Le symbole de la paix

1 avril 2003

Tout ce qu’il faut savoir sur…

Le symbole de la paix n’est pas le symbole de la paix du tout. De fait, oui, il l’est mais indirectement, par asso­ciation, un peu à la manière dont Patrice Brisebois est devenu le symbole de la pitoyable saison du Canadien : à la longue, après de nombreuses manifestations populaires.

LA PAIX, on n’en doute pas ; est sûrement une bonne chose portée par de belles valeurs. Mais ça n’empêche pas qu’elle est une voleuse : le symbole qu’elle utilise depuis plus de 40 ans est en fait le logo de Campaign for Nuclear Disarmement (CND), une organisation politique britannique qui, comme son nom l’ indique subtilement, fait campagne pour le désarmement nu­cléaire.

C’EST EN 1958 que CND utilise pour la première fois son symbole. Qui représente les lettres N et D dans le langage sémaphore de la marine. Il con­naît immédiatement un grand succès graphique et a été depuis utilisé de 1001 façons, sur des pancartes. Des t-shirts. Des tasses à café et des pipes à haschisch. Il a connu son heure de gloire durant les manifesta­tions contre la guerre du Vietnam, est resté populaire pendant toute la durée des années 70, a connu un regain de popularité lors des manifs anti­nucléaires du début des années 80, puis est tombé dans la désuétude, victime de sa connotation hippie/cheveux longs/j’ai-13-ans-et-je-dessine-dans‑mon-Cahier-Canada. Le symbole de la paix était devenu quétaine (ce qui n’a cependant pas empêché le clan du OUI, lors du référendum de 1995, de l’utiliser dans sa campagne. Oui… et ça devient possible, ce qui a jeté dans la perplexité de nombreux électeurs. Qu’est-ce qui devenait possible advenant la souveraineté ? La paix ? Le retour des hippies ? La démagogie ? On estime que 54 288 personnes ont voté pour le NON en raison de ce message farfelu.

MAIS LE SYMBOLE de la paix connaît ces jours-ci un retour en vogue, avec cette guerre à combattre, ces pan­cartes à meubler et ces sympathies pro-antiaméricaines à afficher. Selon des sources au Pentagone, il devrait rester populaire au moins jusqu’à l’été.

Source : LANGELIER, Nico­las, collaboration spéciale. Le symbole de la paix, La Presse, mardi, 1er avril 2003, ES.

 

 

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