La fête du Premier mai en pays d’Afrique

Situé en Afrique de l’Ouest, le Niger compte 9 millions d’habitants, dont 40 000 fonctionnaires qui constituent la classe militante des différentes organisations syn­dicales, regroupées en Union des syndicats des travailleurs du Niger (USTN).

Au Niger, l’histoire du mou­vement syndical, lié au pro­cessus de colonisation qu’a vécue toute l’Afrique fran­cophone, avait bien sûr pour objectif l’indépendance, et son histoire récente se situe dans la lutte qu’il a engagée, il y a une dizaine d’années, pour l’instauration de la dé­mocratie.

Par ailleurs, c’est le Syndi­cat national des enseignants du Niger qui fut le premier à donner le ton en déclen­chant une grève générale de protestation contre la politi­que éducative du gouverne­ment et une réduction des différentes indemnités desti­nées au personnel ensei­gnant. Devenu le Syndicat national des enseignants du Niger en 1955, celui-ci re­groupe aujourd’hui, plus de 14 500 militants actifs, et est affilié, entre autres, à l’Internationale de l’éduca­tion.

Au Niger, le Premier mai a toujours été une occasion pour les travailleurs de se rappeler les événements de Chicago et de faire le bilan des rapports avec le pouvoir politique et de lui soumettre les revendications en cours. Toutefois, depuis quelques années, c’est surtout une période pour dénoncer les attitudes antidémocratiques dont les travailleurs sont les premières victimes.

Situation des travailleurs

Le Niger n’échappe pas, lui aussi, à la mainmise des ins­titutions comme la Banque mondiale et le Fonds moné­taire international. Par ailleurs, le pays est en pleine perturbation socio-politique issue de la tentative d’instau­ration d’un processus démo­cratique, à quoi s’ajoute une crise économique désas­treuse, un endettement chro­nique, la privatisation de plusieurs sociétés et un taux de chômage endémique.Ce­ci empêche l’État de faire face à des obligations de ba­se, comme celle de payer, entre autres, ses fonction­naires, à qui il doit, en ce moment, plus de six mois de salaires.

Monde enseignant en crise

Un peu partout, les systè­mes scolaires sont en train d’être réformés. Au Niger, cette réforme se fait dans un contexte de grandes ten­sions favorisant l’émergence des mouvements de protes­tation des syndicats ensei­gnants. Tout a commencé avec la décision du gouver­nement d’appliquer le pro­gramme d’ajustement struc­turel imposé par la Banque mondiale et le Fonds moné­taire international. En tant que pays pauvre, nous n’avons pas le pouvoir de dire NON aux diktats de ces institutions. C’est ainsi que malgré la situation très criti­que des travailleurs, l’État a imposé une réduction des salaires de ses fonctionnai­res de 30 %, ce qu’ils ont fi­nalement accepter, espérant ainsi être payé.

Comme ce n’est pas le cas, les enseignants sont réduits à une situation de survie, incapables d’assumer leurs tâches. Par ailleurs, l’État tente de casser les syndicats, mais c’est sans compter la maturité et la conscience de leurs militants, dans un pays où le taux de scolarité est l’un des plus bas du monde (31 %), où le taux d’analphabétisme s’élève à 80 %, et où seulement 34 % des filles ont accès à l’édu­cation.

La seule façon pour nous de vaincre cet arbitraire, de fai­re aboutir nos luttes, c’est par le biais de la solidarité, cette solidarité universelle, agissante, sans frontière qui doit animer toute personne éprise de justice et de paix.

 

 

 

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