Les deux pieds dans `sloche
en train de péter sa coche
Louis rentre chez lui
en se disant ostie
Louis s’ouvre une bière
La plus forte mais la moins chère
Louis se branche sur t.v. god
Cet espèce de voïvode
« On a changé l’église catholi-
que pour une cathodique »
Louis perd son temps
Gavé comme une oie
Louis fait semblant
Louis paye pour ça :
Sa t.v. couleur
Sa boîte à bonheur
Comme une lueur dans la nuit
« Regardes comme le temps fuit »
La t.v., passionnément, PASSIVEMENT
La t.v., sans discrimination le passe-vie abordable
D’ la poudre aux yeux
Qui combat l’ennui des vieux
Une gardienne d’enfants
Wow ! Bel avenir qui les attends !
Matraqué par la routine sournoise des semaines,
Louis n’est pas à blâmer, on l’a si efficacement conditionné au pire.
Si demain les travailleurs comme les pauvres se débarrassaient de leur t.v., ils se‑
raient de nouveaux Rois de la terre, qui s’arrêterait de tourner pour repartir dans l’autre sens.
Béatitude et contentement
Euphorie pitoyable
Pendant ce temps-là :
Louis voit pu ses amis
Louis va pas au cinoche
Louis va pas au théâtre
Louis va pas voir de spectacle
Louis ne lit plus de livre
Louis va pas dans les musées
Louis va pas patiner
Louis va pas glisser
Louis fait plus la fête
Louis se saoule en tête-à-tête avec sa t.v.
Louis profite pu de rien
C’est le monde qui profite de lui
« Pogné » dans son cauchemar climatisé
Louis ne rêve même plus d’un inonde meilleur
Le simple rôle de figurant lui
convient bien
Le dos tourné sur sa bébelle, quelqu’un en profite pour lui faire la passe. La t.v. lui chante les vertus d’UNE culture, toujours la même : celle de la consommation.
Alors modifions notre drapeau pour ce qui nous ressemble et nous rassemble le plus. Troquons notre fleur de lys (ou feuille d’érable) pour un code barre.
Allez Louis ! Mets tes barriques fumée
Comme à un enterrement
Faut pas qu’on voit que tu pleures
R’garde comme la vie est belle à la télévision
Ta pauvre liberté n’a d’égale que le diamètre de ton écran cathodique
Une coupl’ de pouces de plus, une coup !’ de pouces en moins Tous dans la même mande à peu près jusqu’au cou
« Big brocher ain’t watching you, mate !
But you’re fuckin watchin him ! » *
* : Dicton tiré de l’album Christ de la défunte formation Crass


