Au Collège de Sherbrooke
Dans le cadre d’un travail portant sur l’animation de groupe et les perspectives de changement social, des étudiants et étudiantes de première année en techniques de travail social ont élaboré un pamphlet répertoriant diverses manières pour manifester et se mobiliser.
Leurs recherches les ont conduit à un étalage d’ idées, toutes plus originales les unes des autres. L’une des plus saugrenues concerne l’entartage, une pratique que certains trouvent exagérée et répressible. C’est dans cette optique que les Entartistes seront au Collège de Sherbrooke le 25 avril prochain dans le cadre d’une conférence sur l’éthique et la tarte.
Le café sera offert gratuitement au public, une gracieuseté du comité écologique du Collège. Apportez votre tasse ou votre thermos, car les contenants jetables ne seront pas acceptés. Enfin, les gens désireux d’en connaître davantage sur les moyens alternatifs de mobilisation pourront mettre la main sur le pamphlet préparé par les étudiants et étudiantes en T.T.S.
La rencontre avec les Entartistes aura lieu le vendredi 25 avril au pavillon 2, local 52-101, de 11h30 à 13h30. Soyez nombreux, c’est gratuit ! ! ! Pour en savoir davantage sur les Entartistes et leurs victimes, consultez leur site web : www.entartistes.ca
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Extraits d’une entrevue réalisée par Sébastien Aubé, avec Pop-Tarte, porte-parole des Entartistes
Comment devrait-on percevoir l’entartement ? Est-ce de l’activisme ? Un mode d’expression, un geste d’engagement social, autre chose ?
C’est une farce qui, pour une fois, n’est pas à nos dépens. L’entartement est avant tout un geste symbolique de dénonciation. Il sévit principalement dans les sociétés médiatiques. L’entartement vise le pouvoir, le culte de la personnalité, ainsi que le talon d’Achille du politicien occidental : son image publique. Des milliers de dollars sont versés à des firmes comme National pour organiser des photos et des événements pour les médias. Les campagnes électorales comme les affaires de la cité se jouent davantage sur cette tribune médiatique que n’importe où ailleurs. La plupart des gens ne lisent pas les programmes des partis. Avec quelques dollars de crème, une assiette en carton et une bonne dose d’ humour, on peut détourner un événement déjà prévu pour le frontispice des médias en lui donnant un tout autre sens. La tarte vise tous les chefs (sauf les chefs-cuisiniers) et les gourous avec les armes pacifiques du ridicule. En ce sens, il s’agit effectivement d’une forme d’activisme. Chaque coup réussi nous permet d’expliquer plus longuement les raisons politiques qui ont motivé l’entartement d’un cornichon plutôt que d’un autre. Mais en dehors de tout langage politique, je pense qu’il existe un espéranto de la tarte à la crème, qui en fait un symbole universel de dérision envers l’autorité.
Certaines personnes sont solidaires de vos opinions, mais trouvent l’entartement comme un geste exagéré et répressible. Que leur répondez-vous ?
Tout d’abord, si ça peut rassurer ceux qui s’inquiètent, en plus de trente ans, personne n’a jamais été étouffé, éborgné ou n’a fait de crise de diabète lors de son entartement. La « violence » du geste est donc somme toute des plus minimes, surtout en comparaison à la violence institutionnalisée de l’État. La tarte ne blesse donc jamais que l’amour-propre. Spécificité.




