Depuis quelques années, le vieillissement fait l’objet de nombreuses études : des projets de loisirs, d’animation, d’aide s’établissent dans le plus grand désir de pallier aux carences de toutes sortes. On ne les nomme plus « les vieux », ni même « personnes âgées » mais bien « les aînés »; ce qui résume en somme la même problématique irréductible, soit celle de vieillir.
Des colloques, des Salons, des clubs sont mis sur pied pour les informer… mais en réalité, que savent les personnes âgées ?
Saviez-vous que l’Estrie est la région où le nombre d’aîné-e-s est le plus important; que Sherbrooke et les environs compte 20 000 personnes de plus de 55 ans, et que pour cette population il existe 25 organismes et services divers ? Un ensemble de domaines y sont traités, allant de la santé et l’alimentation aux questions financières.
Malgré les efforts de certains organismes, ces services demeurent pourtant sous-utilisés. Selon une étude réalisée par l’Université du Troisième Âge de Sherbrooke, 30 % des personnes âgées connaissent l’existence de ces services et seulement 10 % utilisent ces mêmes services. La question n’est pas ici de remettre en question la qualité et l’utilité de ces services, car ils répondent à des besoins, généraux ou spécifiques, mais bien de reconnaître qu’il y a un problème clans le mode de diffusion et d’accès aux services.
Évidemment les personnes qui participent à des réunions d’information, qui sont membre d’un club de loisirs ou de toute autre association, sont généralement bien informées et savent où se diriger en cas de besoin. Mais cette catégorie ne représente qu’une fraction de la population âgée. L’isolement, la perte d’autonomie physique, la faiblesse des revenus, le peu de scolarité sont autant de facteurs qui limitent l’accès à l’information. Si une personne a besoin d’un service de « popote roulante », à qui s’adresse-t-elle ? Si un formulaire est difficile à comprendre et à remplir, qui consulte-t-elle ? La même étude citée observe que un aîné sur cinq trouve l’information difficile à obtenir; moins cette personne est scolarisée, plus difficile est la recherche d’information. Un aîné sur deux vit des difficultés de compréhension de ces informations; à tout cela s’ajoute la complexité bureaucratique qui parfois semble lourde et ardue pour les non-initié-e-s. La principale contradiction est sûrement de voir que les aîné-e-s qui ont le plus besoin d’information sont souvent ceux et celles qui sont le moins rejoint-e-s.
Il serait donc important de revoir, de simplifier, de rendre accessible un mode d’information sur les services offerts aux personnes âgées. Les instances gouvernementales auraient avantage à simplifier et à clarifier les différentes démarches à remplir pour obtenir un service. Une attention particulière devrait être apportée à la diffusion des services par les organismes, pour atteindre le plus grand nombre de bénéficiaires possible. Pour certains, la difficulté de se déplacer est souvent une cause d’isolement; une information à domicile est bien appréciée par ces gens.
La création d’un centre accessible et connu, servant de pôle de référence aux services, serait un atout indispensable. Et pourquoi ne pas consulter les principaux intéressés : les personnes âgées.
Si dès demain, vous ou l’un de vos proches avez besoin d’une aide ou d’un service, où iriez-vous ? Le savez-vous ?




