Le 8 mars d’hier à aujourd’hui
Si la reconnaissance du 8 mars comme Journée internationale des femmes date de la Deuxième internationale socialiste en août 1910, au Québec la célébration du 8 mars commença en 1971 et à Sherbrooke, en 1979. La première préoccupation des femmes au début du XXe siècle était le droit de vote des femmes. Il est évident que lorsque l’on ne peut participer aux choix qui s’offrent à nous, il est difficile d’être reconnue à part entière.
En 1971, les femmes obtiennent le droit de siéger comme jurée. Le Front de libération des femmes, au cours du procès de Paul Rose, font prendre conscience qu’une femme ne peut être témoin si elle ne peut être jurée. C’est par la suite qu’est publié le manifeste : « Québécoises debouttes» qui servira d’instrument d’analyse au Centre des femmes de Montréal et qui’ servira d’analyse féministe pour beaucoup de femmes et de groupes de femmes au Québec, par après. C’est à partir de ce moment-là que les femmes de Montréal organisèrent le 8 mars.
À Sherbrooke…
À la fin des années 1970, c’est-à-dire en 1979, l’Intersyndicale de Sherbrooke organise un premier 8 mars aux locaux de la CSN, côte de l’Acadie. Dès l’année suivante, ce groupe de femmes syndiquées se joint aux groupes communautaires de femmes et autres, et les marches dans les rues commencent. A cette époque, le 8 mars est mixte et traversé de différentes idéologies comme de différentes préoccupations qu’elles soient féministes, syndicales, socialistes ou communistes. Assez rapidement, les femmes souhaiteront que le 8 mars soit vraiment consacré aux femmes et à leurs préoccupations. C’est pourquoi dès 1983, le 8 mars ne sera plus mixte ni en terme de sexe ni en terme de contenu de débats. Les débats porteront uniquement sur les préoccupations des femmes, même si leurs points de vue peuvent être très différents d’un groupe de femme à l’autre.
Vers 1981 se formera à Sherbrooke un groupe qui s’appellera le Comité 8 mars dont la principale responsabilité sera l’organisation du 8 mars même. Ce groupe s’était aussi donné comme vocation une mission d’information, de sensibilisation, d’analyse, de pression et d’action. Le Comité 8 mars au cours de l’année préparait des dossiers et menait des actions. Ainsi, il a porté pendant quelques années le dossier de la pornographie et de la publicité sexiste. Il organisa des rencontres mensuelles au Bateleur, restaurant aujourd’hui disparu, sur différents thèmes et il mena une importante recherche : « Le portrait socio-économique des femmes en Estrie.» Ce fut la première recherche du genre en Estrie. Par la suite, le bureau régional du Conseil du Statut de la Femme prit la relève. Le Comité 8 mars n’existe plus aujourd’hui.
Tout au fil des années, des femmes de tous les milieux, de tous les âges, de tous les groupes de femmes, de toutes origines participèrent à l’organisation du 8 mars. Tous les sujets y furent traités à l’intérieur d’ateliers, très souvent à la suite de conférences. En plus du sérieux des conférences et ateliers, les femmes se sont arrangées pour fêter par le biais de repas communautaires et de manifestations artistiques et culturelles tels que chants, danse et théâtre.
… et en Estrie
Dans les autres MRC, là où il y avait des groupes de femmes organisés, des manifestations similaires se développèrent. Des groupes de femmes s’inspiraient et s’inspirent toujours pour l’organisation de leur 8 mars, soit des documents et des thèmes préparés par le Conseil du Statut de la femme, soit de ceux préparés par les Syndicats ou la Fédération des femmes du Québec. Cette reconnaissance du 8 mars comme Journée internationale des femmes s’est répandu un peu partout dans les bureaux et les lieux de travail. En général, on en profite pour réfléchir à l’un ou l’autre aspect de la vie des femmes et on fête tout simplement.
Le 8 mars doit continuer. Si la situation des femmes s’est améliorée, il reste encore beaucoup de situations inadmissibles. Bon 8 mars !
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8 mars 2003 dans la MRC de Sherbrooke
« Les fruits de l’action des femmes»
Foire des alternatives développées
par les groupes de femmes et pour les femmes
Musée de la nature et des sciences
225, rue Frontenac à Sherbrooke, de 10 h à 17 h
Entrée : gratuite Informations : 563-1987




