Le 8 mars d’hier à aujourd’hui

1 février 2003

Le 8 mars d’hier à aujourd’hui

Si la reconnaissance du 8 mars comme Journée internationale des femmes date de la Deuxième internationale socialiste en août 1910, au Québec la célébration du 8 mars commença en 1971 et à Sherbrooke, en 1979. La première préoccupation des femmes au début du XXe siècle était le droit de vote des femmes. Il est évident que lorsque l’on ne peut participer aux choix qui s’offrent à nous, il est difficile d’être reconnue à part entière.

En 1971, les femmes obtiennent le droit de siéger comme jurée. Le Front de libération des femmes, au cours du procès de Paul Rose, font prendre conscience qu’une femme ne peut être témoin si elle ne peut être jurée. C’est par la suite qu’est publié le manifeste : « Québé­coises debouttes» qui servira d’instrument d’analyse au Centre des femmes de Mon­tréal et qui’ servira d’analyse féministe pour beaucoup de femmes et de groupes de femmes au Québec, par après. C’est à partir de ce moment-là que les femmes de Montréal organisèrent le 8 mars.

À Sherbrooke…

À la fin des années 1970, c’est-à-dire en 1979, l’Inter­syndicale de Sherbrooke or­ganise un premier 8 mars aux locaux de la CSN, côte de l’Acadie. Dès l’année sui­vante, ce groupe de femmes syndiquées se joint aux grou­pes communautaires de fem­mes et autres, et les marches dans les rues commencent. A cette époque, le 8 mars est mixte et traversé de différen­tes idéologies comme de dif­férentes préoccupations qu’elles soient féministes, syndicales, socialistes ou communistes. Assez rapide­ment, les femmes souhaite­ront que le 8 mars soit vrai­ment consacré aux femmes et à leurs préoccupations. C’est pourquoi dès 1983, le 8 mars ne sera plus mixte ni en terme de sexe ni en terme de contenu de débats. Les dé­bats porteront uniquement sur les préoccupations des femmes, même si leurs points de vue peuvent être très dif­férents d’un groupe de femme à l’autre.

Vers 1981 se formera à Sherbrooke un groupe qui s’appellera le Comité 8 mars dont la principale responsabi­lité sera l’organisation du 8 mars même. Ce groupe s’était aussi donné comme vocation une mission d’infor­mation, de sensibilisation, d’analyse, de pression et d’action. Le Comité 8 mars au cours de l’année préparait des dossiers et menait des actions. Ainsi, il a porté pen­dant quelques années le dos­sier de la pornographie et de la publicité sexiste. Il orga­nisa des rencontres mensuel­les au Bateleur, restaurant aujourd’hui disparu, sur dif­férents thèmes et il mena une importante recherche : « Le portrait socio-économique des femmes en Estrie.» Ce fut la première recherche du genre en Estrie. Par la suite, le bureau régional du Conseil du Statut de la Femme prit la relève. Le Comité 8 mars n’existe plus aujourd’hui.

Tout au fil des années, des femmes de tous les milieux, de tous les âges, de tous les groupes de femmes, de toutes origines participèrent à l’or­ganisation du 8 mars. Tous les sujets y furent traités à l’intérieur d’ateliers, très sou­vent à la suite de conférences. En plus du sérieux des conférences et ateliers, les femmes se sont arrangées pour fêter par le biais de repas communautaires et de manifestations artistiques et culturelles tels que chants, danse et théâtre.

… et en Estrie

Dans les autres MRC, là où il y avait des groupes de femmes organisés, des mani­festations similaires se déve­loppèrent. Des groupes de femmes s’inspiraient et s’ins­pirent toujours pour l’organi­sation de leur 8 mars, soit des documents et des thèmes pré­parés par le Conseil du Statut de la femme, soit de ceux préparés par les Syndicats ou la Fédération des femmes du Québec. Cette reconnais­sance du 8 mars comme Journée internationale des femmes s’est répandu un peu partout dans les bureaux et les lieux de travail. En général, on en profite pour réfléchir à l’un ou l’autre aspect de la vie des femmes et on fête tout simplement.

Le 8 mars doit continuer. Si la situation des femmes s’est améliorée, il reste en­core beaucoup de situations inadmissibles. Bon 8 mars !

 

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8 mars 2003 dans la MRC de Sherbrooke

« Les fruits de l’action des femmes»

Foire des alternatives développées
par les groupes de femmes et pour les femmes
Musée de la nature et des sciences
225, rue Frontenac à Sherbrooke, de 10 h à 17 h

Entrée : gratuite Informations : 563-1987

 

 

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