Même si notre monde est loin d’être idéal, nous sommes, en tant que Canadiens ou Québécois, choyés. Nous le sommes tant au niveau des ressources naturelles de notre pays, de notre situation géographique enviable, que de plusieurs de nos politiques, institutions et structures sociales rendant accessibles services, droits et éducation. Ce sont nos conditions de vie qui, par la force des choses, sont positivement influencées par tous ces éléments. Notre potentiel et notre pouvoir d’améliorer notre sort et celui des autres n’en sont qu’accrus. Et ainsi nous « prospérons » dans notre riche société…
Nous devons cependant beaucoup de cette « aisance » au hasard, à l’Histoire, mais aussi et surtout, aux efforts et luttes de nos prédécesseurs. C’est dans cette logique qu’une personne s’investit à l’amélioration des conditions de vie de gens. Certaines se feront une vocation localement, alors que d’autres le feront à l’international… Le coopérant à l’international… Ce qui semble un don de soi au départ devient rapidement un échange, car nombreux sont les fruits qu’il récoltera durant son projet à l’étranger, puis des graines qu’il sèmera à son retour.
Saisir sa chance
Pour ma part, j’ai eu cette chance, au cours des dernières années, de vivre plusieurs expériences enrichissantes avec le Carrefour de solidarité internationale (CSI). J’ai développé cette passion en m’intéressant à la coopération internationale. J’ai effectué un premier stage du Mali en 2004 via le CSI et le Collège de Sherbrooke. La piqûre est contagieuse, mais le stagiaire consciencieux reçoit les vaccins appropriés avant le départ ! Depuis lors, j’ai continué à m’investir dans des projets avec le CSI et à tenter d’insuffler à d’autres Québécois une préoccupation sur les grands enjeux actuels qui nous concernent toutes et tous : la recherche d’une justice sociale ici et ailleurs, l’atteinte d’une véritable équité entre les sexes et les peuples, la lutte à la pauvreté, le développement harmonieux et sain de notre petite planète… Mon expérience s’est poursuivie par un stage de cinq mois au Pérou en 2004-2005, à titre de conseiller en citoyenneté et démocratie et l’hiver dernier, à titre d’accompagnateur d’un groupe de neuf stagiaires du programme Québec Sans Frontière (QSF) en République dominicaine. Maintenant, j’ai la chance de continuer dans cette voie par l’entremise d’un stage que je réalise au CSI.
Pourquoi cette détermination à poursuivre ? Dans la conjoncture actuelle, teintée de plusieurs tensions internationales et aussi dans notre propre pays, entre diverses communautés culturelles, nous avons à faire un choix en tant que citoyen, en tant que peuple. Nous pouvons porter sur notre entourage une influence de fermeture, d’individualisme, centrée sur nos propres et seuls besoins. Nous pouvons nous contenter de profiter du mieux que nous pouvons des grands dogmes économique et néolibéraliste, bien sûr inévitablement au profit de la majorité de la population planétaire.
Connaître ses valeurs
Ou alors, nous pouvons, comme individu et comme pays, dans nos politiques et dans nos interventions, dans nos paroles et dans nos actions, être porteurs de valeurs pacifistes, solidaires, respectueuses, soucieuses de la diversité des cultures et de l’environnement. Des valeurs qui ont comme objectifs véritables une répartition équitable des richesses, un respect des droits humains et des différences, un développement des peuples convenant à leurs propres spécificités et besoins. C’est dans cette dernière énumération que je m’inscris, d’où cette poursuite de ma quête dans la solidarité internationale…Nous sommes à une ère néolibérale où, si nous ne sommes pas vigilants et actifs, nous risquons par de mauvais choix ou par inactivité, d’aggraver une situation déjà alarmante. Soyons solidaires !




