Avancer en arrière

Le programme EXTRA qui avait été mis de côté il y a quelques années en raison de sa non-efficacité, va faire un retour en avril 2006. Son nouveau nom sera le Programme d’aide à l’accompagnement social (PAAS).

Le but principal du PAAS est de « remettre en mouvement » des personnes survivant de la sécurité du revenu et qui ne sont pas encore prêtes à in­tégrer le marché du travail à court terme et à développer leur « employabilité » afin qu’elles puissent se trouver un emploi plus tard.

Vous avez dit PAAS ?

Le PAAS consiste à établir un contrat entre une personne survivant de l’aide sociale, un organisme communautaire et la sécurité du revenu. L’orga­nisme devra soutenir et enca­drer la personne dans l’exercice de ses fonctions déterminées dans le contrat. Ce dernier sera d’une durée de 12 mois.

Le PAAS possède quelques avantages par rapport au dé­funt programme EXTRA, dont celui de rembourser lés frais de transport et’ de gardiennage des enfants ainsi que le renoncement aux pénalités en cas d’échec ou d’abandon du projet. Par contre, il n’est pas spécifié si les frais de taxi vont être remboursés pour les per­sonnes vivant dans des villes ou des villages où il n’y a pas de transport en commun. Ces dernières seront probablement couvertes par la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) mais personne au bureau régional du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale n’a pu nous le confir­mer. Cependant, il reste beau­coup à faire pour atteindre les objectifs d’inclusion et d’égalité de traitement qu’Illusion-Emploi recherche depuis sa création en 1995. Rappelons que l’organisme est né d’un groupe de personnes travaillant sur les programmes EXTRA.

Par le passé, ces programmes ont créé beaucoup d’illusions (d’où notre nom). Les gens croyaient trouver un emploi permanent après leur expérien­ce ; ce qui n’a pas été le cas dans la très grande majorité des cas.

Ses caractéristiques

Il s’agit de faux emplois sous-payés, déguisés en presque bénévolat : 30 $ pour 20 heures par semaine, soit 1,50 $ de l’heure, comparé au salaire minimum actuel de 7,60 5. Comme il ne s’agit pas d’em­plois, ils ne seront pas régis par les normes minimales du travail et les personnes n’auront pas accès au chômage à la fin du contrat. Pour développer effi­cacement l’employabilité d’une personne, il faut lui faire exécuter toutes les tâches, pas seulement une partie. Le se­crétariat n’est pas juste coller des timbres, faire une revue de presse ou répondre au téléphone. Devenir cuisinier, c’est faire plus qu’éplucher des carottes ou des patates et faire la vaisselle.

Avec le programme PAAS, ce sont uniquement des organis­mes à but non lucratif qui auront accès à ce programme d’employabilité. Le gouverner ment va leur remettre 100 $ par mois pour faciliter l’enca­drement. Comme les organis­mes souffrent d’un manque de financement chronique et de personnel, cela pourrait être une belle opportunité de combler ce double manque. Mais à quel prix pour les personnes qui doivent faire le travail d’un employé avec un salaire minime, aucune ou peu de protection sociale et aucun espoir d’être engagé dans l’organisme par la suite ?

Le 130 $ de surplus par mois, même s’il est très faible pour l’énergie investie, aide beau­coup pour les fins de mois. Malgré cela, ces personnes gagneront moins qu’une per­sonne sur l’aide sociale consi­dérée inapte au travail. Ce programme ramène le pré­jugé du bon et du mauvais pauvre : la personne sur l’aide sociale est responsable de sa situation et pour améliorer son sort, l’État peut lui donner des miettes en la forçant à travailler.

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Des emplois de piètre qualité

Une étude de marchés mondiaux CIBC nous apprend que l’indice de la qualité des emplois poursuit sa dégringolade amorcée en 2000.

Il y a eu une augmentation du nombre d’emplois à temps partiel, augmentation des travailleurs autonomes et recul de la rémuné­ration.

En ce qui concerne la création d’emplois, on la retrouve principa­lement dans le secteur des services et de la vente au détail où les em­plois sont précaires et à bas salaire.

Source : Illusion-Emploi, hiver 2006, vol. 7, n° 1.

 

 

 

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