Travail du sexe
Dans la foulée de la préparation des revendications entourant la Marche mondiale des femmes, certaines questions ont soulevées d’importants et profonds débats au sein du mouvement des femmes, tant sur le plan national que sur le plan international. Mentionnons, entre autres, la question du lesbianisme et la question du travail du sexe.
Un débat en cours (mais hors cour…)
Étant donné que la question du travail du sexe n’avait pas fait l’objet de débat large au sein du mouvement des femmes, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) avait pris l’engagement de favoriser un tel débat, minimalement dans ses propres rangs. Une démarche est donc en cours à la FFQ pour s’approprier cette question, débattre les orientations potentielles face à celle-ci et prendre une position officielle. Soulignons aussi que le Bloc québécois a arrêté certaines recommandations sur cette question visant, entre autres, à encadrer juridiquement l’exercice de la prostitution de rue.
Rappelons que le travail du sexe ne se limite pas à la prostitution proprement dite, mais inclut tous les aspects touchant la question du sexe avec échange d’argent : films, revues, danses, prostitution, etc. À Sherbrooke, le travail du sexe existe sous ses différentes facettes. L’ouverture d’un « bar » offrant ce type de « services » sur la rue King, au centre-ville, vient nous le rappeler publiquement…
Quelle position prendre ? (au delà du 69…)
Dans les plus récents débats, nous pouvons dégager trois positions importantes face au travail du sexe : la déjudiciarisation, l’abolition et la légalisation. Élément central dans les débats actuels : toutes et tous s’entendent pour proclamer la nécessité de ne plus accepter la situation actuelle et de « bouger » rapidement sur cette question.
Les différents enjeux entourant le travail du sexe ne peuvent plus être ignorés : exploitation/oppression des femmes principalement, abus sexuels, meurtre, violences diverses, suicide, trafic de femmes et d’enfants, criminalité, drogues, MTS, pornographie, etc. Bien entendu, la question du travail du sexe doit être traitée dans un cadre international et toute législation nationale devra en tenir compte, ce qui, avouons-le, rend le débat d’autant plus ardu qu’important.
Sans prendre position sur le fond du débat, nous partageons l’avis de celles et ceux qui réclament des changements importants dans la législation actuelle, particulièrement en regard des femmes subissant des torts souvent irréparables. En ce sens, nous demandons aux gouvernements canadien et québécois l’instauration de commissions parlementaires dans les plus brefs délais pour entendre publiquement le point de vue de la population sur cette question et proposer des changements législatifs et légaux à être votés par les parlementaires.
Encore une fois, il ne faut pas que « le plus vieux métier du monde » continue d’alimenter « l’hypocrisie la plus vieille du monde », surtout dans ce pays de tradition judéo-chrétienne…
Exigeons mi débat public et politique large et démocratique à nos députées et députés de toutes allégeances.




