Magnola : trop de questions demeurent

1 avril 2003
Crédit image : Jean-Pierre Chapleau

À l’heure où la fermeture de l’usine Magnola (propriété de Noranda) défraie la chronique, il est étonnant qu’à peu près personne (dans les médias en particulier) ne soulève les enjeux auxquels la survie de l’usine nous confronte.

Or, il semble bon de le rappeler : l’ouverture de cette usine de production de magné­sium a suscité, dès son ouver­ture en 2000, de très nombreu­ses appréhensions dont la plus plupart demeurent toujours valables. Le Bureau d’audien­ces publiques sur l’environne­ment (BAPE) n’avait-il pas d’ailleurs émis de très impor­tantes réserves concernant les potentiels rejets de l’ usine dès 1998 ? Il semble que de nom­breux doutes concernant la viabilité et la fiabilité de l’usine puissent encore être exprimés.

L’économie régionale

En effet, de très sérieuses questions pourraient être po­sées à ceux (un nouveau gou­vernement. Par exemple) qui pourraient potentiellement vou­loir « sauver » de toute urgence l’usine de la région d’Asbestos. Une réflexion primaire de nature économique s’impose : bien entendu, il est regrettable de mettre à pied des centaines de travailleurs (c’est toujours regrettable, qui aurait la cruauté de se réjouir devant une telle nouvelle ?) mais cette usine n’est pas rentable. Des millions de dollars y ont déjà été engloutis à perte. Magnola sera-t-elle jamais viable ou est-ce un pur gaspillage de fonds publics, entre autres, par la Société générale dé finance­ment (SGF). À cet effet, serait-il plus pertinent d’investir dans une diversification de l’écono­mie de la région plutôt que de continuer à miser sur le secteur minier dont les aléas peuvent laisser songeurs ?

L’environnement régional

En second lieu, je crois que nous devons nous demander collectivement quels sont les coûts environnementaux et écologiques liés à la relance de cette usine ? Ainsi, nous pou­vons nous poser de très sérieuses questions de nature agro-alimentaire puisque diverses études en cours nous en apprendront bientôt encore plus sur une potentielle conta­mination toxicologique des res­sources agro-alimentaires de la région. La zone des Cantons-de-l’Est qui entoure l’usine de Magnola et les Bois-Francs constituent un immense bassin laitier… et ce sont des citoyens de toutes les régions du Québec qui consomment le lait produit dans cette région ! Fina­lement, les activités liées au fonctionnement de l’usine de Magnola sous-tendent de sé­rieux enjeux concernant la santé publique. La technologie utilisée à l’heure actuelle est-elle fiable ? Les citoyens et les travailleurs sont-ils véritable­ment protégés des matières toxiques (BPC, dioxines, furan­nes, etc.) générées par l’usine ? Nous trouverons-nous un jour devant un terrible scandale qu’un simple et honnête ques­tionnement aurait pu éviter ?

Aujourd’hui, je regrette sincèrement que le seul dis­cours que j’entende dans les médias, soit celui d’un écono­misme rudimentaire qui semble recouvrir toutes les autres considérations telles le déve­loppement durable, l’environ­nement et la santé publique. Aujourd’hui, comme le silence semble vouloir perdurer au sujet des dangers potentiels liés à la relance de l’usine Magnola, j’invite tous ceux qui ont envi d’en savoir plus à s’informer auprès des groupes de citoyens qui, depuis plusieurs années déjà, cherchent de façon scientifique et rigoureuse, à mieux comprendre les réper­cussions possibles de ce type de choix sur notre avenir à tous,

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon

Autres articles de :