Comme vous le savez déjà, la Ville de. Sherbrooke a décidé de ne pas sévir contre les policiers impliqués dans l’affaire de Rock Forest. Parmi les motifs énoncés, on note le respect de la convention collective des dits-policiers et le fait que la souffrance morale endurée par ceux-ci est une punition déjà suffisante.
Nous baissons notre chapeau devant un tel respect des revendications syndicales, cela honore notre municipalité. Quand le syndicat des employé-es de la Ville redemandera qu’on arrête de confier à l’entreprise privée des contrats qu’ils-elles sont en mesure d’effectuer, on espère qu’ils recevront une oreille aussi attentive. On ne saurait faire deux poids deux mesures….
Rares sont les employé-es qui se méritent des promotions après une erreur aussi grave. Les employés de la Ville « coupables » d’alcoolisme qui ont été suspendus en savent quelque chose. Et si un jour, par erreur, un fonctionnaire faisait démolir la maison d’un-e de nos élu-es, verrait-il-elle son salaire augmenter ?
Même si plusieurs « bavures » marquent nos mémoires, il semble que les policiers perdent rarement un procès. L’habit bleu se blanchit plus facilement, on dirait.
Nous ne cherchons pas ici à discréditer le corps de police ou la profession en entier. Nous savons que ces gens pratiquent un métier éprouvant, mais « l’intouchabilité » de laquelle ils jouissent nous laisse perplexes. Peut-on faire respecter la loi et être au-dessus d’elle ?
L’arrogance quotidienne qu’on leur permet, qui va du manque de courtoisie au non-respect flagrant du code de la route, donne au policier un pouvoir qu’il-elle ne peut pas toujours assumer. Le respect qu’ils demandent au citoyen-nes suppose que nous ayons confiance en eux. Cela est de plus en plus difficile, étant donné qu’ils-elles sont armé-es et que les juges et les élu-es eux, tirent « à blanc ».
Et si la souffrance humaine devient une donnée à considérer, devra-t-on l’appliquer au buveur occasionnel qui tue au volant, au criminel rependant et au violeur qui doit s’humilier en cours ?



