Les personnes âgées : Que savent-elles ?

18 août 1986

Depuis quelques années, le vieillissement fait l’objet de nombreuses études : des projets de loisirs, d’animation, d’aide s’établissent dans le plus grand désir de pallier aux ca­rences de toutes sortes. On ne les nomme plus « les vieux », ni même « personnes âgées » mais bien « les aînés »; ce qui résume en somme la même problématique irréductible, soit celle de vieillir.

Des colloques, des Salons, des clubs sont mis sur pied pour les informer… mais en réalité, que savent les personnes âgées ?

Saviez-vous que l’Estrie est la région où le nombre d’aîné-e-s est le plus important; que Sher­brooke et les environs compte 20 000 personnes de plus de 55 ans, et que pour cette population il existe 25 organismes et ser­vices divers ? Un ensemble de do­maines y sont traités, allant de la santé et l’alimentation aux ques­tions financières.

Malgré les efforts de certains organismes, ces services demeu­rent pourtant sous-utilisés. Selon une étude réalisée par l’Univer­sité du Troisième Âge de Sher­brooke, 30 % des personnes âgées connaissent l’existence de ces services et seulement 10 % utili­sent ces mêmes services. La question n’est pas ici de remettre en question la qualité et l’utilité de ces services, car ils répondent à des besoins, généraux ou spéci­fiques, mais bien de reconnaître qu’il y a un problème clans le mode de diffusion et d’accès aux services.

Évidemment les personnes qui participent à des réunions d’in­formation, qui sont membre d’un club de loisirs ou de toute autre association, sont généralement bien informées et savent où se diriger en cas de besoin. Mais cette catégorie ne représente qu’une fraction de la population âgée. L’isolement, la perte d’au­tonomie physique, la faiblesse des revenus, le peu de scolarité sont autant de facteurs qui limi­tent l’accès à l’information. Si une personne a besoin d’un ser­vice de « popote roulante », à qui s’adresse-t-elle ? Si un formulaire est difficile à comprendre et à remplir, qui consulte-t-elle ? La même étude citée observe que un aîné sur cinq trouve l’information difficile à obtenir; moins cette personne est scolarisée, plus dif­ficile est la recherche d’informa­tion. Un aîné sur deux vit des difficultés de compréhension de ces informations; à tout cela s’a­joute la complexité bureaucrati­que qui parfois semble lourde et ardue pour les non-initié-e-s. La principale contradiction est sûre­ment de voir que les aîné-e-s qui ont le plus besoin d’information sont souvent ceux et celles qui sont le moins rejoint-e-s.

Il serait donc important de re­voir, de simplifier, de rendre ac­cessible un mode d’information sur les services offerts aux per­sonnes âgées. Les instances gou­vernementales auraient avantage à simplifier et à clarifier les diffé­rentes démarches à remplir pour obtenir un service. Une attention particulière devrait être apportée à la diffusion des services par les organismes, pour atteindre le plus grand nombre de bénéfi­ciaires possible. Pour certains, la difficulté de se déplacer est sou­vent une cause d’isolement; une information à domicile est bien appréciée par ces gens.

La création d’un centre acces­sible et connu, servant de pôle de référence aux services, serait un atout indispensable. Et pourquoi ne pas consulter les principaux intéressés : les personnes âgées.

Si dès demain, vous ou l’un de vos proches avez besoin d’une aide ou d’un service, où iriez-vous ? Le savez-vous ?

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon

Autres articles de :