OGM et la règle des « quatre-i »

1 mars 2005

Sauvegarde de notre santé et des terres agricoles

Dans les laboratoires, les biotechnologies modernes ont fait faire un pas de géant à la génétique. En plein champ par contre, moins de dix ans ont suffi pour que les organismes issus du génie génétique engendrent des problèmes et ne fournissent aucun des bénéfices escomptés.

En 1995 le gouvernement du Canada autorisait la culture en plein champ d’OGM. Entre 1998 et 2000 j’ai, à diverses reprises, émis l’opinion que cette pratique nous exposait aux risques suivants :1- Trans­fert incontrôlé des gènes à des espèces sauvages 2- Aggrava­tion des problèmes de santé publique causés par des souches bactériennes résis­tantes aux antibiotiques cou­rants et utilisés comme mar­queurs dans les OGM 3- Augmentation de l’utilisa­tion d’herbicide suite à l’acquisition par les mauvaises herbes du gène de résistance inséré dans l’OGM 4- Dispa­rition d’insectes utiles suite à la mise en culture d’OGM produisant leur propre insec­ticide 5- Perte de certification suite à la contamination de cultures biologiques par des semences OGM 6- Pertes financières des agriculteurs suite à la mise en culture d’OGM insuffisamment étu­diées et révélant des défauts majeurs 7- Dépendance ac­crue des agriculteurs envers des compagnies fournissant à la fois semences et pesticides 8- Augmentation des cancers, mais surtout des maladies touchant le système immuni­taire et le système nerveux.

Il ne s’agissait pas de prédic­tions, mais d’hypothèses basées sur une analyse des observa­tions ; analyse faite à la lumière des connaissances disponibles en chimie, biochimie, biolo­gie végétale et animale, ainsi qu’en science économique.

La règle des quatre-i

Les sept premiers risques se sont concrétisés au fil des années. Il n’y a pas de données pour le huitième, les gouvernements n’ayant aucune étude sérieuse pour l’infirmer ou le confirmer. Tout se passe comme si les per­sonnes œuvrant dans le déve­loppement, la mise en marché et la réglementation des OGM agro-alimentaires avaient ap­pliqué la règle des « quatre-i » : Ignorance, Irresponsabilité, Indifférence et Incompétence.

Il est désolant de constater que les personnes œuvrant dans la production des OGM agro-alimentaires bafouent les règles et les grands principes que les scientifiques se sont donnés au cours des siècles. Il est scan­daleux que ces personnes suivent le même processus de mise en marché rapide et fassent des erreurs similaires à celles ayant mené à la pollution planétaire par les polluants or­ganiques persistants (POPS). Quand il deviendra impossible de cacher les problèmes causés par les OGM en milieu agri­cole, les gens diront une fois de plus « Les scientifiques se sont trompés ! Pour éviter cela, chaque scientifique indé­pendant doit dire dès à présent Les marchands de science vous trompent en prétendant que les OGM résoudront tous les problèmes de l’agriculture sans en créer de nouveau.

Je demande que les gouverne­ments restaurent un système de subvention affranchissant la recherche universitaire et gouvernementale de l’argent privé, pour que l’on ait à nou­veau des experts indépendants ; en particulier pour tout ce qui touche la santé des écosystè­mes et de l’être humain. Je demande la mise en place immédiate d’un système d’éti­quetage des OGM. Qu’on ne me dise pas que ce serait trop compliqué, trop long et trop coûteux ! Si on a les moyens de faire de la biotechnologie, on doit avoir les moyens d’évaluer objectivement et complètement cette nouveauté. Et si c’est trop compliqué, trop long et trop coûteux, laissons donc les bio­technologies à des domaines que l’on peut confiner plus facilement que des terres agricoles.

 

 

 

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