La mise à nu d’un monde « caché »

1 mars 2002

Travail du sexe

Dans la foulée de la préparation des revendications en­tourant la Marche mondiale des femmes, certaines ques­tions ont soulevées d’importants et profonds débats au sein du mouvement des femmes, tant sur le plan national que sur le plan international. Mentionnons, entre autres, la question du lesbianisme et la question du travail du sexe.

Un débat en cours (mais hors cour…)

Étant donné que la question du travail du sexe n’avait pas fait l’objet de débat large au sein du mouvement des femmes, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) avait pris l’engagement de favoriser un tel débat, minimalement dans ses propres rangs. Une démarche est donc en cours à la FFQ pour s’approprier cette question, débattre les orien­tations potentielles face à celle-ci et prendre une position officielle. Soulignons aussi que le Bloc québécois a arrêté certaines recommandations sur cette question visant, entre autres, à encadrer juridiquement l’exercice de la prostitu­tion de rue.

Rappelons que le travail du sexe ne se limite pas à la prostitution proprement dite, mais inclut tous les aspects touchant la question du sexe avec échange d’argent : films, revues, danses, prostitution, etc. À Sherbrooke, le travail du sexe existe sous ses différentes facettes. L’ouverture d’un « bar » offrant ce type de « services » sur la rue King, au centre-ville, vient nous le rappeler publiquement…

Quelle position prendre ? (au delà du 69…)

Dans les plus récents débats, nous pouvons dégager trois positions importantes face au travail du sexe : la déjudi­ciarisation, l’abolition et la légalisation. Élément central dans les débats actuels : toutes et tous s’entendent pour proclamer la nécessité de ne plus accepter la situation ac­tuelle et de « bouger » rapidement sur cette question.

Les différents enjeux entourant le travail du sexe ne peu­vent plus être ignorés : exploitation/oppression des femmes principalement, abus sexuels, meurtre, violences diverses, suicide, trafic de femmes et d’enfants, criminalité, drogues, MTS, pornographie, etc. Bien entendu, la question du tra­vail du sexe doit être traitée dans un cadre international et toute législation nationale devra en tenir compte, ce qui, avouons-le, rend le débat d’autant plus ardu qu’important.

Sans prendre position sur le fond du débat, nous parta­geons l’avis de celles et ceux qui réclament des change­ments importants dans la législation actuelle, particulière­ment en regard des femmes subissant des torts souvent irréparables. En ce sens, nous demandons aux gouverne­ments canadien et québécois l’instauration de commis­sions parlementaires dans les plus brefs délais pour en­tendre publiquement le point de vue de la population sur cette question et proposer des changements législatifs et légaux à être votés par les parlementaires.

Encore une fois, il ne faut pas que « le plus vieux métier du monde » continue d’alimenter « l’hypocrisie la plus vieille du monde », surtout dans ce pays de tradition judéo-chré­tienne…

Exigeons mi débat public et politique large et démocra­tique à nos députées et députés de toutes allégeances.

 

 

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