LES MÉDIAS ONT-ILS DES PRÉJUGÉS ?
Les médias ont pour mandat d’informer le public. Dans ce cas, nous serions en droit de réclamer d’eux un minimum d’objectivité dans la diffusion des informations. Malheureusement, dans les faits, nous avons pu constater que ce n’est pas toujours ce qui se passe. Il arrive que les médias transmettent l’information d’une manière telle que le message véhiculé au départ s’en trouve déformé.
Messages ambivalents
En voulez-vous un exemple concret ? Eh bien, prenons le cas des manifestations anti-pauvreté, organisées par les milieux communautaires et les classes populaires. Très souvent, ces manifestations sont décrites brièvement dans les médias, et les articles mettent l’emphase sur des détails plutôt insignifiants. Quant au message lancé lors de l’événement, il est soit déformé ou carrément dénigré.
Vous rappelez-vous, en décembre dernier, la manifestation qui se déroula à l’hôtel Reine-Élisabeth, à Montréal ? Des manifestants anti-pauvreté s’étaient présentés à midi à cet hôtel et, de manière symbolique, s’étaient servis dans le buffet du restaurant. Cet incident avait incité la police à intervenir. Des employés de Global Television Network, présents à ce moment-là, avaient même dû donner le film de leur caméra à des policiers pour les aider à arrêter les manifestants.
Et La Tribune…
Dans certains médias nationaux, les faits furent quand même rapportés avec peu de messages pénalisants face aux manifestants. Par contre, il n’en fut pas de même à Sherbrooke. Le 13 décembre, l’éditorialiste Jean-Guy Dubuc. du quotidien La Tribune, lança un message plutôt méprisant, multipliant des expressions telles que « le geste des manifestants n’était pas trop brillant » ou « on se retrouve au niveau de la peccadille regrettable mais sans conséquence », etc.
Ces manifestations ont pour but d’attirer l’attention de la population sur la condition socio-économique des plus démunis. Aussi, les médias doivent-ils en faire part, et non pas chercher à entretenir des préjugés au détriment de ces gens. Or, dans ce cas précis, le journal La Tribune nous a démontré que ce vœu légitime d’être informé adéquatement n’était nul autre qu’une illusion…


