C’est avec inquiétude que nous entendons l’État alimenter des discours de division dans la population. Nous pensons que pour la santé de notre démocratie, il est prioritaire de miser sur l’éducation, la lutte aux préjugés et aux discriminations, l’accessibilité et la qualité de nos services publics et programmes sociaux.
En ce qui concerne la question de laïcité de l’État et de la liberté religieuse, nous pensons qu’il faut voir là deux phénomènes distincts. Mélanger les deux concepts entraîne des dérapages qui mine un vivre-ensemble basé sur le respect et la dignité de l’être humain.
L’État québécois par définition est déjà laïque, les gouvernements sont élus par voie démocratique. Ses instances, ses programmes et ses services sociaux sont administrés par des ministères qui ne relèvent d’aucune communauté religieuse. Le lobby le plus dangereux pour notre démocratie actuellement est le lobby économique des industries militaires, pétrolières, minière et de milliardaires.
Les arguments qui soutiennent le projet de loi 9 et la loi 21 véhiculent de nombreux préjugés à l’égard de la religion musulmane et ont des impacts évidents et discriminatoires envers les femmes qui portent le voile. Même si des débats peuvent exister à l’intérieur même des différentes religions concernant les pratiques, nous pensons que l’État québécois manque à son devoir de laïcité en s’immisçant dans la liberté religieuse des gens.
Nous avons à cœur l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous pensons qu’une approche répressive basée sur des idées préconçues envers les femmes musulmanes qui portent le voile est une grave erreur. Créer un climat d’insécurité pour ces femmes dans les espaces publics, leur imposer un choix entre leur religion ou leur gagne-pain, est incompatible avec un projet de société qui vise l’égalité entre les genres et le respect des droits des travailleur-euses.
La meilleure façon de soutenir les femmes de tout horizon, c’est de mettre en place un système qui favorise leur autonomie. L’accès réel au logement, à la santé, à l’éducation et au travail font partie de ce système. Notre filet social il faut en prendre soin et c’est avec celui-ci qu’on peut aspirer à une société égalitaire et qui respecte la dignité de tout le monde.
Alain Roy, Association des locataires de Sherbrooke
Michèle Provencher, Réplique Estrie
Henry Matamba Harusha Mbatika, Fédération des communautés culturelles de l’Estrie
Marianita Hamel, Solidarité populaire Estrie
