Vidéotron capté par Quebecor

Vidéotron a été acheté par le Groupe Quebecor, qui est dirigé par la célèbre famille Péladeau. La nouvelle est maintenant officielle. Cet achat soulève de grandes in­quiétudes auprès de certaines organisations, en particu­lier la Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec (FPJQ) et le Conseil de la Radio-diffusion et des Télécommunications Canadiennes (CRTC).

Le Collectif Régional d’Éducation sur les Médias d’In­formation (CRÉMI) aussi se questionne sur cette nou­velle acquisition de Quebecor qui consolide un important empire dans les domaines des médias. Savez-vous ce qu’il possède déjà à son actif ?

Un empire québécois des communications

Commençons par les grandes lignes de l’histoire de Quebecor. Le groupe Quebecor a démarré dans les années 1950 avec feu M. Pierre Péladeau. En 1964, en bon opportuniste, Péladeau profita de la grève du quo­tidien La Presse pour lancer un tabloïd Le Journal de Montréal. À partir de ce succès commercial, Quebecor se développa dans les domaines des communications : imprimeries, quotidiens, hebdomadaires, etc.

En 1998, à la mort de Pierre Péladeau, Quebecor était déjà un « empire ». L’année suivante, Pierre Karl Péladeau succéda à son père avec l’intention de faire de Quebecor un acteur incontournable des communications à l’échelle internationale.

Aujourd’hui, Quebecor compte parmi ses acquisitions Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, les portails Internet Canoë et La Toile du Québec et bien d’autres. Jusqu’à tout récemment, il détenait également le réseau télévisé francophone TQS, qu’il vient de mettre en vente.

Vidéotron et TVA

Avec l’achat de Vidéotron, principal fournisseur de câble au Québec, Quebecor fait son entrée dans un nouveau domaine d’exploitation. Son nouveau prési­dent, Pierre Karl Péladeau, veut ainsi mettre la main sur l’accès Internet à haute vitesse de Vidéotron, la voie de l’avenir pour les hommes d’affaires.

Par ailleurs, Vidéotron est un actionnaire majeur du réseau national TVA. Quebecor possédera non seu­lement le réseau de transmission par câble, des journaux et Internet, mais aussi le réseau de télévision le plus écouté du public québécois. Pour la FPJQ, cela fait beaucoup pour un seul groupe d’affaires. De plus, si Quebecor n’avait pas décidé de vendre TQS, le CRTC lui aurait demandé de choisir entre TVA et TQS. Pour éviter les problèmes, il a déjà tranché : garder TVA, qui est plus rentable. Mais le CRTC n’a pas encoure dit son dernier mot… et nous non plus !