La télévision, catalyseur de la virtualité capitaliste

27 janvier 1999

Les deux pieds dans `sloche

en train de péter sa coche

Louis rentre chez lui

en se disant ostie

 

Louis s’ouvre une bière

La plus forte mais la moins chère

Louis se branche sur t.v. god

Cet espèce de voïvode

 

« On a changé l’église catholi-

que pour une cathodique »

Louis perd son temps

Gavé comme une oie

Louis fait semblant

Louis paye pour ça :

Sa t.v. couleur

Sa boîte à bonheur

Comme une lueur dans la nuit

« Regardes comme le temps fuit »

 

La t.v., passionnément, PAS­SIVEMENT

La t.v., sans discrimination le passe-vie abordable

D’ la poudre aux yeux

Qui combat l’ennui des vieux

Une gardienne d’enfants

Wow ! Bel avenir qui les attends !

 

Matraqué par la routine sour­noise des semaines,

Louis n’est pas à blâmer, on l’a si efficacement conditionné au pire.

Si demain les travailleurs comme les pauvres se débar­rassaient de leur t.v., ils se‑

raient de nouveaux Rois de la terre, qui s’arrêterait de tour­ner pour repartir dans l’autre sens.

 

Béatitude et contentement

Euphorie pitoyable

Pendant ce temps-là :

 

Louis voit pu ses amis

Louis va pas au cinoche

Louis va pas au théâtre

Louis va pas voir de spectacle

Louis ne lit plus de livre

Louis va pas dans les musées

Louis va pas patiner

Louis va pas glisser

Louis fait plus la fête

Louis se saoule en tête-à-tête avec sa t.v.

Louis profite pu de rien

C’est le monde qui profite de lui

 

« Pogné » dans son cauchemar climatisé

Louis ne rêve même plus d’un inonde meilleur

Le simple rôle de figurant lui

convient bien

 

Le dos tourné sur sa bébelle, quelqu’un en profite pour lui faire la passe. La t.v. lui chante les vertus d’UNE culture, tou­jours la même : celle de la consommation.

 

Alors modifions notre drapeau pour ce qui nous ressemble et nous rassemble le plus. Tro­quons notre fleur de lys (ou feuille d’érable) pour un code barre.

 

Allez Louis ! Mets tes barriques fumée

Comme à un enterrement

Faut pas qu’on voit que tu pleures

R’garde comme la vie est belle à la télévision

Ta pauvre liberté n’a d’égale que le diamètre de ton écran cathodique

Une coupl’ de pouces de plus, une coup !’ de pouces en moins Tous dans la même mande à peu près jusqu’au cou

 

« Big brocher ain’t watching you, mate !

But you’re fuckin watchin him ! » *

* : Dicton tiré de l’album Christ de la défunte formation Crass

 

 

 

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