La fusion des « Fonds d’aide à l’action communautaire autonome » et du « Fonds québécois d’initiatives sociales » est le dernier coup de poing de l’État québécois dans le pâté chinois du financement des organismes communautaires. Un coup de botte plutôt, comme à l’escrime : imparable et létal dans la défense collective des droits. La botte de Nevers d’un gouvernement en fin de vie pour mettre le communautaire à sa botte. On remplace le « cheuf » par une femme. Une future Kim Campbell « made in Quebec ». Probablement.
Les besoins augmentent parce qu’on coupe à la CNESST ? Bof ! Coupons aussi dans le communautaire qui devra accompagner les travailleurs laissés pour compte. « Faire plus avec moins », on connait la chanson. Le film.
Et un prétendant au titre de premier ministre veut couper 47 milliards de dollars dans les dépenses de l’État québécois « tout en préservant les services publics ». Un chausson avec ça ? Et l’argent ainsi économisé va aller aux organismes communautaires je suppose ? Un peu ? Pour nous recoller les morceaux. Et un poignée dans l’dos. Tant qu’à y être.
L’idée n’est pas neuve : Lucien le lucide, avait envoyé des dizaines de milliers d’infirmières à la retraite pour atteindre le « déficit zéro ». Grève, pas grève pour faire face à la surcharge de travail et aux compressions : faut « Faire plus avec moins ». On a vu le système de santé piquer du nez. D’une grosse coche. Mal taillée. Encore présente. Après 27 ans.
Deux tiers de femmes dans le communautaire
Les femmes ont toujours joué un grand rôle dans les services de l’État québécois. Les femmes dirigeaient la plupart des hôpitaux depuis Jeanne Mance et la plupart des écoles primaires depuis Marguerite Bourgeois jusqu’à ce que l’État s’en charge autour des années 1940 à 1960. Et même un peu plus.
Est-ce par paternalisme et/ou par sexisme que les gouvernements s’acharnent sur des travailleuses dites « essentielles » dès qu’un groupe dont l’objectif est de « prendre soin » est majoritairement composé de femmes ? Mépris ?
Pourtant leurs principales revendications ne sont pas pour elles d’abord mais pour protéger la mission alors que les demandes explosent et que les équipes s’épuisent. On pointe du doigt le manque de prévisibilité des budgets et le financement par projets comme irritants qui minent la mission en limitant l’autonomie des organismes.
Les élections s’en viennent
Ce sera le temps de voir si les candidates et candidats vont parler plutôt de coupes ou de redéploiement nécessaire des forces vives du communautaire.
La sortie de crise du communautaire se fera avec un gouvernement qui comprendra qu’il faut « Faire mieux avec mieux ». Sincèrement.
P.S. : les deux prochains numéros du Journal Entrée Libre seront justement consacrés aux élections provinciales. Le « Avant » et le « Après ».
