Moins de pesticides dangereux en ville

Plusieurs organismes québécois, dont l’ACEF Estrie, se sont réjouis le 3 avril 2006, troisième anniversaire de l’entrée en vigueur progressive du nouveau code de gestion des pesticides. C’est à partir de cette date que le 2,4-D, principal composé du Cilles et grand exterminateur du pissenlit, était banni du Québec.

D’autres pesticides ont subi le même sort ; des herbicides ressemblant au 2,4-D, des insecticides (Malathion, Lindane), des fongicides (Bénomyl, Captane). Ils étaient largement employés en horti­culture ornementale : leur interdiction nous permettra de respirer enfin librement, le long des rues durant l’été.

Toxicité des pesticides

Pourquoi ce dossier a-t-il occupé l’ACEF Estrie pendant plus de dix ans ? Parce que compagnies et vendeurs d’entretien chi­mique de gazon avaient souvent des pratiques commerciales contestables. Parleur publicité, les compagnies vendaient limage d’une pelouse parfaite, une image impossible à réaliser. On vendait bien cher un traite­ment purement cosmétique de la pelouse, n’apportant aucune amélioration du sol et induisant un cercle vicieux de besoin en engrais et en pesticides. Surtout, on fournissait aux clients une information par­tielle sur les produits employés, donnée de façon à induire une fausse impression de sécurité : le vendeur dit « nos produits sont homologués par le gou­vernement » et le client pense « si c’était dangereux le gou­vernement l’aurait interdit ». On ne disait pas que l’homo­logation datait des années 1935 ou 1940, alors qu’on connais­sait peu la toxicité chronique des pesticides.

L’ACEF Estrie a toujours défendu les droits des con­sommateurs dans trois grands champs :les biens et les services, la santé et l’alimentation. Or, les pesticides touchent à tous ces domaines. L’usage de pes­ticides chimiques sur les pelouses québécoises exposait un très grand nombre de personnes, et particulièrement beaucoup d’enfants, à des produits qui ont en général une toxicité chronique importante. Des maladies irréversibles apparaissent après des expo­sitions répétées, même à des doses faibles et parfois long­temps après l’exposition. Le danger est donc insidieux. Plusieurs pesticides causent des allergies, des cancers ou sont des perturbateurs endo­criniens, c’est-à-dire, de fausses hormones ! Cette dernière caractéristique affecte le déve­loppement de l’enfant né ou à naître, ainsi que le comporte­ment des enfants et des adultes.

Alors que l’on prétend que la santé coûte cher, pour l’ACEF il est évident que la prévention des maladies est la meilleure façon d’économiser. La lutte contre un usage futile des pes­ticides est un bon moyen de réduire le nombre et la gravité des maladies, ainsi que la con­sommation des médicaments.

Source : Tant qu’à consommer… Juin 2006, Vol.18 no 2

 

 

 

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