Le p’tit gars du Bas du Fleuve: Gilles Jean

16 mai 1986

Les yeux rieurs, remplis d’expression, sourire aux lèvres, c’est toujours ainsi qu’est Gilles Jean, peu importe l’endroit où on le croise. Son be­soin de plaire, d’intéresser les gens est de plus en plus présent, et de plus en plus comblé.

Son travail : Livreur pour les postes

Son amour : La comédie

Le Bas du Fleuve

Gilles Jean est originaire du Bas du Fleuve et a grandi paisi­blement et calmement dans une ferme située sur un petit rang. À l’époque, c’était Gilles le « tran­quille ». Renfermé émotivement, timide, sa priorité : plaire, tou­jours plaire.

C’est en secondaire V qu’on lui a offert l’option théâtre. Pour quelqu’un de timide ce fut tout un contrat, d’autant plus qu’à la pre­mière journée du cours il a constaté qu’il était le seul gars du cours. Il m’avoue qu’à cette épo­que il avait, malgré son désir de faire du théâtre, essayé de se trouver des excuses du genre : « J’pourrai pas aider mon père le soir pour la traite des vaches si j’ai des pratiques. Ça donne beaucoup de travail… ! »

Malgré tout, il a réussi son cours. C’était enfin la rencontre entre lui et le théâtre. Son « fee­ling » à la fin de cette année : « C’est la plus belle année de ma vie. Vivre des contacts humains; Hey ! j’ai fait un show ». Une belle expérience quoi !

De E.T. et Indiana Jones au théâtre

Puis il est entré au Cégep en sciences humaines : l’expérience en théâtre étant toute récente, Gilles n’était pas convaincu en­core que le théâtre pourrait deve­nir le métier qu’il pourrait exer­cer : À cette époque, Gilles était très attiré par le mystérieux et c’est ce qui le poussait vers des études en ufologie et en archéolo­gie. Mais, c’est vraiment au Cé­gep lors du cours français-théâtre qu’il a vraiment pris conscience de la beauté et la profondeur du théâtre. Durant ce cours, il a connu le plaisir de devenir un « clown ». Pour quelqu’un de ti­mide, être soudainement un clown lui permet de s’extérioriser puisque c’est un autre person­nage que les autres gens voient.

Sherbrookois d’adoption

C’est à l’été 81 que Gilles fit sa première visite à Sherbrooke. Ravi du cours que l’U. de S. lui offrait en « animation en théâtre » il s’installa à Sherbrooke pour y rester. Pour Gilles Jean, l’année 81 fut marquante :

  • 1ère fois qu’il partait du Bas du Fleuve,
  • un engagement dans le monde du théâtre,
  • les Sherbrookois, des gens à découvrir.

Animateur en théâtre

1984, fin des classes. Gilles Jean sort de l’Université avec un BAC en… animation théâtrale. Pour lui, ce fut une approche dif­férente. Bien sûr, il a pu faire du théâtre mais encore bien plus. Le cours lui a permis de toucher à tous les points qui entourent le théâtre : décor, éclairage, son, di­rection, etc.

Public de l’avenir

C’est au printemps 85 qu’il de­vient comédien avec la troupe I’EXAGON dirigée par Daniel Larkin. Sa première pièce avec la troupe a été Lucky Luck et l’Ex­tra terrestre. Présentée dans les écoles, notre E.T. démontrait à notre Lucky Luck fumeur que la cigarette était nocive pour la santé. Parallèlement à la présen­tation de cette pièce, Gilles fai­sait des interventions à la bouti­que « Santé 2000 » sur la sensibili­sation face au tabac en utilisant le théâtre-image et l’improvisation gestuelle comme médias. Ces deux pièces visant à sensibiliser surtout nos jeunes (non-fumeurs de l’avenir), ils ont utilisé des accessoires qu’on retrouve habi­tuellement dans chaque foyer afin qu’à leur tour, une fois à la maison, ils puissent jouer, créer, inventer et passer eux aussi leurs messages.

V’là pas longtemps

En avril, c’était le montage du décor de la pièce « Berthe et Rose en Floride » jouée à l’U. de S. la semaine du 29 avril. Cette pièce traitait des vacances avec un brin d’humour. Et le 10 mai au Cégep de Sherbrooke, on a pu revoir Gilles dans « La vie à 3 étages », un atelier en collaboration avec le Sang Neuf.

Projets d’avenir…

Quoiqu’il veuille continuer à se tailler une place dans le monde du théâtre, Gilles aimerait tou­cher aussi au monde de l’écriture théâtrale, étant donné l’insuffi­sance d’écrivains québécois dans ce domaine. Il orienterait davan­tage son travail sur les enfants en les sensibilisant aux différents problèmes sociaux.

Pour l’instant, c’est entre deux livraisons prioritaires qu’il se livre à tous ses rêves qui devien­dront réalité, du moins on le lui souhaite.

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