Les femmes sont encore les premières victimes de la pauvreté

1 février 2002

Malgré le lourd destin qui traîne durement sa vie, Martha Uculmana, une mère de famille péruvienne est un symbole de courage et d’entrain.

Bien qu’à tous les égards, le Pérou, son pays natal, la pous­se quotidiennement dans la pauvreté, madame Uculmana ne sombre pas dans l’inaction. À l’instar du livre Le vieil homme et la mer, elle affiche une détermination et un espoir à toute épreuve.

Elle a vécu avec ses quatre enfants dans la maison pater­nelle située dans la 2e zone de Collique, jusqu’à ce qu’elle ré­alise que l’espace devenait de plus en plus restreint. « Mais, je n’avais pas le choix, la mai­son familiale était trop petite, il fallait que je reloge ma fa­mille. »

Le seul endroit qu’elle a trouvé est la 8e zone de Collique, un des endroits les plus durs que l’on puisse imaginer. Les peti­tes cabanes se dressent tant bien que mal à flanc d’une vas­te montage rocailleuse et sa­blonneuse. Un groupe de 10 personnes dont elle faisait par­tie a occupé les lieux. Ensuite, les nouveaux arrivants ont pressé les autorités municipa­les à ouvrir le chemin et à ame­ner le courant électrique. Au­jourd’hui, la 8e zone de Collique est occupée par des gens comme Martha; des gens dont le passé et le présent sont fortement marqués par une seule réalité : la pauvreté.

Un peu d’eau et d’électricité

Heureusement, une organisa­tion non gouvernementale étrangère a construit des réser­voirs d’eau devant chaque maison, aucune comparaison avec les réservoirs d’eau du Québec; ce sont plutôt des réservoirs en bloc de ciment d’environ lm par lm 50. Un camion de la municipalité pas­se tous les quinze jours pour la distribution de 240 libres d’eau par maison. Cela coûte 10 soles (environ 4 $). Mais, pendant la campagne électo­rale présidentielle du mois de mai 2000, au 2e tour des élec­tions, les familles ont eu droit à une réduction de 4 soles. « En plus de payer l’eau, je dois dé­bourser chaque mois 30 soles pour l’électricité. » nous con­fie-t-elle.

Au Pérou, au Nicaragua, en Indonésie et ailleurs dans le Sud, ce sont d’abord les femmes qui affrontent tous les jours la pauvreté. Je me de­mande ce que représente, pour elles, le Sommet des Amériques.

Bien que les souvenirs de petites cabanes péruviennes qui laissent passer la poussière le jour et le froid la nuit me hantent fréquemment, mon espoir n’est pas pour autant di­lué. Je sais que le Carrefour de solidarité internationale ap­puie les femmes de Collique. Ses nombreuses actions au Pérou activent la solidarité et atténuent vraiment les effets de la pauvreté.

 

Source CSI-Informe printemps 2001 – vol. 6 no 1

 

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