Lorsque l’on observe les chiffres qui traitent de l’emploi chez les jeunes, en particulier chez les 15-24 ans, la situation semble inquiétante.
En effet, en 1997, alors que le taux de chômage en région était d’environ 10.5 % chez la population en général, il était de 15.5 % chez les 15-24 ans. Il en a été ainsi depuis le début de la décennie malgré le fait que la durée de chômage chez les jeunes soit moins longue. En 1995, 25 % des 22-24 ans qui n’étaient pas étudiants mais qui avaient un emploi, travaillaient à temps partiel, contre 19 % chez la population en général.
Mais que reflètent exactement ces chiffres ? D’abord qu’il y a eu de profondes mutations du marché du travail. Alors que les besoins en main-d’œuvre hautement spécialisée (surtout dans le domaine de la haute technologie) sont de plus en plus élevés, d’autres secteurs sont en déclin. Et l’époque où un jeune quittait l’école pour travailler dans la même entreprise que son père est bel et bien terminé.
Manque de confiance et faible scolarité
Mais les jeunes éprouvent beaucoup de mal à se retrouver dans ce nouvel environnement semblable à une jungle pour qui n’en a pas l’habitude. Manque de confiance, mauvaise connaissance d’eux-mêmes, des techniques de recherche d’emploi et de leurs capacités, manque d’expérience et de scolarité. Bref, les jeunes ne sont pas outillés pour faire face au marché du travail.
Paradoxalement, alors que les chiffres démontrent clairement que le marché du travail est plus clément pour ceux qui ont un niveau de scolarisation plus élevé, le recensement de 1991 démontrait que 18 % des jeunes de 20 ans avaient quitté l’école avant d’avoir reçu un diplôme d’études secondaires. Manque de motivation, école mal adaptée aux besoins des jeunes, difficultés d’apprentissage ou familiales. Les raisons sont nombreuses pour quitter l’école et les conséquences sont désastreuses pour plusieurs jeunes. Qu’ils soient étudiants ou non, ces jeunes se retrouvent dans le secteur des services comme la vente au détail, la restauration, l’hébergement, les divertissement et les loisirs; secteur d’activité où les salaires sont faibles, le roulement du personnel important, le taux de syndicalisation réduit et le travail à temps partiel élevé.
C’est là un bref portrait de l’emploi chez les jeunes. Bien que ce portrait ne soit pas complètement négatif, l’avenir est plus inquiétant pour les jeunes moins scolarisés, surtout chez ceux qui n’ont pas obtenu le diplôme d’études secondaires. Il s’agit là d’un problème important sur lequel il faudra se pencher tôt ou tard.




