Le suicide : un sujet qui désarme

15 mars 1986

Le texte suivant aborde le sujet du suicide. Si vous ou une personne de votre entourage vivez une détresse importante, de l’aide est disponible:

1 866 APPELLE (1 866 277-3553) — ligne québécoise de prévention du suicide, disponible 24h/24, 7j/7.

Ce texte, publié à l’origine il y a plusieurs années, contient des informations qui peuvent avoir été mises à jour depuis (ressources, numéros de ligne, pratiques d’intervention). Nous le republions pour sa valeur historique et sensibilisatrice.

Quoi de plus épineux que de glisser dans une conversation le mot suicide. Vous en doutez ? Essayez-le et bien souvent vous verrez votre sujet s’épuiser au bout de quelques mi­nutes !

Et pourtant, quand un(e) ami(e) nous parle de maladie transmise sexuellement ou d’a­vortement, combien il nous est plus facile d’aborder le sujet et d’être une source de renseigne­ments presque intarissables. Mais lorsqu’un(e) ami(e) nous dit qu’il-elle veut se suicider… la gorge nous serre, notre voix est silencieuse ou réprobatrice… nous sommes démunis(es).

Alors c’est pourquoi il m’est apparu important de vous communiquer quelques informa­tions qui, je l’espère, vous seront utiles dans vos prochains contacts.

Si nous sommes attentifs aux gens qui nous entourent, nous nous apercevons que ceux-ci nous communiquent par diffé­rents moyens des messages de toutes sortes et parfois ces mes­sages sont des intentions claires de suicide. On peut les regrouper en 3 catégories : les messages di­rects, les messages indirects et les comportements. Dans les messages directs, la personne parle avec quelqu’un de ses in­tentions de suicide. Les exemples rattachés aux messages directs sont : « Je veux mourir », « La vie ne vaut pas la peine d’être vé­cue », etc. Les messages indirects sont des messages flous qui nous permettent de deviner les inten­tions de la personne. En voici des exemples : il-elle donne des ob­jets qu’il-elle aime : il-elle s’inté­resse aux armes à feu, aux médi­caments; il-elle parle de lui-même/elle-même au passé, etc.

Puis il y a les comportements que l’on peut retrouver chez une personne suicidaire : changement d’humeur, manque d’appétit, etc. Il est évident qu’une per­sonne n’est pas suicidaire si un seul de ces signes s’est mani­festé. Par contre, si l’on retrouve plusieurs de ces signes chez une personne, le risque que celle-ci passe à l’acte augmente. Donc, tous ces petits signaux peuvent nous aider à reconnaître une per­sonne qui a des idées suicidaires.

Maintenant que nous avons quelques outils de travail, regar­dons comment intervenir auprès de ces personnes. Quand une per­sonne nous parle de son intention de se suicider, il est très impor­tant de rester calme et d’être ras­surant. Il faut parler du suicide directement avec la personne (quand, comment et pourquoi elle veut se suicider). De plus, il faut être clair(e) et franc(che) sur l’aide que l’on peut lui apporter. Si la personne a des pilules, lui faire jeter. Une arme à feu ? Éloi­gner cette arme. Aussi, n’oubliez pas d’impliquer son entourage car être seul(e) à intervenir peut devenir épuisant. Pensez aux res­sources du milieu (hôpital. Car­refour intervention-suicide, CSS, etc.). N’oubliez pas que vous n’êtes pas responsable du choix de la personne sur sa vie.

En résumé, il est important de lui transmettre l’espoir de vivre et de lui montrer qu’il existe d’autres moyens que le suicide pour se sortir de sa situation.

En somme, reconnaître et ai­der une personne suicidaire n’est pas si malin. Il suffit de regarder, d’écouter et d’aider la personne, dans la mesure du possible, à pas­ser ce moment difficile de sa vie.

Une chose à retenir : « Une ten­tative de suicide est un appel au secours ! »

par Sylvie Dubuc
pour le Carrefour Intervention-suicide

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