Ça concerne qui au juste ?
L’enfant, dès son plus jeune âge, apprend de ses parents, modèles de ses apprentissages, à manger, s’habiller et parler, mais aussi lire et écrire. Il peut paraître inconcevable pour plusieurs de croire qu’un enfant d’à peine un an puisse s’intéresser à la lecture et pourtant, le simple rituel, d’ouvrir un livre « avant le dodo », de le décrire et de faire parler l’enfant de l’univers qui s’y trouve par exemple, apprend au bambin que cet objet recèle des trésors. Le livre communique des messages à découvrir, au début par l’image, puis, par le texte.
D’autres façons peuvent aussi stimuler le désir d’apprendre les mots à l’enfant : le grand-père qui lit un conte à sa petite-fille; le père qui explique le plan d’une maison à construire à son enfant; la mère qui, devant son adolescent, écrit une lettre à son conjoint parti au loin le temps d’un contrat. Or, dans plusieurs familles, ce contact avec l’écrit est non encouragé, peu présent ou absent, soit parce que le parent a de la difficulté à lire et à écrire lui-même, ou qu’il n’est pas sensibilisé de l’importance que cela pourrait avoir dans son quotidien. Il y a donc plusieurs actions à entreprendre pour favoriser l’alphabétisation, autant sur le plan préventif qu’au niveau de la formation des adultes, jeunes et moins jeunes, déjà aux prises avec le problème.
Simples exemples
Voici quelques exemples nous permettant de bien comprendre l’importance de l’écrit dans notre quotidien : * Marc, 36 ans, cherche un travail et doit chaque jour remplir des formulaires de demandes d’emploi. Comme il comprend peu ce qui est écrit, il les ramène à la maison afin de se faire aider; * Véro, 27 ans, enceinte et seule, a dû interrompre tôt ses études. Aujourd’hui, mère d’un garçon en troisième année, elle mettra beaucoup de temps à déchiffrer certains messages provenant de l’école. Elle sait lire et écrire, mais décode trop lentement pour bien comprendre. De plus, elle se sent souvent impuissante à soutenir son garçon dans ses travaux scolaires.
* Claudine, 42 ans, a toujours travaillé dans la même entreprise et a pu cacher son problème jusqu’à présent. Or bientôt, elle aura à utiliser l’informatique; alors qu’elle a déjà un problème de lecture et d’écriture. Il lui faudra retourner à l’école;
* Éric, jeune adulte, a toujours été aux prises avec des problèmes familiaux et a, en plus, touché à la drogue et à l’alcool. À l’école, il dit n’avoir rien appris; il n’avait pas la tête à ça. Décrocheur, obligé de se contenter de petits emplois temporaires et mal payés, il n’ose retourner aux études de peur qu’on rit de lui. Ces exemplaires ont un point commun : la plupart des analphabètes ne possèdent pas suffisamment de compétences de base (lire, écrire, calculer) pour assumer facilement leurs rôles dans notre société.
Comment arrêter celà
Maintenant, peut-on arrêter la roue ? Oui, si chacun prône aux individus aux prises avec de sérieuses difficultés en lecture et en écriture qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre; qu’à l’intérieur des classes le mot d’ordre est le respect de l’autre et que la formatrice ou le formateur est là pour guider l’élève.
Le pire qui puisse arriver lois de cet engagement à l’apprentissage est de se sentir bien dans sa peau. Finis les sentiments d’exclusion et de honte ! Bref, le seul risque est de devenir plus heureux de posséder ce pouvoir d’exprimer sa pensée tout en lisant et en comprenant celle des autres.


