Information ou publicité au Journal de Montréal ? ? ?
Vers la fin du mois d’octobre 2003, le malaise syndical qui couvait depuis quelque temps au Journal de Montréal a éclaté publiquement. Ce malaise a été causé par les pratiques du journal en matière d’embauche ainsi que par le traitement que les journalistes, sous la pression de la direction, devaient réserver aux émissions de télé-réalité du réseau TVA dans les pages du quotidien.
Le syndicat des journalistes du Journal de Montréal a donc déposé un grief qui porte sur deux volets. D’abord, le syndicat reproche aux patrons d’avoir embauché, sans les avoir consultés au préalable, des journalistes supplémentaires pour écrire sur Star Académie et Occupation double. Ensuite, le syndicat conteste la présentation de certains reportages. Dans le traitement de certains articles, le syndicat y voit de la publicité là où il ne devrait pas y en avoir. Chaque jour, durant la diffusion de ces deux émissions, le Journal de Montréal a fait paraître au moins un article. Dans le cas d’Occupation double, rappelons que cette émission n’était diffusée qu’une fois par semaine.
Moins de confiance entre les employés et l’employeur
Dans le cas qui nous intéresse, le contrat de confiance entre l’employé et l’employeur est mis à mal. En effet, Quebecor peut être tenté d’embaucher des employés temporaires pour faire la promotion de ses produits dans ses médias respectifs. Embaucher des journalistes à contrat crée des emplois de courte durée et précaires. Il y a un danger réel pour que les journalistes soient rejetés tout bonnement après usage. Peut-on parler du sérieux de ces pratiques ? Quelle crédibilité doit-on accorder au journal et aux journalistes ?
L’éthique journalistique exige du journaliste de la franchise. Or, ici, la possibilité ne leur a pas été donné. Les journalistes ont été obligés d’écrire des articles vantant les émissions de télé-réalité chez TVA comme s’il s’agissait de l’ information vraie et non de publicité déguisée.
Cette situation nous amène à nous interroger sur le traitement de l’ information dans l’empire Quebecor. La convergence des médias est à l’œuvre dans ce groupe, mais elle n’est pas assumée par les patrons. Comme le déclarait le président du Syndicat des travailleurs du Journal de Montréal : « Nos patrons ne veulent même pas admettre que la convergence existe ! » (La Presse, Louise Cousineau, 31 octobre 2003, Gros malaise chez les journalistes du Journal de Montréal : on fait rire de nous !)
D’autres types de journalisme devraient être valorisés comme le pbotojournalisme et le journalisme d’enquête (sujets de société). Finalement, on se rend compte que beaucoup d’activités mériteraient de figurer dans la section Arts et spectacles du Journal de Montréal. Qu’on leur laisse donc une petite chance.
Vicky Lapointe, pour le CRÉMI



