Les jeunes et l’emploi : quand le manque d’outils devient problématique

1 mai 1999

Lorsque l’on observe les chiffres qui traitent de l’emploi chez les jeu­nes, en particulier chez les 15-24 ans, la situation semble inquiétante.

En effet, en 1997, alors que le taux de chômage en ré­gion était d’environ 10.5 % chez la population en géné­ral, il était de 15.5 % chez les 15-24 ans. Il en a été ainsi depuis le début de la décennie malgré le fait que la durée de chômage chez les jeunes soit moins longue. En 1995, 25 % des 22-24 ans qui n’étaient pas étudiants mais qui avaient un emploi, travaillaient à temps partiel, contre 19 % chez la popula­tion en général.

Mais que reflètent exacte­ment ces chiffres ? D’abord qu’il y a eu de profondes mutations du marché du tra­vail. Alors que les besoins en main-d’œuvre haute­ment spécialisée (surtout dans le domaine de la haute technologie) sont de plus en plus élevés, d’autres sec­teurs sont en déclin. Et l’époque où un jeune quit­tait l’école pour travailler dans la même entreprise que son père est bel et bien ter­miné.

Manque de confiance et faible scolarité

Mais les jeunes éprouvent beaucoup de mal à se retrou­ver dans ce nouvel environ­nement semblable à une jun­gle pour qui n’en a pas l’ha­bitude. Manque de con­fiance, mauvaise connais­sance d’eux-mêmes, des techniques de recherche d’emploi et de leurs capaci­tés, manque d’expérience et de scolarité. Bref, les jeu­nes ne sont pas outillés pour faire face au marché du tra­vail.

Paradoxalement, alors que les chiffres démontrent clai­rement que le marché du tra­vail est plus clément pour ceux qui ont un niveau de scolarisation plus élevé, le recensement de 1991 dé­montrait que 18 % des jeu­nes de 20 ans avaient quitté l’école avant d’avoir reçu un diplôme d’études secondai­res. Manque de motivation, école mal adaptée aux be­soins des jeunes, difficultés d’apprentissage ou familiales. Les raisons sont nom­breuses pour quitter l’école et les conséquences sont dé­sastreuses pour plusieurs jeunes. Qu’ils soient étu­diants ou non, ces jeunes se retrouvent dans le secteur des services comme la vente au détail, la restauration, l’hébergement, les divertis­sement et les loisirs; secteur d’activité où les salaires sont faibles, le roulement du per­sonnel important, le taux de syndicalisation réduit et le travail à temps partiel élevé.

C’est là un bref portrait de l’emploi chez les jeunes. Bien que ce portrait ne soit pas complètement négatif, l’avenir est plus inquiétant pour les jeunes moins sco­larisés, surtout chez ceux qui n’ont pas obtenu le diplôme d’études secondaires. Il s’agit là d’un problème im­portant sur lequel il faudra se pencher tôt ou tard.

 

 

 

 

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