Pour Sherbrooke, du changement à l’horizon ?

12 septembre 1998

Après 14 ans de règne conservateur, les électeurs et électrices du comté de Sherbrooke ont décidé de changer de représentant à la Chambre des communes. Ce chan­gement était sans doute nécessaire pour un comté ayant sur son territoire la quatrième ville la plus pauvre au Canada (pour une population équivalente) soit la ville de Sherbrooke. Nous espérons que le nouveau député sera plus présent dans le comté et à la Chambre des com­munes que son prédécesseur Monsieur Jean Charest afin de mieux répondre aux besoins de la population de la circonscription.

Nouveau député sans nouveauté…

Cependant, le nouveau député fut élu à la suite d’une campagne courte, prématurée, fondée sur une compagne d’images plutôt qu’une campagne d’idées. Le chan­gement de représentant n’exprime pas fondamentale­ment une nouvelle orientation au niveau des idées, le néo-libéralisme demeurant le dogme de référence.1 En fait, les deux principaux partis en lice s’entendaient très bien sur la conduite de la destinée du comté, sauf en ce qui a trait à la fameuse question nationale. Tout compte fait, les principaux partis logent tous à la même enseigne, celle du néo-libéralisme, des coupures, de l’abolition des protections sociales et de la loi sauvage des marchés. Sans prendre partie, constatons l’apport au débat de partis secondaires comme le parti Verts et celui du NPD qui auront démontré, à la mesure de leurs moyens, qu’il y a d’autres façons de voir le monde que celle qui nous est imposée par les grands partis.

Présence d’un parti ultra-conservateur

Malheureusement, le comté aura vu, par ailleurs, une percée des pensées intolérantes et réactionnaires par la voix du Reform party. Nous pensons que ces idées ultra-conservatrices doivent faire l’objet d’une critique ri­goureuse, incessante et sans concession. La société que le Reform party propose, une société d’intransigeance et de répression où les armes à feux circulent librement, où le système de santé est privatisé, où le gouvernement fé­déral ne favorise plus l’aide sociale (selon le programme du Reform), est une société de la misère qu’il faut rejeter.

Exercer son droit de vote

Enfin, nous invitons nos lectrices et lecteurs à mettre à leur agenda les prochaines élections municipale et provinciale et à exercer leur droit de vote. Il ne faut plus laisser la politique aux autres, c’est-à-dire aux grands partis; au contraire, il faut s’y investir au profit de la réalisation d’un projet de justice sociale qui passera par les débats d’idées plutôt que par les débats d’images comme c’est devenu la façon de faire depuis trop long­temps déjà.

  1. L’Orientation politique et économique privilégiant le « libre marché » et un État minimum et ce, sur le dos des plus démuni-e-s.