L’Alphabétisation, beaucoup plus qu’un grand MOT…

21 novembre 1998

Ça concerne qui au juste ?

L’enfant, dès son plus jeune âge, apprend de ses parents, modèles de ses apprentissa­ges, à manger, s’habiller et parler, mais aussi lire et écrire. Il peut paraître inconce­vable pour plusieurs de croire qu’un enfant d’à peine un an puisse s’intéresser à la lecture et pourtant, le simple rituel, d’ouvrir un livre « avant le dodo », de le décrire et de faire parler l’enfant de l’univers qui s’y trouve par exemple, apprend au bambin que cet objet recèle des trésors. Le livre communique des messages à découvrir, au début par l’image, puis, par le texte.

D’autres façons peuvent aussi stimuler le désir d’ap­prendre les mots à l’enfant : le grand-père qui lit un con­te à sa petite-fille; le père qui explique le plan d’une maison à construire à son enfant; la mère qui, devant son adolescent, écrit une lettre à son conjoint parti au loin le temps d’un contrat. Or, dans plusieurs familles, ce contact avec l’écrit est non encouragé, peu présent ou absent, soit parce que le parent a de la difficulté à lire et à écrire lui-même, ou qu’il n’est pas sensibilisé de l’importance que cela pour­rait avoir dans son quoti­dien. Il y a donc plusieurs actions à entreprendre pour favoriser l’alphabétisation, autant sur le plan préventif qu’au niveau de la forma­tion des adultes, jeunes et moins jeunes, déjà aux pri­ses avec le problème.

Simples exemples

Voici quelques exemples nous permettant de bien comprendre l’importance de l’écrit dans notre quotidien : * Marc, 36 ans, cherche un travail et doit chaque jour remplir des formulaires de demandes d’emploi. Com­me il comprend peu ce qui est écrit, il les ramène à la maison afin de se faire ai­der; * Véro, 27 ans, enceinte et seule, a dû interrompre tôt ses études. Aujourd’hui, mère d’un garçon en troi­sième année, elle mettra beaucoup de temps à déchif­frer certains messages prove­nant de l’école. Elle sait lire et écrire, mais décode trop lentement pour bien com­prendre. De plus, elle se sent souvent impuissante à soutenir son garçon dans ses travaux scolaires.

* Claudine, 42 ans, a tou­jours travaillé dans la même entreprise et a pu cacher son problème jusqu’à présent. Or bientôt, elle aura à uti­liser l’informatique; alors qu’elle a déjà un problème de lecture et d’écriture. Il lui faudra retourner à l’école;

* Éric, jeune adulte, a tou­jours été aux prises avec des problèmes familiaux et a, en plus, touché à la drogue et à l’alcool. À l’école, il dit n’avoir rien appris; il n’avait pas la tête à ça. Décrocheur, obligé de se contenter de petits emplois temporaires et mal payés, il n’ose retour­ner aux études de peur qu’on rit de lui. Ces exem­plaires ont un point com­mun : la plupart des anal­phabètes ne possèdent pas suffisamment de compéten­ces de base (lire, écrire, cal­culer) pour assumer facile­ment leurs rôles dans notre société.

Comment arrêter celà

Maintenant, peut-on arrêter la roue ? Oui, si chacun prône aux individus aux pri­ses avec de sérieuses diffi­cultés en lecture et en écri­ture qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre; qu’à l’intérieur des classes le mot d’ordre est le respect de l’autre et que la formatrice ou le formateur est là pour guider l’élève.

Le pire qui puisse arriver lois de cet engagement à l’apprentissage est de se sentir bien dans sa peau. Finis les sentiments d’ex­clusion et de honte ! Bref, le seul risque est de devenir plus heureux de posséder ce pouvoir d’exprimer sa pen­sée tout en lisant et en comprenant celle des autres.

 

 

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