénombre présentement en Estrie 1 200 personnes atteintes de maladie mentale et 2 000 proches, parents et amis, leur apportant un support, quotidien. Il n’y a pas si long­temps, ces gens étaient traités de fous, de bizarres et on les mettait dans de grands « asiles » pour mieux les cacher à la population. Mais, de nos jours, de plus en plus d’entre eux-elles reprennent, ou maintiennent leur place dans la communauté et essaient de vivre parmi nous, malgré leurs difficultés et leur différence.

Mais cette différence, où se si­tue-t-elle ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne souffre de maladie mentale et non une autre ? Comment peut-on l’aider à mieux vivre malgré ses pro­blèmes, comment peut-on s’aider à mieux accepter le malaise de l’autre ?

Il faut tout d’abord savoir que la maladie mentale existe depuis toujours et que, même aujour­d’hui, on ne peut établir de lien direct entre certaines causes bio­logiques ou sociologiques et le déclenchement de la maladie elle-même. Tout ce qu’on sait, c’est que certains individus chan­gent soudainement de comporte­ment, s’isolent (de façon plus ou moins consciente) du monde ex­térieur, perdent contact avec la réalité ou en ont une vision pleine de distorsions.

Certains sont infiniment tristes, inquiets et impuissants face à tout ce qui leur arrive. D’autres, au contraire, sont très agressifs et se sentent continuel­lement attaqués, menacés dans leur survie même.

D’autres enfin, essaient de s’enlever la vie, pour mettre fin à cette souffrance qui les confronte quotidiennement, juste du fait d’être en vie, de lutter pour ne pas être envahis par ces voix inté­rieures, ces hallucinations ou par ce sentiment de différence qui les mutile par moments.

Ce qu’il faut retenir de la mala­die mentale, c’est la souffrance de ceux et celles qui en sont at­teint-e-s et leur difficulté à de­meurer, malgré tout, en contact avec nous.

Quant à nous, pour diminuer la peur que nous entretenons encore à leur égard, l’information est un outil de première importance pour comprendre et accepter la différence, parfois mince, qu’il y a entre la maladie et la santé men­tale.

Si vous souffrez d’une maladie ou si vous connaissez quelqu’un qui en est atteint, l’Association des Parents et Amis des Malades Mentaux de l’Estrie (563-1363) et La Cordée (565-1205) sont deux organismes du milieu qui peuvent vous aider.

André Forest
pour l’Association des Parents et Amis des Malades Mentaux de l’Estrie

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