Le texte suivant aborde le sujet du suicide. Si vous ou une personne de votre entourage vivez une détresse importante, de l’aide est disponible:
1 866 APPELLE (1 866 277-3553) — ligne québécoise de prévention du suicide, disponible 24h/24, 7j/7.
Ce texte, publié à l’origine il y a plusieurs années, contient des informations qui peuvent avoir été mises à jour depuis (ressources, numéros de ligne, pratiques d’intervention). Nous le republions pour sa valeur historique et sensibilisatrice.
Quoi de plus épineux que de glisser dans une conversation le mot suicide. Vous en doutez ? Essayez-le et bien souvent vous verrez votre sujet s’épuiser au bout de quelques minutes !
Et pourtant, quand un(e) ami(e) nous parle de maladie transmise sexuellement ou d’avortement, combien il nous est plus facile d’aborder le sujet et d’être une source de renseignements presque intarissables. Mais lorsqu’un(e) ami(e) nous dit qu’il-elle veut se suicider… la gorge nous serre, notre voix est silencieuse ou réprobatrice… nous sommes démunis(es).
Alors c’est pourquoi il m’est apparu important de vous communiquer quelques informations qui, je l’espère, vous seront utiles dans vos prochains contacts.
Si nous sommes attentifs aux gens qui nous entourent, nous nous apercevons que ceux-ci nous communiquent par différents moyens des messages de toutes sortes et parfois ces messages sont des intentions claires de suicide. On peut les regrouper en 3 catégories : les messages directs, les messages indirects et les comportements. Dans les messages directs, la personne parle avec quelqu’un de ses intentions de suicide. Les exemples rattachés aux messages directs sont : « Je veux mourir », « La vie ne vaut pas la peine d’être vécue », etc. Les messages indirects sont des messages flous qui nous permettent de deviner les intentions de la personne. En voici des exemples : il-elle donne des objets qu’il-elle aime : il-elle s’intéresse aux armes à feu, aux médicaments; il-elle parle de lui-même/elle-même au passé, etc.
Puis il y a les comportements que l’on peut retrouver chez une personne suicidaire : changement d’humeur, manque d’appétit, etc. Il est évident qu’une personne n’est pas suicidaire si un seul de ces signes s’est manifesté. Par contre, si l’on retrouve plusieurs de ces signes chez une personne, le risque que celle-ci passe à l’acte augmente. Donc, tous ces petits signaux peuvent nous aider à reconnaître une personne qui a des idées suicidaires.
Maintenant que nous avons quelques outils de travail, regardons comment intervenir auprès de ces personnes. Quand une personne nous parle de son intention de se suicider, il est très important de rester calme et d’être rassurant. Il faut parler du suicide directement avec la personne (quand, comment et pourquoi elle veut se suicider). De plus, il faut être clair(e) et franc(che) sur l’aide que l’on peut lui apporter. Si la personne a des pilules, lui faire jeter. Une arme à feu ? Éloigner cette arme. Aussi, n’oubliez pas d’impliquer son entourage car être seul(e) à intervenir peut devenir épuisant. Pensez aux ressources du milieu (hôpital. Carrefour intervention-suicide, CSS, etc.). N’oubliez pas que vous n’êtes pas responsable du choix de la personne sur sa vie.
En résumé, il est important de lui transmettre l’espoir de vivre et de lui montrer qu’il existe d’autres moyens que le suicide pour se sortir de sa situation.
En somme, reconnaître et aider une personne suicidaire n’est pas si malin. Il suffit de regarder, d’écouter et d’aider la personne, dans la mesure du possible, à passer ce moment difficile de sa vie.
Une chose à retenir : « Une tentative de suicide est un appel au secours ! »
par Sylvie Dubuc
pour le Carrefour Intervention-suicide



