Plus de vingt ans de lutte

1 avril 2003

Les revendications du personnel de la recherche pour obtenir des conditions de travail justes et équitables ne datent pas d’hier. En effet, elles ont débuté il y a plus de vingt ans…

Circa 1980

Madame Mireille Guay fonde la défunte Association du Personnel Payé sur Fonds de Recherche de l’Université de Sherbrooke (APPFRUS). Le but de l’APPFRUS est de négocier collectivement nos conditions de travail et de rémunération avec les associations de pro­fesseurs-chercheurs afin d’abolir les inégalités et les injustices dans nos conditions de travail. Malheureusement, les chercheurs ont toujours refusé de reconnaître l’APPFRUS à titre de repré­sentant du personnel de la recherche et balayé du revers de la main ses revendications, si légitimes soient-elles. Toutes les démarches de l’Association se sont avérées vaines au fil des ans et ont amené les employées et employés de la recherche à vouloir se syndiquer.

Juin 1989

Le SEESUS dépose une demande d’accréditation syn­dicale au ministère du Travail pour intégrer le personnel de la recherche dans son syndicat. La majorité des employés signent les cartes de membres malgré les menaces du genre : « Tu vas perdre ta job » ou « Cela va jeter la recherche à terre »… Il s’ensuit alors une longue saga juridique pour déterminer qui, de l’Université de Sherbrooke ou des cher­cheurs individuellement, est l’employeur du personnel de la recherche. Invraisemblable : nous recevions un chèque de paie toutes les deux semaines et nous n’avions pas d’em­ployeur.

1993

Le Tribunal du Travail déclare que l’Université de Sherbrooke est l’employeur du personnel de la recherche.

1994

L’Université et les cher­cheurs font appel de la décision du Commissaire du Travail. Les chercheurs veulent être reconnus comme les em­ployeurs.

1998

Finalement, pour éviter de prolonger les procédures juridi­ques et de continuer à payer des honoraires d’avocats fara­mineux, l’Université propose de se reconnaître à titre d’em­ployeur à condition que les employés de la recherche acceptent une convention plus que minimale et qui, évidem­ment, a la bénédiction des cher­cheurs. Une des conditions de l’Université et des chercheurs, c’est que les employés de la recherche soient regroupés dans deux unités d’accréditation différentes, une pour le person­nel de soutien, l’autre pour les professionnels. Malgré le fait que cette convention ne nous apporte rien d’autre que le « privilège insigne » de faire partie légalement des em­ployés de l’Université, nous l’acceptons plutôt que de passer encore quelques années en bataille juridique, mais en nous disant bien qu’à la prochaine négociation, nous allions faire ce qu’il faut pour obtenir enfin des conditions de travail décentes.

26 juin 1998

Signature de la première convention collective des employés de la recherche. C’est une convention de trois ans qui se termine le 31 mai 2001.

26 janvier 2001

Dépôt du cahier de deman­des syndicales pour des condi­tions de travail équivalentes à celles du personnel régulier SEESUS de l’Unité 74.

18 février 2003

À l’assemblée des mem­bres de l’Unité 98, notre Comité de négociations nous présente l’état de la négocia­tion. Surprise : l’Université nous demande le statu quo sur pratiquement tous les points à incidence monétaire : pas de mécanisme d’avancement d’échelon, pas d’augmentation en 2001-2002-2003, on conti­nue de quêter un par un avec nos chercheurs responsables, et ce, pour encore deux ans, jusqu’en 2005. Cela veut dire un salaire à partir de 9 $ l’heure pour le personnel technique et à partir de 7,50 $ l’heure pour le personnel de secrétariat. Le salaire minimum sera-t-il supé­rieur à ce montant avant l’année 2005 ? ? ? Il faut être gonflé… ou inconscient pour oser nous proposer cela. C’est inacceptable ! ! ! Plus de vingt ans d’attente, c’est assez, plus qu’assez.. Notre patience a atteint ses limites et la colère bouillonne. Les membres ont adopté une résolution à l’unani­mité à l’effet de tenir un réfé­rendum le 25 février pour man­dater le Syndicat d’utiliser les moyens de pressions néces­saires, y compris la grève, pour amener l’Université à nous offrir une convention acceptable.

25 février 2003

C’est un vote historique pour le personnel de la recherche. Le résultat du référendum donne 86,6 % en faveur de l’utilisation des moyens de pression nécessaires, pouvant aller jusqu’à la grève, s’il le faut.

Vingt ans après, les em­ployés de la recherche sont plus que déterminés et n’ac­ceptent plus d’être traités comme du personnel de deuxième ordre à l’Université.

 

 

 

Partager :

facebook icontwitter iconfacebook icon

Autres articles de :