La mort bien vivante d’un homme politique…

31 janvier 1998

Premier roman du Sherbrookois Patrick Nicol ou

Sherbrookois d’origine, Patrick Nicol vient de publier son premier roman intitulé Paul Martin est un homme mort. Après nous avoir séduit avec ses trois premières publications (Laissons dormir ma liberté – 1984, Petits problèmes et aventures moyennes-1993, Les Années confuses-1996), voilà que l’auteur nous convie à une aventure teintée de personnages qui n’ont, bien entendu, rien à voir avec la réalité, mais…

Ce « mais » lape sans nul doute ce plat romanesque d’une complicité certaine avec le lecteur ou la lectrice puisque plusieurs d’entre eux portent (coïncidence, c’est sûr…) des noms bien connus sur la scène politique : Martin, Landry, Tremblay, Sheila, Dufour, Black, Desmarais, etc. Le fil conducteur de ce roman tient à la mort étrange du Ministre du Chiffre du Canada, M. Paul Martin. En « prime » de cette histoire d’un imaginaire réel, l’auteur utilise habilement et malicieusement certains extraits d’œuvres produits par d’autres auteurs ou d’articles de journal « adaptés » au goût de celui-ci.

Comment ne pas être complice de cette histoire où l’auteur nous surprend au détour des phrases et des chapitres, nous charme par ses clins d’œil à la vie, nous déconcerte et nous déstabilise dans notre construction imaginaire des développements à venir. Manipulant habilement le langage et les espaces d’ima­gination à nous partager, l’auteur nous offre l’occasion de se délecter le palais à en sentir les picotements de douceur. Maturité dans l’écriture et dans la création littéraire, ce premier roman laisse un « p’tit goût de r’venez-y »… Par contre, deux petites « ombrettes » mais qui ne portent pas ombrage à l’ensemble : le monologue un peu long d’un « chef d’État président patriote » et une con­clusion quelque peu « pois­sonneuse » (quoique… Paul Martin est-il vraiment mort ?).

Ancien collaborateur du jour­nal Entrée Libre, Patrick Nicol a. assurément, choisi des sentiers qui demeurent à défricher et à explorer. Cependant, jusqu’à mainte­nant, on peut dire que cet auteur sherbrookois ne cesse de nous donner l’occasion de s’extraire du quotidien par le rêve et le songe, tout en choisissant ce même quotidien comme point de départ de son écriture. Et quand la réalité devient rêve, l’espoir est encore permis…

 

 

 

 

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