Une histoire « vraie » ou…
IL ÉTAIT UNE FOIS TROIS PERSONNES réunies dans un cours de secourisme en milieu de travail : l’Une au service des individus et les deux Autres au service de la machine. L’Une aidait les gens qui étaient, plus souvent qu’autrement, embêtés par les deux Autres. Toutes trois accomplissaient les exercices de secourisme avec la même conviction qu’elles mettaient au travail. L’Une conservait la certitude que chacun a du pouvoir contre la machine et les deux Autres demeuraient persuadées du pouvoir absolu de la machine. L’Une s’emploie à défaire des décisions et y croit vraiment; les deux Autres, au contraire, prennent les décisions mais sont désabusées.
Quand vient le temps de l’examen théorique, l’Une réussit assez bien et les deux Autres offrirent un pointage parfait. Mais lors de l’examen pratique, oh là là, l’Une réussit avec brio l’écharpe à l’épaule disloquée tandis que les deux Autres firent un bandage au bras qui était sain.
Dans notre système actuel, les agents du chômage ont du pouvoir, beaucoup de pouvoir, surtout celui de prendre des décisions qui mettent en péril une tranche importante de la vie des prestataires. En prenant une décision mal fondée, les agents bafouent les droits des prestataires en plus de ne pas les informer de leurs recours.
La population des chômeurs et chômeuses se débat avec des décisions du Développement des Ressources Humaines du Canada (DRHC) car malheureusement les gens connaissent peu leurs droits et ont peur d’affronter la machine. Les groupes de défense de droits des chômeurs et chômeuses, quant à eux, se battent avec la machine pour faire en sorte que le bon bras soit soigné.
L’anecdote du mauvais bras soigné est effectivement arrivée et les protagonistes étaient dans le rôle de l’Une, une intervenante d’un groupe de défense de droits des chômeurs et chômeuses et les deux Autres, deux agentes du DRHC.
La morale de cette histoire : on n’est pas mieux soigné au chômage que dans notre système de santé.

