Le centre-ville touché en plein cœur

7 septembre 2008

Zone d’Exclamation Publique

Le 17 septembre dernier, une explosion expressive a secoué le centre-ville de Sherbrooke. Une soixantaine de passants se sont retrouvés coincés en pleine Zone d’Exclamation Publique, au centre du phénomène circonscrit au café Esprit et Vie. Devant eux, une vingtaine d’artistes de la plume et du discours se sont succédés sur les planches, déclamant avec passion les fruits de leur créativité. Deux prestations musicales, dix toiles exposées, une demi-douzaine d’orateurs spontanés qui se sont emparés de micro laissés volontairement libres et une pléthore d’exclamations en provenance du public vinrent compléter ce rassemblement de différents groupes d’expression orale ou écrite qui gravitent à Sherbrooke.

Des groupes… sherbrookois ? Ça existe ? « En fait, nous vou­lions vraiment avoir avec nous d’autres collectifs d’auteurs lors de cette soirée, question de créer de la variété, mais aussi de se ras­sembler, en cette rentrée scolaire, pour bâtir un événement littéraire d’envergure et prouver à tout le monde qu’il y a une vraie de vraie vie culturelle à Sherbrooke », d’expliquer Sophie Jeukens, co-organisatrice de l’événe­ment et membre des Plumes de l’Ombre, le regroupement littéraire de Sherbrooke qui compte déjà plusieurs recueils à son actif. Son invitation a été entendue, et plusieurs ont ré­pondu présents à l’appel.

Perspectives Créatives

Le jeune groupe de Perspectives Créatives a promptement rejoint le mouvement. Constitué de cinq auteurs incarnant chacun un personnage doté d’une perception du monde qui lui est pro­pre, Perspectives Créatives pro­pose leur interprétation créa­tive bien distincte de différents thèmes par le biais d’un site internet au design soigné. Deux à trois fois par semaine, un texte de l’un des auteurs se retrouve publié jusqu’à ce que tous aient exploité le thème actuel, à la suite de quoi le processus recommence avec une nouvelle trame de fond. Un musicien et une artiste visuelle se joignent parfois à la ronde, et rendent disponible leurs créa­tions inspirées par le thème actuel.

Ça slam au Tremplin

Les membres des Soirées Slam du Tremplin ont également par­ticipé massivement à cette lec­ture publique. « Le Slam du Tremplin, c’est une scène pu­blique qui permet à des citoyens et à des citoyennes de venir performer des textes d’une du­rée maximale de trois minutes, sans accessoire, non-improvisés et originaux, en accord avec les règles définies par le mouvement du slam qui existe depuis le début des années 80 », décrit Francis Poulin, présentateur vedette des Soirées Slam et co­organisateur de la Zone d’Excla­mation Publique. Les slam­meurs et les slameuses et leur public se réunissent à chaque premier jeudi du mois, au Tremplin 16-30.

Éditions Six Brumes

La maison d’édition des Six Brumes, dont plusieurs des fon­dateurs sont originaires de Sherbrooke, a également parti­cipé à l’événement, tenant un kiosque et conscientisant les auteurs de la relève sur les mé­canismes de l’édition et sur l’importance de se faire connaî­tre. Fondée en 2001, elle se spécialise dans l’édition de la lit­térature de l’imaginaire (fantas­tique, fantaisie et horreur) d’auteurs émergents et compte une quinzaine d’œuvres publiées jusqu’à présent.

L’art se répand sur E-Toile

L’initiative a également attiré un autre organisme, E-Toile, dont la vocation consiste à pro­pager l’art et à encourager la créativité en offrant un portail interactif aux artistes amateurs de la francophonie. En plus de proposer des chroniques sur les différents événements culturels de la scène locale, E-Toile.org accueille les œuvres poétiques, littéraires et visuelles de tous ceux qui souhaitent partager leurs créations.

Au final, les organisateurs ti­rent un bilan fort positif de la Zone d’Exclamation Publique qui a rempli ses objectifs sur tous les plans. Elle aura permis de rap­procher et de faire connaître les différents artisans émergents de la littérature performée. La ré­ponse enthousiaste des artistes et du public témoigne du réel intérêt des Sherbrookois pour leur faune culturelle locale et de la vigueur de celle-ci, lui laissant supposer un avenir haut en cou­leur et riche en surprises pour les temps à venir. Une expérience qui se reproduira ? Bien que rien ne soit en chantier pour le mo­ment, le sourire en coin des or­ganisateurs suggère le meilleur.