On dénombre présentement en Estrie 1 200 personnes atteintes de maladie mentale et 2 000 proches, parents et amis, leur apportant un support, quotidien. Il n’y a pas si longtemps, ces gens étaient traités de fous, de bizarres et on les mettait dans de grands « asiles » pour mieux les cacher à la population. Mais, de nos jours, de plus en plus d’entre eux-elles reprennent, ou maintiennent leur place dans la communauté et essaient de vivre parmi nous, malgré leurs difficultés et leur différence.
Mais cette différence, où se situe-t-elle ? Qu’est-ce qui fait qu’une personne souffre de maladie mentale et non une autre ? Comment peut-on l’aider à mieux vivre malgré ses problèmes, comment peut-on s’aider à mieux accepter le malaise de l’autre ?
Il faut tout d’abord savoir que la maladie mentale existe depuis toujours et que, même aujourd’hui, on ne peut établir de lien direct entre certaines causes biologiques ou sociologiques et le déclenchement de la maladie elle-même. Tout ce qu’on sait, c’est que certains individus changent soudainement de comportement, s’isolent (de façon plus ou moins consciente) du monde extérieur, perdent contact avec la réalité ou en ont une vision pleine de distorsions.
Certains sont infiniment tristes, inquiets et impuissants face à tout ce qui leur arrive. D’autres, au contraire, sont très agressifs et se sentent continuellement attaqués, menacés dans leur survie même.
D’autres enfin, essaient de s’enlever la vie, pour mettre fin à cette souffrance qui les confronte quotidiennement, juste du fait d’être en vie, de lutter pour ne pas être envahis par ces voix intérieures, ces hallucinations ou par ce sentiment de différence qui les mutile par moments.
Ce qu’il faut retenir de la maladie mentale, c’est la souffrance de ceux et celles qui en sont atteint-e-s et leur difficulté à demeurer, malgré tout, en contact avec nous.
Quant à nous, pour diminuer la peur que nous entretenons encore à leur égard, l’information est un outil de première importance pour comprendre et accepter la différence, parfois mince, qu’il y a entre la maladie et la santé mentale.
Si vous souffrez d’une maladie ou si vous connaissez quelqu’un qui en est atteint, l’Association des Parents et Amis des Malades Mentaux de l’Estrie (563-1363) et La Cordée (565-1205) sont deux organismes du milieu qui peuvent vous aider.
André Forest
pour l’Association des Parents et Amis des Malades Mentaux de l’Estrie




