Ces temps-ci, la pauvreté est à la Une : elle fait parler d’elle. Serait-elle devenue populaire ? Tantôt, on en parle comme d’un fléau à combattre; tantôt, comme d’une résultante des valeurs du néo-libéralisme.
Permettez-moi d’utiliser un langage commun pour vous exposer ce qu’est la réalité sous-jacente au concept. En fait, j’ai une envie soudaine de vous exprimer ce que signifie l’appauvrissement pour d’autres personnes et moi, qui survivons au quotidien, pour moyens financiers, zéro sous en poche.
La pauvreté ou une vie de stress
Lorsqu’on est pauvre, la vie se change en stress. Les questions existentielles : « Qui suis-je » et « Oit vais-je ? » sont supplantées par « Qui voudrait bien de mes services » et « Quand arriverais-je à travailler ? »
Simple réflexion me confesserez-vous. Mais il s’agit bien là de préoccupations incessantes qui, jour après jour, occupent l’esprit de bien des « petites vies », de la mienne comme celles de gens de mon environnement élargi.
Une retraite forcée ?
Cette situation de grand stress engendre aussi une autre réalité. L’isolement et la vulnérabilité accompagnent cette situation de retraite forcée.
Personnellement, j’essaie de maintenir le cap, mais je ne suis pas au-dessus de mes affaires; la tourmente frappe aussi à ma porte. Par contre, je me sais entourée. Mais combien sans ressource en arrivent au pire ? Et combien de couples mal assortis parce que leurs chemins sont du côté de la pauvreté ?
En fait, j’ajouterais à cela qu’il est quasi impossible de calculer les situations de frustration et parfois d’humiliation dans lesquelles nous place la pauvreté. Et j’omets de parler des nouilles trop cuites qu’on doit se raisonner à avaler.
Bref, vivre de cette réalité ou plutôt y survivre, est sans contredit périlleux et inhumain. Convenir qu’une partie importante de la population choisisse entre la misère psychologique ou la pauvreté renvoie à une piètre image de la société actuelle.



