Partout au Québec, et ici à Sherbrooke, les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans la vie des communautés.
Ils accompagnent des milliers de personnes chaque année, ils sont des lieux d’entraide, de solidarité et d’éducation populaire et ils sont des leviers d’action collective. Ils contribuent à améliorer les conditions de vie de tous et de toutes et ils renforcent le tissu social de nos communautés.
Mais les organismes ne font pas que répondre à des besoins : ils participent aussi à la transformation sociale, en donnant une voix aux premières personnes concernées, en créant des milieux de vie pour toutes les populations et en travaillant collectivement à construire des communautés plus justes et plus démocratiques. Ils ont la volonté d’agir non seulement sur les conséquences des problèmes sociaux, mais aussi sur leurs causes. Ils sont aussi les premiers à dénoncer les inégalités sociales, à défendre les plus vulnérables d’entre nous et à exiger que les gouvernements rendent des comptes. La justice sociale est leur première lutte.
Mais ils sont au bout du rouleau.
Parce que les besoins de la population augmentent et se complexifient. Tous les organismes doivent composer avec des enjeux de diversification et d’augmentation des demandes. Mais les ressources financières disponibles ne permettent pas de répondre adéquatement à l’ensemble des besoins. Ni d’offrir des conditions de travail acceptables aux travailleurs et travailleuses. Certains groupes doivent parfois faire des choix déchirants entre les conditions de travail de leur personnel et leur offre de soutien à la population. Est-ce qu’on sabre deux-trois activités pour mieux payer notre personnel ? Ou est-ce qu’on coupe l’adjointe administrative et on se répartit ses tâches pour pouvoir développer un nouveau projet ? Est-ce qu’on diminue la contribution déjà maigre au REER des employés pour offrir un repas de plus à nos participants et participantes ? C’est dans ce contexte qu’est né à Shawinigan « Le communautaire à boutte ! », une grève historique portée par des organismes communautaires. Pour la première fois, un mouvement de mobilisation est venu des groupes de base, de ceux qui travaillent au quotidien avec les populations et non des regroupements (qui ont davantage la mobilisation, la défense de droit et la revendication dans leur ADN). C’est donc le terrain qui s’est levé pour dire : c’est assez, on n’en peut plus. Et le mouvement a fait des petits à la grandeur du Québec.
Que réclament les groupes à boutte ?
un rehaussement significatif du financement à la mission globale des organismes communautaires pour, entre autres, permettre d’offrir des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire ;
Un financement stable et prévisible, qui permet aux organismes de planifier leurs actions à long terme ;
Une reconnaissance du rôle essentiel que jouent les organismes communautaires dans la société québécoise ;
et une reconnaissance de leur autonomie.
C’est pourquoi du 23 mars au 2 avril, ils ont cumulé les actions de visibilité, les mobilisations, les marches et les rencontres afin d’être visibles et espérons-le entendus.
Le milieu communautaire ne quémande pas et il n’est pas trop dépendant du gouvernement. Il fait partie intégrante de la vision de la société qu’on voulait et qu’on veut encore au Québec. L’action communautaire autonome est un modèle unique au monde. Et un modèle envié. C’est un véritable trésor collectif dont il faut prendre soin.
Parce que quand le communautaire est à boutte, c’est toute la société qui est perdante.




