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1 août 2005
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La saga du XXe siècle

L’écrivaine d’origine yougoslave Aline Apostolska poursuit un projet ambitieux : « raconter le XXe siècle trois fois », qu’elle amorce avec Neretva, dont le nœud de l’action se situe dans les Balkans, plus particulièrement en Bosnie et dans sa capitale Sarajevo. « Sarajevo est la cicatrice de l’Europe, qui s’ouvre régulièrement depuis 3 000 ans et qui n’a cessé de résonner des bruits du monde », dit-elle. Son leitmotiv : chaque individu participe inexorablement de l’Histoire collective. Pour récapituler ce « siècle laboratoire qui a charrié des choses énormes, qui a engendré deux monstres (le fascisme et le communisme) », l’écrivaine fait de sa grand-mère Bernarda la très belle figure centrale d’un roman sous-tendu par « la confrontation de l’individuel et du collectif ». « Je voulais aussi raconter la spécificité de la Yougoslavie, qui a ex­périmenté avec Tito une application unique du communisme », ajoute-t-elle. Politique, Histoire et fiction se confondent ainsi dans cette captivante saga sur un siècle qui « s’est terminé dans le désarroi total poux la grande majorité de la planète ». Après les incontournables Balkans, Aline Apostolska mesurera le siècle à l’aune de l’Amérique du Sud – terreau de nombreuses dictatures -, puis de l’Amérique du Nord. Le titre de chacun de ces « livres gigognes » prendra le nom d’un fleuve : une façon de symboliser « le fleuve de l’Histoire », notion chère à l’écrivaine.

APOSTOLSKA, Aine. Neretva, Québec Amérique, 2005, 456 p.

Source : La Gazette des femmes mai juin 2005, Vol. 27, no 1, Fictions par Francine Bordeleau

 

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De la journaliste estrienne Huguette O’Neil

Yvette Rousseau. La réussite d’une vie

Yvette Rousseau, née en 1917 à Saint-Éleuthère, fut institutrice et ouvrière dans l’industrie du textile, et a fini sénatrice ! Entre-temps, elle aura fait preuve d’un militantisme ardent, particulièrement au sein de la CSN (Confédération des syndicats nationaux), et collaboré à la mise sur pied du Conseil du statut de la femme. La journaliste Huguette O’Neil, qui se lia d’amitié avec cette femme d’exception décédée en 1988, récapitule ici un parcours hélas trop méconnu, et encore aujourd’hui des plus inspirants.

O’NEIL Huguette. Yvette Rousseau. La réussite d’une vie, Éditions du remue-ménage, 2004, 448 p.

Source : La Gazette des fermes mai-juin 2005, Vol. 27, no I, Fictions par Francine Bordeleau

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Secrets jardins japonais

La Japonaise Aki Shimazaki a commencé à écrire à Montréal, où elle vit depuis 1991 après avoir transité par Vancouver, puis Toronto. « J’étais curieuse de vivre à l’étranger, et le Canada était alors plus facile d’accès pour les Japonais. »

Elle décida d’écrire directement en français. Le résultat : un style minimaliste, qui préside à une œuvre composée pour l’heure de cinq titres racontant tous, selon divers points de vue, une même histoire que clôt Hotaru (en français, « luciole »), et abordée dans Tsubaki, Hamaguri, Tsubame et Wasurenagusa, publiés entre 1999 et 2003. « Au départ, j’ignorais que les livres prendraient cette tan­gence, je n’avais pas conçu un tel projet », dit-elle. L’écrivaine y parle du pays natal en mettant en scène une héroïne d’origine coréenne née vers 1920 ; dans ce cycle abondent les secrets de famille qui seront dévoilés progressivement, d’un livre à l’autre, et les références à des traumatismes nationaux (le bombardement de Nagasaki ou le quasi-génocide des Nord‑Coréens installés au Japon). « Mes personnages féminins ne sont pas des Japonaises typiques d’aujourd’hui, admet Aki Shimazaki. Celles d’au­jourd’hui sont de plus en plus scolarisées et travaillent. Mais la société japonaise est toujours dominée par les hommes, traditionnellement conservateurs, et elles ont de la difficulté à obtenir des postes importants. » Bien que situés dans le passé, Hotaru et les romans précédents nous familiarisent avec cette société, cette culture et cette Histoire qui nous demeurent largement méconnues.

SHIMAZAKI, Aki. Hotaru, Leméac/Actes Sud, 2004, 144 p.

Source : La Gazette des femmes mai-juin 2005, Vol. 27, n° 1, Actions par Francine Bordeleau

 

 

 

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