L’éducation est un droit, pas un privilège

1 mai 1999

Le monde étudiant

Le système d’éducation a subi de nombreuses coupures depuis 1992 qui ont fait sortir la population étudiante et les enseignants et enseignantes dans les rues. Mais voici que le gouvernement frappe encore de manière radicale. Des augmentations de frais de scolarité, des services tarifiés sans plafond. L’édu­cation fera banqueroute tandis que les pétrolières continueront à faire des tran­sactions de 400 milliards de dollars. Tout ça pour le déficit zéro ! Mais quel déficit ? Lorsqu’on parle d’avenir, on parle d’éducation, on parle des jeunes qui s’endettent pour un avenir meilleur. Il faut réagir !

C’est justement pour cela que les associations étu­diantes sont nées, suite à la demande de la population étudiante dont les besoins et les droits étaient saccagés. De là, les mouvements étu­diants sont nés par des re­groupements d’associations étudiantes. La solidarité de ces membres a créé un front de défense des droits des étudiantes et étudiants. En 1996, le Mouvement du droit à l’éducation a contes­té le dégel des frais de sco­larité. La Fédération étu­diante collégiale du Québec a suivi pour enfin se re­trouver avec plus de 40 collèges en grève illimitée. Le gouvernement a dû renoncer à ce dégel, prouvant ainsi l’importance des mou­vements étudiants au sein des édifices de l’avenir.

Compressions : passées et à venir…

Par contre, lorsqu’on nous parle d’une bonne éduca­tion et d’un meilleur avenir, nous n’y croyons plus. Le gouvernement fait de plus en plus de compressions budgétaires dans le système d’éducation : 1.9 milliards de dollars depuis 1994. De plus, d’autres compressions s’en viennent de l’ordre de 2.4 à 3.2 millions de dollars ! Mais où va-t-on couper cet­te fois-ci sans que toute la population étudiante soit encore touchée ? Le Cégep de Sherbrooke a dû couper plusieurs emplois parmi le personnel. Bien beau le 600 millions de dollars dans l’éducation, mais il faudrait penser à le partager avec les étudiantes et étudiants !

Endettement qui gonfle..

Comme nous le savons, une partie de la population sher­brookoise est très pauvre, la population étudiante aussi, tout comme celle au niveau provincial. Étudier, pour cette dernière, égale s’en­detter et pourtant, le gouver­nement parle d’une éduca­tion gratuite. Le monde étu­diant s’endette pour l’ave­nir car se trouver un emploi sans diplôme d’études col­légiales est presqu’impossi­ble. Voici donc la lutte que nous avons entreprise et pour laquelle nous nous battons : le salariat étudiant. Nous refusons que les étu­diantes et étudiants étudient et travaillent en même temps pour survivre. Nous prenons en considération que les études sont un tra­vail à temps plein et qu’elles méritent d’être rémunérées par des bourses et non par des prêts étudiants. Cette lutte peut être très longue mais nous y parviendrons.

De plus, au mois de décem­bre dernier, l’ancienne mi­nistre de l’éducation, Ma­dame Pauline Marois, a en­voyé une lettre aux collèges disant que le gouvernement abaissait les taux afférents à 30 $, ramenant ainsi une belle image pour la gratuité scolaire mais laissant aux collèges l’obligation de taxer pour maintenir les services. L’État se désengage de sa mission et nous ne pouvons pas l’accepter.

Bref, l’éducation a subi plu­sieurs coupures et la popu­lation étudiante ne sera pas la seule à en subir les con­séquences : la société égale­ment. L’avenir repose en nos mains et ce n’est pas en nous coupant l’herbe sous le pied que l’avenir de la pro­vince se rétablira. De plus, nous avons un nouveau mi­nistre de l’éducation, Mon­sieur François Legault, et nous nous demandons si celui-ci voit le présent sys­tème d’éducation compara­ble à un service public es­sentiel et universel ou comme une entreprise à fai­re des profits ?

 

 

 

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