Campagne référendaire

Le caractère social de notre ville est une richesse qui semble méconnue de nos urbanistes et de nos élus. Littéralement mis de côté du futur plan d’urbanisme, ce sont les impératifs économiques qui semblent être servis sur un véritable « plateau » d’argent, et ce, malgré la concertation populaire préalable. H nous faut donc repenser la démocratie si nous souhaitons revitaliser noire milieu de vie.

La réalisation de ce plan s’est faite sur les bases du document Vision auquel la population a participé, incluant les grandes orientations du développement pour la ville. On constate l’ab­sence quasi totale de tous les moyens amenés dans ce docu­ment ayant des bases sociales et environnementales. Par contre, une importance beaucoup plus grande est mise sur le dévelop­pement économique relié au plateau St-Joseph. Ces choix réalisés par les responsables du plan d’urbanisme, auront à long ternie, un impact négatif sur les citoyens et ils ne sont pas jus­tifiables selon la Coalition Sherbrooke Milieu de Vie (CSMV). Il faut revoir ce plan d’urbanisme pour y intégrer les aspects manquants afin de prendre un tournant vers une ville axée davantage sur le dé­veloppement durable.

Cyria Emelianoff :

« Une ville durable est une ville capable de se maintenir dans
le temps en gardant son identité
et son dynamisme, capable aussi d’offrir une qualité de vie en
tous lieux dans une mixité sociale et fonctionnelle,
capable enfin de se réapproprier
un projet politique, à la recherche
d’un équilibre sur le plan écologique et social vis-à-vis du
territoire et de la planète. »

L’accent mis sur l’automobile et le développement des bou­levards périphériques dans ce plan ressemble drôlement à cet individualisme tant véhiculé dans la société d’aujourd’hui chacun pour soi dans sa voiture pour se rendre dans un im­mense centre d’achats, sans la touche « humaine » qu’ont les commerces de proximité. Le transport en commun, les ini­tiatives coopératives, le vélo et la marche semblent être plus en accord avec les objectifs de santé et de bien-être souhaités par et pour les gens de Sher­brooke.

La démocratie en marche

Il est possible de faire une dif­férence lorsque nos valeurs et objectifs sont partagés par une importante part de la popula­tion. La tenue du référendum, le 6 mai prochain, pour con­trer ce plan d’urbanisme de la ville, en est une bonne preuve. Des initiatives de ce genre ap­paraissent également dans d’autres communautés et cer­tains organismes prennent vie afin d’informer, de sensibiliser et de supporter les citoyens dans leur démarche, dont l’organisme Vivre en Ville (voir encadré) qui s’y connaît bien en matière d’urbanisation.

D’un point de vue démocra­tique, lors de la signature des registres en janvier dernier, la ville n’avait encore jamais vu de participation citoyenne aussi forte afin de contrer les déci­sions de la mairie. Pourtant, pour la journée du référendum, elle a choisi des dates qui ne favorisent pas la participation des étudiants. En effet, les di­manches 29 avril (journée de vote par anticipation) et 6 mai, les étudiants seront, pour un certain nombre, à l’extérieur de la ville, leurs cours étant ter­minés alors.

Des associations étudiantes s’impliquent dans la présente campagne référendaire. Ainsi, l’Association Générale des Étudiants en Science (AGES) et le Regroupement des Étu­diants de Maîtrise, de Di­plôme et de Doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) se sont position­nés contre le plan d’urbanisme et une campagne du non pour mobiliser les étudiants, a été lancée sur tout le campus. L’implication des associations étudiantes dans les affaires municipales est une forme d’implication de groupes de citoyens dans la communauté qui favorise la représentation de la volonté populaire.

Le présent travail effectué sur le plan d’urbanisme par les membres de la coalition, fait appel a des idées tirées du développement durable dont une incitation à la participa­tion populaire dans la gestion et la prise de décision des af­faires municipales. Des exem­ples de démocratie participa­tive ont lieu en Europe où ils ont pris forme à la suite de l’im­plantation de politiques environnementales. « La démo­cratie participative recouvre des concepts permettant d’accroî­tre l’implication et la participa­tion des citoyens dans le débat public et la prise de décisions politiques qui s’en suit. »1

Le pouvoir des citoyens

C’est donc augmenter le pou­voir des citoyens afin qu’ils se responsabilisent vis-à-vis les affaires municipales. Le plan d’urbanisme que nous désirons changer doit comprendre un volet démocratique afin de permettre aux citoyens de se faire entendre. Si le groupe d’intérêt du plateau a le poids de l’argent pour se faire entendre à la ville, les groupes de citoyens doivent utiliser celui de leur droit de décider de ce qui se passe dans leur ville afin que la balance penche vers la démocratie. Si leur économie dépasse nos droits, il nous faudra redoubler d’effort pour favoriser une économie locale et de proximité. Des ini­tiatives de consommations res­ponsables se font dans la ville afin que des citoyens organisent leur consommation à leur manière.

De vraies consultations populaires

La lutte actuelle pour une amélioration du plan d’urba­nisme donne une chance à la population de se faire enten­dre. En effet, la CSMV n’est pas composée de personnes vou­lant se substituera l’expression des citoyens, au contraire. C’est pourquoi, dans l’éventuelle victoire du NON, la coalition sera la première à exiger des consultations publiques afin que les citoyens aient leur mots à dire et que par la suite, les instances de la ville les res­pectent et les appliquent. La lutte pour une meilleure qua­lité de vie démocratique est plus large que la simple lutte contre l’actuel plan d’urbanisme. Imaginez : si les représentants du peuple ont mal servis les intérêts de la population sher­brookoise en général par rap­port à la mis en application du plan Vision, peut-il en être de même pour l’ensemble des autres thèmes dans la gestion de la ville ?

Le document Vision est le fruit des différentes consultations publiques que la Ville de Sher­brooke se devait de faire pour bâtir son plan d’urbanisme. De multiples considérations sociales, environnementales et économiques y sont exposées, cela surtout grâce à l’expres­sion des désirs des citoyens en matière d’urbanisme. Pourtant, il est malheureux de constater que de ces considérations, aucune ne semble transparaître dans les différents dévelop­pements inclus dans ce plan d’urbanisme. À quoi cela sert-il de se doter d’outil de participa­tion citoyenne si celle-ci n’est pas considérée dans les différents développements municipaux ?

  1. La démocratie participative est un milieu entre le système représenta­tivité actuel et la démocratie directe ou le peuple exerce la totalité du pouvoir par la prise de décision en assemblé générale comme dans les association générale.

http ://fr.wikipedia.org/wiki/D %C3 %A9rnocratie_participative

 

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Regroupement québécois Vivre en Ville

Vivre en Ville, le regroupement québécois pour le développement urbain, rural et villageois viable, œuvre principalement à la sensibilisation des acteurs québécois afin de favoriser l’application des principes du développement durable dans la planification et l’aménagement du territoire.

Organisme national d’intérêt public, il a pour mission l’amélioration de la qualité de l’envi­ronnement et des milieux de vie par la recherche d’un aménagement du territoire optimal, contribuant au bien-être physique et psychologique de la population.

Il a récemment produit une trousse de sensibilisation et d’éducation. Vers des collectivités viables comprend un document de près de 700 pages, deux documentaires et un cédérom interactif. Un outil indispensable pour la poursuite de notre réflexion.

www.vivreenville.org

 

 

Par Pierrot Gagnon • La TROVEPE / Francis Poulin • RAJ / Jean Martin Veilleux • AGES

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