Prochaines élections : désaveu et indécision…

1 avril 2004

Accéder à la compilation du sondage ]

DANS la perspective d’élections fédérales dans les prochains mois, ENTRÉE LIBRE a voulu prendre le pouls des électeurs et électrices du quartier. Concernant les intentions de vote, le sondage vient confirmer la tendance provinciale sur l’appui que reçoit le Bloc québécois (BQ) tout en mettant en évidence le fort pourcentage d’indécis (qui remportent la palme avec plus de 46,7 % des répondant-e-s) et la forte proportion de personnes qui seraient enclines à changer leur vote selon les candidat-e-s qui se présenteraient dans Sherbrooke (plus de 48 %).

Le sondage révèle aussi un autre élément qui saute aux yeux : la non-confiance que reçoit la classe politique fédérale en général. Par ailleurs, les gens du quartier identifient clairement les questions de lutte à la pauvreté et le financement en santé comme étant LES priorités auxquelles devrait s’attaquer le gouvernement fédéral dans les prochains mois. Enfin, le sondage révèle cer­taines différences femmes-hommes dans des réponses obtenues…

Pauvreté et santé : voyez-y ! ! !

La lutte à la pauvreté (46,7 %) et l’augmentation du financement en santé (31 %) remportent haut la palme en ce qui a trait aux priorités auxquelles devrait s’attaquer le gouvernement fédéral dans les prochains mois. A cet égard, soulignons une différence notable entre des femmes et des hom­mes dans leur premier choix de priorités. En effet, la lutte à la pauvreté a été identifiée prioritaire par 65 % des hommes par rapport à 37 % chez les femmes tandis que l’augmentation du financement en santé récolte 42 % chez les femmes par rapport à 10 % chez les hommes… Bref, il ne faut pas se surprendre outre mesure si la lutte à la pauvreté et le financement de la santé obtiennent un tel appui dans un des quartiers les plus pauvres de la ville de Sherbrooke… (rappelez-vous le fameux « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade » d’Yvon Deschamps…).

Quand la confiance fout l’camp…

Les derniers développements autour de la ques­tion du scandale des commandites ont, sans aucun doute, contribué à diminuer le pourcentage de répondant-e-s considérant que les partis politi­ques fédéraux les défendent adéquatement. Évi­demment, il ne faudrait pas imputer à ce seul scandale cette baisse de confiance envers les partis politiques fédéraux. D’ailleurs, plusieurs autres questions pourraient être identifiées com­me ayant contribué à cette situation : le « vol » des surplus de la caisse d’assurance-chômage, la flotte de navires de Paul Martin qui bat pavillon d’un autre pays pour ne pas payer d’impôts, etc.

Dans ce contexte, il ne faut pas se surprendre si plus de 46 % des répondant-e-s considèrent que les partis politiques fédéraux actuels ne dé­fendent pas adéquatement leurs intérêts contre seulement 18 % qui répondent oui tandis que 33 % sont indécis… Encore une fois, soulignons qu’il y a une différence notable entre la réponse des hommes et des femmes sur cette question puisque 70 % des hommes considèrent que les partis politiques fédéraux ne les défendaient pas adéquatement par rapport à 35 % chez les femmes.

Parti libéral : rien ne vas plus ! ! !

Le fait marquant sur les intentions de vote des répondant-e-s au sondage est sans contredit le fort taux d’indécis avec plus de 46,7 %, et ce, dans une perspective d’élections fédérales à court terme. Évidemment, la débandade du Parti libéral un peu partout au pays (particulièrement au Québec) se reflète aussi dans le sondage d’ENTRÉE LIBRE (seulement 5 % d’appuis) et peut, en partie, expliquer le fort taux d’abstention. Un autre élément non négligeable à prendre en compte dans le haut taux d’abstention et dans le faible appui au Parti libéral est sans aucun doute le fait que ce parti n’a pas encore choisi la per­sonne qui sera son candidat ou sa candidate. La chasse à une candidature de prestige est plus difficile qu’il y a quelques mois lorsque le Parti libéral voguait bon premier dans les sondages…

Cependant, l’appui que recueille la Bloc qué­bécois dans Sherbrooke auprès des répondants et répondantes au sondage (plus de 40 %) n’est sûrement pas lié qu’au rejet du Parti libéral mais découle aussi du travail terrain positif effectué par le député en place, M. Cardin, ainsi qu’à l’appui de nombreux souverainistes à ce parti.

Encore ici, l’intention de vote des femmes diffère sensiblement de celle des hommes. Tan­dis que les hommes voteraient à 55 % pour le Bloc québécois et demeurent indécis à 30 %, les femmes voteraient à 32,5 % pour le même parti demeurant indécises à plus de 55 %.

La nécessaire « proportionnelle »…

Le sondage d’ENTRÉE LIBRE serait-il diffé­rent si nous avions un type de représentation basé sur ce qui est convenu d’appeler la « proportion­nelle ». En bref, ce type de représentation vise à accorder aux partis politiques une représentation équivalente aux pourcentages de votes obtenus lors des élections corrigeant ainsi certaines dis­torsions existant actuellement.

Si ce débat est omniprésent au Québec depuis plusieurs années déjà, soulignons que la Com­mission du droit du Canada soulève, dans son dernier rapport déposé en mars dernier con­cernant le système électoral canadien , que la représentation proportionnelle devrait être introduite au Parlement canadien. D’ailleurs le rapport souligne que « compte tenu que le Canada est affligé d’un malaise démocrati­que dont les principaux symptômes sont la diminution de la participation électorale, la montée du cynisme (..) et le désengagement croissant de la jeunesse à l’égard de la poli­tique, la Commission du droit estime que la réforme du système électoral devrait consti­tuer une priorité sur la scène fédérale » (La Presse, 1er avril 2004). Nous ne pouvons qu’être en accord avec cette recommandation.

Et si la proportionnelle était appliquée, les données de notre sondage auraient éventuelle­ment été quelque peu différentes… Nous invitons les lecteurs et lectrices à suivre de près les ques­tions politiques puisque, les grandes questions traitées par nos élu-e-s nous touchent tous et toutes directement ou indirectement et, comme le dit l’adage, « si tu ne t’occupes pas de politique, la politique s’occupe de toi »…

 

 

 

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