Les jours sont contés en Estrie
Lettre adressée à Madame Diane Lemieux
Ministre de la Culture et des Communications du Québec
Le festival Les jours sont contés en Estrie est, parmi les pionniers, l’un des plus anciens festivals québécois dédiés au conte et il pensait bien fêter avec réjouissance, cet automne, son dixième anniversaire. Mais la récente décision du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), de n’accorder aucun soutien financier aux activités du festival Les jours sont contés en Estrie, menace sa survie et suscite au sein du milieu du conte une très vive inquiétude et une certaine perplexité. Qu’on le sache, sans le soutien du CALQ et du milieu culturel, le festival de l’Estrie, événement majeur dans l’équilibre fragile de l’ouverture et de la vitalité du conte au Québec, risque de disparaître.
Constante progression
Non seulement, le festival a su se maintenir année après année mais, malgré des moyens plus que modestes, l’événement a connu une constante progression, tant en termes de conteurs invités et de spectacles offerts que par la fidélisation et l’augmentation de ses publics.
L’automne dernier, le festival proposait pas moins qu’une trentaine de spectacles réunissant autant de conteurs et attirait près de 2 000 spectateurs dans une vingtaine de lieux différents. Depuis ses débuts, en 1993, le festival a permis d’accueillir des conteurs d’origines multiples (québécoise, nord et sud américaines, européenne, africaine); depuis plusieurs années, il proposait, en outre, des spectacles en anglais et en espagnol.
Les jours sont contés en Estrie ont décisivement choisi d’œuvrer en région et de permettre cette rencontre avec les conteurs, non seulement à Sherbrooke où la plupart des spectacles ont lieu, mais dans cinq des sept MRC de la région et une bonne quinzaine de salles et villages des alentours. Cet événement récurrent est devenu, au fil des ans, un dynamiseur important et est reconnu auprès du milieu régional et rural, autrement éloignés des centres et des circulations culturelles.
Les jours sont contés en Estrie suscitent aussi le croisement et le passage de conteurs et de conteuses tant régionaux que nationaux et internationaux qui génèrent de plus en plus les échanges, entretiennent les complicités et tissent les réseaux nécessaires à la circulation du conte et des conteurs avec les partenaires québécois, canadiens et étrangers. […]
Plus qu’une tradition orale
Mais encore, au-delà des rencontres ponctuelles de l’automne, le festival a fini par générer tout au long de l’année des activités orientées vers la représentation, la promotion et la diffusion du conte pour qu’entre deux festivals le conte vive, s’inscrive et anime la communauté. Ces activités sont autant d’occasions de révéler de nouveaux talents de conteurs que de favoriser le développement de ce mode d’expression et de spectacle (auprès des écoles, des centres culturels, des foyers pour personnes âgées, etc.).
[…]… la perte possible et forcément regrettable du festival Les jours sont contés en Estrie symbolise les raisons et l’urgence, pour nous qui signons, d’exprimer nos très vives inquiétudes de voir disparaître cet événement nécessaire dans notre pratique du conte. Nous vous demandons donc, Madame la Ministre, de reconnaître expressément l’existence et l’identité particulière de ce festival, qui est un lieu majeur dans le circuit des festivals de contes québécois, en l’appuyant financièrement.
Source Petronella van Dijk : (819) 820-2632
75 personnes signataires : organismes culturels, conteurs, musiciens et autres.




