Nouvelle politique internationale

Vous rappelez-vous avoir donné le mandat au gouvernement canadien d’augmenter du tiers le budget militaire ? Non ? Alors que nous sommes descendus par centaines de milliers dans les rues à l’hiver 2003 contre la guerre en Irak et que nous nous sommes opposés massivement, partout au Canada à la participation au bouclier anti-missile, il nous semblait, alors, avoir lancé un mes­sage clair. Ce n’était certainement pas celui de doubler notre capacité d’intervenir dans des pays étrangers, ni celui d’augmenter notre participation aux opérations militaires des États-Unis.

En effet, la nouvelle politique internationale du Canada, ap­pelé Fierté et influence, prévoit augmenter les dépenses mili­taires de 12,8 milliards $ sur cinq ans ainsi que doubler la ca­pacité d’intervention mili­taire du Canada à l’étranger, dans des pays dit « défaillants ». Cette nouvelle orientation ré­pond partiellement aux deman­des du milieu des affaires, tel le Conseil Canadien des Chefs d’Entreprises (CCCE), qui bénéficiera de contrats très lucratifs (5 milliards pour des avions, 1 milliard pour des hélicoptères, 750 millions pour des chars blindés, etc.), ainsi que celle des ambassadeurs nommés par la Maison-Blanche, qui exigeaient du Canada une politique plus militariste alignée sur la leur. Pour mieux nous faire avaler cette politique, on utilise la rhétorique humanitaire de la supposée « responsabilité de protéger » des états « défail­lants », qui en fait, sert surtout à donner un soutien détourné aux opérations américaines.

Alors que cette hausse des dépenses militaires canadiennes, une des plus grosses en 20 ans, nous amènera à des sommets inconnus depuis la guerre froide et que les dépen­ses militaires mondiales ont dépassé le cap de un trillion S, les libéraux de Paul Martin ont toujours refusé de consacrer un maigre 0,7 % du PIB au développement international.

Au contraire des mythes en­tretenus par le gouvernement canadien, le Canada n’a plus le rôle pacifique qu’il prétend avoir. Depuis juillet 2005, le Canada ne fournit plus que 0,35 % du personnel des missions de maintien de la paix de l’ONU (presqu’autant que le Pérou et le Guatemala, par exemple), et que 3 % du mon­tant alloué aux opérations militaire internationales.

Afghanistan et Irak

Sans aucune consultation, le gouvernement canadien a mo­difié le rôle de l’armée. Après le refus de la population cana­dienne de participer à la guerre en Irak, ce gouvernement, pour compenser, a augmenté de façon importante sa présence en Afghanistan, ce qui a permis aux États-Unis de transférer des soldats vers l’Irak. En août dernier, le rôle des forces cana­diennes en Afghanistan s’est transformé de « stabilisation » à celui de mission de combat. Le Canada est en guerre et nous ne le savons même pas. En fé­vrier, 1400 soldats supplémen­taires y seront envoyés. Rick Hillier, chef d’état major de la Défense, déclarait à ce sujet que l’année canadienne devait jouer son vrai rôle : « Nous ne som­mes pas un service publique (…). Nous sommes les forces armées et notre travail, c’est d’être prêt à tuer du monde ».

Selon un sondage du ministère de la Défense britannique fait auprès de la population ira­kienne, 80 % des Irakiens et Irakiennes veulent le retrait des troupes étrangères, seulement 1 % croit qu’elles contribuent à leur sécurité et 45 % sont en accord avec les attaques contre les forces britanniques et amé­ricaines. Ce n’est pas étonnant si on estime que l’Irak compte déjà entre 30 000 et 100 000 morts civils. Ce sont des chiffres clairs. Clair comme le fait que les Canadiens et les Ca­nadiennes ne souhaitent pas avoir de lois sécuritaires para­noïaques ou une politique étrangère calquée sur celle des États-Unis.

Le Parti conservateur et les intérêts américains

Face à cette nouvelle politique étrangère canadienne, les partis d’opposition n’ont offert aucune résistance : le Bloc québécois de Gilles Duceppe discourait sur la nécessité qu’un Québec indépendant se dote d’une ar­mée et d’un service de rensei­gnements ; le NPD est resté silencieux. Pour le Parti con­servateur de Stephen Harper, duquel le Washington Post af­firmait que, si élu, il serait le dirigeant étranger le plus fa­vorable aux intérêts américains sur la surface du globe, il a clairement pris position pour l’in­tégration approfondie du Ca­nada avec les États-Unis et a récemment déclaré qu’il fera participer le Canada au bou­clier anti-missile américain. Ainsi, il semble que l’opposition au militarisme grandissant ne réside pas à la Chambre des communes mais bien dans les luttes que mènera la population.

C’est pourquoi la TROVEPE vous invite à poser un geste pour vous opposer au virage mili­tariste que prend la politique étrangère canadienne en lisant et en endossant personnelle­ment la déclaration d’Échec à la guerre contre le militarisme et le partenariat militaire avec les États-Unis à cette adresse : www.echecalaguerre.org

 

 

 

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