Lettre à nos député-e-s fédéraux

1 janvier 2005

Revendications des Sans-Chemise

Par Manon Brunelle, Denis Poudrier, Alain Ouellette, Jean Lacharité, Alexandre Lavallée • Comité estrien des Sans-Chemise

Madame, Messieurs,

Par la présente, nous tenons à vous rappeler les enjeux actuels concernant le régime d’assurance-chômage du Canada. Nous vous avons interpellés lors de la campagne électorale de juin 2004. À l’exception d’un d’entre vous, vous faisiez partie des candidats et candidates qui avez publiquement accepter de défendre les intérêts des Sans-Emploi et endosser les revendications des Sans-Chemise.

Vous savez qu’annuellement, près de 200 millions de dollars de prestations d’assurance-chômage ne sont pas versées à une partie importante de la population active de l’Estrie. Ces gens sont déjà victimes de la précarité de leur emploi, travail saisonnier, à temps partiel ou sur appel… Ce sont ces mêmes personnes qui s’endettent et s’appauvrissent année après année.

Baisse du pouvoir d’achat

L’économie locale et régionale est par le fait même privée de ces revenus puisque ceux-ci serviraient directement à l’achat de biens de consommation. Les commerçants de l’Estrie ne peuvent qu’être préoccupés par cette importante baisse du pouvoir d’achat de nombreux consommateurs. C’est donc dire que les intérêts de l’ensemble de la communauté sont compromis par cette situation qui perdure depuis de nombreuses années.

Les membres de Solidarité populaire Estrie et de son Comité estrien des Sans-Chemise ne sont pas les seuls à dénoncer le vol de la caisse d’assurance-chômage. La vérificatrice générale du Canada, Mme Sheila Fraser, dénonce depuis des années le gouvernement canadien qui a détourné jusqu’à maintenant plus de 46 milliards de dollars de cette caisse sans la moindre légitimité.

Vous savez très bien que cet énorme surplus du régime d’assurance-chômage n’est pas dû à la bonne santé de l’économie canadienne qui aurait à elle seule engendré de plus grandes entrées de cotisations. Le vrai responsable de ce surplus est le resserrement des critères d’admissibilité au régime. Comme vous le savez, six personnes sur dix se voient refuser le droit à l’assurance-chômage lors d’une perte d’emploi. La baisse du taux de prestations de 60 à 55 % du salaire assurable et la diminution de la durée des prestations ont aussi contribué à l’accumulation de surplus et ont permis le plus important détournement de fonds de l’histoire canadienne.

Un gros 12 « cents »

La baisse du taux de cotisation ne règle en rien le problème des salarié-e-s à statut précaire ou des victimes de fermetures d’usines. Concrètement, que représente la baisse de 3 « cents » par tranche de 100 $ de salaire accordée depuis le 1er janvier 2005 ? Pour une personne qui touche un salaire brut de 400 $ par semaine, il lui restera 12 « cents » de plus dans ses poches. Si elle a la chance d’occuper un emploi permanent, elle économisera 6,24 $ annuel­lement. Si on cumulait cet apport pour 100 000 employé-e-s permanents en Estrie, l’économie régionale bénéficierait d’une hausse du pouvoir d’achat des citoyens d’environ 624 000 S… Un bien maigre apport (0,3 %) comparé à la perte annuelle estimative de prestations de chômage qui avoisine les 200 millions de dollars pour les six comtés fédéraux de la région.

Nous vous prions d’exiger une réforme en profondeur du régime canadien d’assurance-chômage afin de lui redonner son caractère universel. Vous devez bien cela aux victimes des dernières réformes de ce pilier important des protections sociales du Canada.

Votre devoir, Madame et Messieurs les députés, est de protéger les intérêts de la population et de l’économie de vos comtés respectifs. Vous avez la responsabilité de réclamer ces importants changements à la Chambre des communes, de les faire connaître aux médias d’information et aux citoyens et citoyennes qui vous ont élus.

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