La survie menacée

1 juin 2002

Les jours sont contés en Estrie

Lettre adressée à Madame Diane Lemieux
Ministre de la Culture et des Communications du Québec

Le festival Les jours sont contés en Estrie est, parmi les pionniers, l’un des plus anciens festivals québécois dédiés au conte et il pensait bien fêter avec réjouissance, cet automne, son dixième anniversaire. Mais la récente décision du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), de n’accorder aucun soutien financier aux activi­tés du festival Les jours sont contés en Estrie, menace sa survie et suscite au sein du milieu du conte une très vive inquiétude et une certaine perplexité. Qu’on le sache, sans le soutien du CALQ et du milieu culturel, le festival de l’Estrie, événement ma­jeur dans l’équilibre fragile de l’ouverture et de la vitalité du conte au Québec, risque de disparaître.

Constante progression

Non seulement, le festival a su se maintenir année après année mais, malgré des moyens plus que modestes, l’événement a connu une constante progression, tant en termes de conteurs invités et de spectacles offerts que par la fidélisation et l’aug­mentation de ses publics.

L’automne dernier, le festival proposait pas moins qu’une trentaine de spectacles réu­nissant autant de conteurs et attirait près de 2 000 specta­teurs dans une vingtaine de lieux différents. Depuis ses débuts, en 1993, le festival a permis d’accueillir des con­teurs d’origines multiples (québécoise, nord et sud américaines, européenne, afri­caine); depuis plusieurs an­nées, il proposait, en outre, des spectacles en anglais et en espagnol.

Les jours sont contés en Estrie ont décisivement choisi d’œuvrer en région et de per­mettre cette rencontre avec les conteurs, non seulement à Sherbrooke où la plupart des spectacles ont lieu, mais dans cinq des sept MRC de la région et une bonne quinzaine de salles et villages des alentours. Cet événement récurrent est devenu, au fil des ans, un dynamiseur im­portant et est reconnu auprès du milieu régional et rural, autrement éloignés des cen­tres et des circulations culturelles.

Les jours sont contés en Estrie suscitent aussi le croisement et le passage de con­teurs et de conteuses tant régionaux que nationaux et internationaux qui génèrent de plus en plus les échanges, entretiennent les complicités et tissent les réseaux nécessai­res à la circulation du conte et des conteurs avec les parte­naires québécois, canadiens et étrangers. […]

Plus qu’une tradition orale

Mais encore, au-delà des rencontres ponctuelles de l’automne, le festival a fini par générer tout au long de l’année des activités orien­tées vers la représentation, la promotion et la diffusion du conte pour qu’entre deux fes­tivals le conte vive, s’inscrive et anime la communauté. Ces activités sont autant d’occa­sions de révéler de nouveaux talents de conteurs que de fa­voriser le développement de ce mode d’expression et de spectacle (auprès des écoles, des centres culturels, des foyers pour personnes âgées, etc.).

[…]… la perte possible et forcément regrettable du fes­tival Les jours sont contés en Estrie symbolise les raisons et l’urgence, pour nous qui signons, d’exprimer nos très vives inquiétudes de voir disparaître cet événement nécessaire dans notre prati­que du conte. Nous vous demandons donc, Madame la Ministre, de reconnaître ex­pressément l’existence et l’identité particulière de ce festival, qui est un lieu majeur dans le circuit des festivals de contes québécois, en l’ap­puyant financièrement.

Source Petronella van Dijk :  (819) 820-2632

75 personnes signataires : organismes culturels, conteurs, musiciens et autres.

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