Une survie pour l’humanité
Alors que l’eau occupe 70 % de la planète, seul 2,5 % sont constitués d’eau douce dont 0,3 % sont facilement accessibles et renouvelables. La majeure partie de cette eau est profondément enfouie dans les sols ou dans les glaciers. C’est ce qui permet de parler de la rareté de l’eau malgré son abondance apparente. Dans le monde, l’eau est inégalement répartie. Certains pays en ont trop, d’autres en manquent cruellement. Par ces manques, notamment, la sécheresse et ces excès comme les inondations, l’eau pose à l’humanité des problèmes de survie.
Quelques chiffres suffisent à nous faire prendre conscience de la gravité du problème de l’eau dans le moi ide. À l’heure actuelle, 1,3 million de personnes n’ont pas un accès direct à l’eau, un chiffre qui pourrait bien monter jusqu’à 3 millions en 2020 si rien n’est entrepris. Selon un rapport de l’ONU, 15 millions de personnes meurent chaque année en raison du manque d’eau. Plus d’un milliard de personnes sont privées d’eau potable dans le monde, dont la majorité vit au Sud. Certaines femmes des pays du Sud sont obligées de marcher en moyenne 6km par jour pour obtenir de l’eau en portant des contenants pesant jusqu’à 20 kilos.
Ceci démontre qu’il y a bien un problème pour l’accès à l’eau, à une eau de qualité tout d’abord. Au Sénégal, 50 % des eaux de sources sont souillées par des infections bactériologiques qui sont d’origine naturelle comme les corps d’animaux en décomposition, ou d’origine humaine comme les rejets des eaux usées des villes sans la moindre opération d’épuration.
Eau et mondialisation
Par le biais de l’agriculture, l’homme nuit aussi aux réserves aquatiques. On estime que l’agriculture mondiale absorbe à elle seule 70 % de l’eau douce. Faite de manière intensive, elle peut par l’emploi de com posés chimiques, polluer les nappes souterraines. Elle rend ainsi doublement difficile l’accès à l’eau en limitant le volume global disponible et en affectant sa qualité. Cela démontre que le problème de l’eau peut trouver sa source dans le phénomène de la mondialisation, à travers les modes d’exploitation quelle impose aux agriculteurs dans le fort contexte concurrentiel quelle crée. La mondialisation a aussi aggravé le problème de l’eau à travers d’autres voies, notamment, celle de la privatisation des circuits de gestion de l’eau. L’expérience a montré que la privatisation des servi ces de distribution de l’eau n’améliore pas leur fonctionnement car en considérant l’eau comme une marchandise, les sociétés privées ont tout intérêt à faire en sorte que son accès reste limité. En faisant de l’eau une denrée difficile à se procurer, donc rare, ces sociétés augmentent sa valeur… et les bénéfices, ce qui place les populations les moins aisées devant de cruelles difficultés face à une denrée vitale. Certaines sociétés reconnais sent l’augmentation des tarifs pratiquée dans la distribution mais affirment que c’est une manière pour elles de lutter contre le gaspillage de l’eau. Ce dernier au niveau mondial reste toujours aussi important : presque la moitié de l’eau utilisée par l’agriculture est perdue, sans avoir la moindre utilité comme cela se produit, par exemple, dans les canaux d’irrigation à ciel ouvert qui traversent des zones où l’évaporation est très forte.
Que faire ?
À la vue de ces méfaits, force est de constater que la responsabilité de l’aggravation du problème de l’eau incombe à la fois aux États du Nord et du Sud. Nous devons tous veiller sur cette précieuse ressource. Aujourd’hui, nous disposons de moyens contre les agressions que subit l’eau : moyens scientifiques pour repérer l’emploi excessif d’engrais chimiques ; moyens de pénaliser les agriculteurs qui outrepassent les normes en vigueur ; moyens de créer des organismes destinés à assurer une répartition plus juste de l’eau et pour lutter contre une influence croissante des multinationales dans le secteur de sa distribution ; moyens de répondre à d’éventuelles pénuries d’eau grâce au procédé de désalinisation de l’eau de mer même si c’est une solution qui a ses limites. Il est bien évident que les solutions existent mais la première étape, encore loin d’être à son terme, doit être une prise de conscience globale des réalités du problème de l’eau.
Source : ATTAC
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