Les travailleurs de la Beloit
« L’industrie des pâtes et papier change. Beloit fait de même. À titre de manufacturier de pointe dans la fabrication d’équipements, nous nous restructurons afin de mieux pouvoir répondre à vos besoins. Nous déplaçons les gens et les installations afin qu’ils soient plus près de vous. C’est la promesse que nous vous faisons. Regardez-nous livrer la marchandise. » C’est ainsi que s’introduit la corporation Beloit sur son site internet.
À Sherbrooke, ait mois d’avril 1998, Beloit a fermé son usine jetant 213 travailleurs syndiqués à la rue. En août, Beloit a annoncé sa décision de fermer son usine de Dalton au Massachusetts à compter du 31 octobre. Plus de 250 travailleurs se retrouveront alors sans emploi. La façon dut se présentent Beloit et ses multiples fermetures d’usine ne sont pas des coïncidences.
La mondialisation de l’industrie et le néo-libéralisme
La mondialisation de l’industrie met en compétition les travailleurs de la Beloit à Sherbrooke à ceux d’Asie, où les salaires sont beaucoup moindres et les conditions de travail désuètes. Moins il en coûte cher de produire et plus les investisseurs font d’énormes profits.
Ainsi, au cours de l’année 1997, les actions en cours des Industries Harnischfeger, compagnie-mère de la Beloit se sont transigées jusqu’à près de 45 $ alors qu’elles s’échangent présentement autour de 20 $. (Voir tableau) Cependant, la tendance générale du prix des actions de la compagnie est en hausse constante depuis le début des années 90. L’appétit toujours vorace des investisseurs, dont le but est de faire toujours plus d’argent dans un minimum de temps, mène toutes les décisions des dirigeants d’entreprises. Beloit n’est plus un investissement rentable.
Pendant ce temps, à Sherbrooke
Les travailleurs de la Beloit ont formé un comité afin de trouver de nouveaux investisseurs susceptibles d’en relancer les activités industrielles. Jusqu’à maintenant, des contacts avec quelques acheteurs potentiels ont eu lieu mais sans résultat concret.
À ce moment-ci, une poignée de travailleurs, surtout chez les plus jeunes, se sont trouvé un nouvel emploi. Parmi les aînés, quelques-uns ont pris leur retraite et certains tentent de se recycler. D’autres, enfin, sont désespérés, sans emploi et sans espoir.
Au cours de la campagne électorale fédérale dans le comté de Sherbrooke, les politiciens, soudainement, s’intéressent à la cause de ces travailleurs mis à pied et de l’avenir de l’usine Beloit. Il faut bien parler des enjeux locaux… Ces hommes sont exploités lorsqu’ils travaillent et le sont encore lorsqu’ils sont sans emploi.
La roulotte des travailleurs est partie, la campagne électorale est terminée, les journaux ne mentionnent plus la Beloit. Ces travailleurs n’existent plus dans la conscience collective de la population. C’est pourquoi que les compagnies, comme la Beloit, peuvent fermer leurs usines en toute impénitence, sans rendre de compte à ses travailleurs et travailleuses qui donnent leur vie à une entreprise. Les investisseurs décident du sort du inonde…



