Malgré le lourd destin qui traîne durement sa vie, Martha Uculmana, une mère de famille péruvienne est un symbole de courage et d’entrain.
Bien qu’à tous les égards, le Pérou, son pays natal, la pousse quotidiennement dans la pauvreté, madame Uculmana ne sombre pas dans l’inaction. À l’instar du livre Le vieil homme et la mer, elle affiche une détermination et un espoir à toute épreuve.
Elle a vécu avec ses quatre enfants dans la maison paternelle située dans la 2e zone de Collique, jusqu’à ce qu’elle réalise que l’espace devenait de plus en plus restreint. « Mais, je n’avais pas le choix, la maison familiale était trop petite, il fallait que je reloge ma famille. »

Le seul endroit qu’elle a trouvé est la 8e zone de Collique, un des endroits les plus durs que l’on puisse imaginer. Les petites cabanes se dressent tant bien que mal à flanc d’une vaste montage rocailleuse et sablonneuse. Un groupe de 10 personnes dont elle faisait partie a occupé les lieux. Ensuite, les nouveaux arrivants ont pressé les autorités municipales à ouvrir le chemin et à amener le courant électrique. Aujourd’hui, la 8e zone de Collique est occupée par des gens comme Martha; des gens dont le passé et le présent sont fortement marqués par une seule réalité : la pauvreté.
Un peu d’eau et d’électricité
Heureusement, une organisation non gouvernementale étrangère a construit des réservoirs d’eau devant chaque maison, aucune comparaison avec les réservoirs d’eau du Québec; ce sont plutôt des réservoirs en bloc de ciment d’environ lm par lm 50. Un camion de la municipalité passe tous les quinze jours pour la distribution de 240 libres d’eau par maison. Cela coûte 10 soles (environ 4 $). Mais, pendant la campagne électorale présidentielle du mois de mai 2000, au 2e tour des élections, les familles ont eu droit à une réduction de 4 soles. « En plus de payer l’eau, je dois débourser chaque mois 30 soles pour l’électricité. » nous confie-t-elle.
Au Pérou, au Nicaragua, en Indonésie et ailleurs dans le Sud, ce sont d’abord les femmes qui affrontent tous les jours la pauvreté. Je me demande ce que représente, pour elles, le Sommet des Amériques.
Bien que les souvenirs de petites cabanes péruviennes qui laissent passer la poussière le jour et le froid la nuit me hantent fréquemment, mon espoir n’est pas pour autant dilué. Je sais que le Carrefour de solidarité internationale appuie les femmes de Collique. Ses nombreuses actions au Pérou activent la solidarité et atténuent vraiment les effets de la pauvreté.
Source CSI-Informe printemps 2001 – vol. 6 no 1



