Dans son mémoire qui sera soumis à la commission parlementaire sur l’éducation, le Recteur de l’Université de Sherbrooke, M. Aidée Cabana, émet comme hypothèse de financement des institutions universitaires une proposition de hausse des frais de scolarité.
À ce sujet, la coordonnatrice de l’AFEUS, Manon Ann Blanchard nous rappelle que « si l’accessibilité aux études supérieures a fait de grands pas ces dernières années au Québec, notre taux de diplômation stagne derrière les performances ontariennes. De plus, si l’on examine les données du recensement de 1981, on se rend compte que les taux de scolarisation québécois sont gonflés par la minorité anglophone du Québec ».
Pour conserver intacte l’accessibilité à l’éducation, il en coûterait autant, sinon plus, au gouvernement en investissements, par exemple dans le système des prêts et bourses, que les fonds amenés par une éventuelle hausse des frais de scolarité !
On note aussi une forte tendance au Québec à s’inscrire dans les programmes courts, mineures, certificats, ce qui fait grimper le nombre des inscrit-e-s.
« En fait, 73 % des étudiantes et des étudiants inscrit-e-s dans des certificats au Canada provenaient du… Québec. De ces étudiantes et de ces étudiants, plus de 90 % étaient à temps partiel et la majorité (60 %) se trouvait à être précisément des femmes. » (in La qualité de l’éducation, parlons-en donc !, Vézina, Jean-Marie, 14 janvier 1986; AFEUS, page 5).
Il serait donc dangereux de porter atteinte à l’accessibilité à l’éducation par une mesure comme celle proposée par le Recteur dans son mémoire. Cette situation vient hausser les données de fréquentation réelle des universités.
Rappelons que les étudiantes et étudiants de Sherbrooke et de l’ensemble du Québec ont lutté le printemps dernier contre une hausse des frais de scolarité. Et qu’il se prépare pour cet automne des interventions à la mesure des « remises en question » gouvernementales ou administratives. Pour information : AFEUS 821-7655.



