Le monde étudiant
Le système d’éducation a subi de nombreuses coupures depuis 1992 qui ont fait sortir la population étudiante et les enseignants et enseignantes dans les rues. Mais voici que le gouvernement frappe encore de manière radicale. Des augmentations de frais de scolarité, des services tarifiés sans plafond. L’éducation fera banqueroute tandis que les pétrolières continueront à faire des transactions de 400 milliards de dollars. Tout ça pour le déficit zéro ! Mais quel déficit ? Lorsqu’on parle d’avenir, on parle d’éducation, on parle des jeunes qui s’endettent pour un avenir meilleur. Il faut réagir !
C’est justement pour cela que les associations étudiantes sont nées, suite à la demande de la population étudiante dont les besoins et les droits étaient saccagés. De là, les mouvements étudiants sont nés par des regroupements d’associations étudiantes. La solidarité de ces membres a créé un front de défense des droits des étudiantes et étudiants. En 1996, le Mouvement du droit à l’éducation a contesté le dégel des frais de scolarité. La Fédération étudiante collégiale du Québec a suivi pour enfin se retrouver avec plus de 40 collèges en grève illimitée. Le gouvernement a dû renoncer à ce dégel, prouvant ainsi l’importance des mouvements étudiants au sein des édifices de l’avenir.
Compressions : passées et à venir…
Par contre, lorsqu’on nous parle d’une bonne éducation et d’un meilleur avenir, nous n’y croyons plus. Le gouvernement fait de plus en plus de compressions budgétaires dans le système d’éducation : 1.9 milliards de dollars depuis 1994. De plus, d’autres compressions s’en viennent de l’ordre de 2.4 à 3.2 millions de dollars ! Mais où va-t-on couper cette fois-ci sans que toute la population étudiante soit encore touchée ? Le Cégep de Sherbrooke a dû couper plusieurs emplois parmi le personnel. Bien beau le 600 millions de dollars dans l’éducation, mais il faudrait penser à le partager avec les étudiantes et étudiants !
Endettement qui gonfle..
Comme nous le savons, une partie de la population sherbrookoise est très pauvre, la population étudiante aussi, tout comme celle au niveau provincial. Étudier, pour cette dernière, égale s’endetter et pourtant, le gouvernement parle d’une éducation gratuite. Le monde étudiant s’endette pour l’avenir car se trouver un emploi sans diplôme d’études collégiales est presqu’impossible. Voici donc la lutte que nous avons entreprise et pour laquelle nous nous battons : le salariat étudiant. Nous refusons que les étudiantes et étudiants étudient et travaillent en même temps pour survivre. Nous prenons en considération que les études sont un travail à temps plein et qu’elles méritent d’être rémunérées par des bourses et non par des prêts étudiants. Cette lutte peut être très longue mais nous y parviendrons.
De plus, au mois de décembre dernier, l’ancienne ministre de l’éducation, Madame Pauline Marois, a envoyé une lettre aux collèges disant que le gouvernement abaissait les taux afférents à 30 $, ramenant ainsi une belle image pour la gratuité scolaire mais laissant aux collèges l’obligation de taxer pour maintenir les services. L’État se désengage de sa mission et nous ne pouvons pas l’accepter.
Bref, l’éducation a subi plusieurs coupures et la population étudiante ne sera pas la seule à en subir les conséquences : la société également. L’avenir repose en nos mains et ce n’est pas en nous coupant l’herbe sous le pied que l’avenir de la province se rétablira. De plus, nous avons un nouveau ministre de l’éducation, Monsieur François Legault, et nous nous demandons si celui-ci voit le présent système d’éducation comparable à un service public essentiel et universel ou comme une entreprise à faire des profits ?



