L’utilisation d’outils et la transmission du savoir ont toujours fait partie de l’adaptation des hominidés. Ces derniers font des choix, ils ont des préférences. Est-ce là un comportement culturel ?
Un comportement culturel exigent deux conditions : la transmission d’un savoir-faire entre individus, que ce soit par imitation et/ou enseignement et des différences entre groupes indépendantes des conditions du milieu. Mais ces dernières ne sont pas vérifiables, d’où l’approche réductrice outil-culture. Cependant, tout comme la diversité des cultures humaines, les diverses populations d’une même espèce de singes manifestent des préférences. Par exemple, certaines troupes de chimpanzés d’Afrique occidentale font l’usage d’outils en pierre pour briser des noix alors que d’autres préconisent les bâtons. Ces comportements sont appris et transmis.
La culture : synonyme de survie
Pourquoi les chimpanzés, les humains et les autres hominidés sont-ils devenus des animaux culturels ? Simplement pour des raisons de survie. Les premiers hominidés employaient des outils pour cueillir leur nourriture, car elle n’était pas toujours accessible dans les arbres. La recherche d’aliments souterrains tels bulbes, racines, oignons et tubercules demandent une très grande connaissance du milieu. Elle fait sûrement l’objet de transmissions culturelles. Par la suite, les hommes seront capables d’abattre des proies de grande taille. Cette dernière aptitude leur permettra de vivre loin des arbres.
Dès -1,8 Ma, l’humain construit des abris et se répand hors de l’Afrique. Grâce à ses capacités d’adaptation technique et culturelle, il survivra après les extinctions vers -1 Ma. La culture aurait donc fait partie des stratégies de survie des hominidés.
Sources : PICQ, Pascal. « Qui sommes-nous ? », Science & Vie, n° 958, juillet 1997, p. 94-97.
ROUZÉ, Michel. « Origines humaines : on a trouvé le grand-père de Lucy », Science & Vie, if 780, septembre 1982, p. 42-46.
