Elle a une voix magnifique, ses textes se raccrochent à son vécu, sa musique a un son très actuel et son cheminement n’a rien de commun avec celui des artistes connus. Entre le piano-voix et le vidéo-clip, elle se dirige sûrement vers un succès bien mérité.
Un succès bien mérité
S’isolant des autres pour pouvoir écrire, Micheline Gouet commençait déjà à utiliser la plume comme moyen d’expression vers l’âge de huit ans. C’est vers l’âge de quatorze ans que l’idée de chanter est née clairement. C’est alors, qu’elle partagea son loisir préféré entre le comité liturgique et son groupe de rockers. Un peu plus tard, avec le groupe Nature, elle entreprit une aventure qui dura cinq ans. Ceci lui permit de mettre en valeur ses talents d’auteure puisqu’elle écrit la presque totalité de ses textes.
Ensuite, le groupe se sépare et Micheline s’envole pour l’Europe. En parcourant la Grèce, elle rencontre des musiciens américains qui lui confirment son talent pour la chanson. À son retour, elle se met résolument à la tâche. Avec la collaboration de Marco Giannetti pour la musique, la première cassette « Soliterre » est enfin produite en décembre ’84 après deux ans de travail ardu.
Marco, à la fois grand ami et précieux collaborateur de la chanteuse, travaille en toute complicité les compositions et les arrangements musicaux.
Prophète
Micheline a vraiment à défaire l’image de la « chanteuse locale ». Elle doit travailler deux fois plus fort que n’importe quelle auteure-compositeure. Les gens d’ici ont le réflexe de penser « on la connaît, ça peut pas être bon » et collent trop facilement l’étiquette sur l’artiste. Aux dires de plusieurs proches de la chanteuse, les Estriens en général ne reconnaissent pas tout de suite le talent des artistes qui les entourent.
Enfin, on devrait se rendre compte que c’est ici, à Sherbrooke, qu’il faut la consacrer.
Une année remplie
1985 fut une année de grand cru pour Michelin Goulet. Tout d’abord, la cassette « Soliterre » sortie à la fin de 1984, ensuite le tout premier album « Intense » mis sur le marché en septembre ’85. Suite à la sortie de cet album, on a eu droit à une tournée. Même si 1985 fut passablement « intense », on peut croire que 1986 sera tout aussi fertile.
Les $dollars$
Il existe cependant une condition essentielle à l’aboutissement des efforts que déploient Micheline et toute son équipe : l’encadrement financier. Au Québec, dit-elle, on fonctionne à l’envers, on trouve les idées et ensuite l’encadrement. La structure est donc déficiente, le secteur privé ne s’implique pas assez, mais les gouvernements devront toujours subventionner la culture. On devrait repenser à la formule de produire les artistes de relève en première partie d’artistes connus. Ceci m’apparaît comme la solution efficace à court terme, dit-elle.
C’est dangereux
Micheline Goulet chante ce qui la touche, ce qui la choque, ce qui la révolte. Elle le fait toujours avec beaucoup de sincérité. Ceci est dangereux puisque certains individus réagissent mal. Se sentant concernés, ils refusent le message. Les propos de Micheline ne sont jamais violents. En l’écoutant attentivement, on le constate facilement. Selon notre auteure, il y a deux façons de composer.
On peut écrire en fonction du marché, ou bien écrire en fonction de soi, de son vécu par rapport aux êtres qui nous entourent. Micheline dit se situer dans la deuxième catégorie. Son succès dépendra donc, en partie, de la réceptivité du grand public.
Même si la situation n’est pas rose au niveau du disque et du spectacle, Micheline demeure très optimiste quant à l’avenir. Dans ce milieu un peu fou, si on pouvait utiliser des moyens neufs comme ceux qu’elle nous propose, les productions pourraient se multiplier dans le futur.
Vidéo-clip
Pour 1986, Micheline Goulet souhaite ardemment la production d’un vidéo-clip avec la chanson « T’arrives après » de son album « Intense ». Il serait entièrement produit en Estrie. Du côté des subventions du ministère des Affaires culturelles, les Rivard, Lavoie et compagnie, sont bien sûr favorisés à cause de leur grande popularité. Mais il faudrait quand même s’intéresser à la relève du Québec sinon la créativité musicale et le renouveau en prendront un coup.
C’est une Micheline Goulet accueillante, sensible et très branchée sur tous les aspects du showbusiness, que nous avons rencontrée. De l’écriture aux synthétiseurs, des voix à la prise de son, Micheline et toute son équipe méritent vraiment qu’on prête l’oreille puisqu’ils font l’impossible pour qu’on s’émerveille.
Micheline Goulet est native de Sherbrooke et elle demeure en Estrie.




