Profession : Domestique

1 avril 2002
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Elles sont près de 20 000 au Québec, mais on ne les voit pas. Elles prennent soin des enfants ou des vieillards, net­toient la maison, font les courses et la po­pote : ce sont les aides domestiques. Autre­fois constituée de jeu­nes filles de la campa­gne venues tenter leur chance en ville, cette main-d’œuvre à 85 % féminine est aujourd’­hui surtout composée d’immigrantes. Beau­coup d’entre elles arrivent au pays grâce au Programme d’aides familiaux résidents (PAFR). « Ce programme devrait être carrément aboli puisqu’il crée des conditions d’exploitation et même d’esclavage », dénonce Louise Dionne, directrice de l’Association des aides familiales du Québec.

Leur situation les rend pour le moins vulnérables : de par leur permis de travail, d’une durée de deux ans, les nouvelles venues ne s’en remettent qu’à un seul employeur qui doit les héberger. « La jeune femme, qui se trouve à sa merci pour son pain et son toit, ne parle souvent pas la langue et ne connaît pas ses droits. » Comment, dans ces conditions, peut-elle refuser de faire des heures supplémentaires, négocier un meilleur salaire ou même repousser des avances sexuelles sans craindre à tout moment son rapatriement ?

Plusieurs arrivantes passent toutefois à travers le processus, deviennent immigrantes en règle et poursuivent leur carrière d’aides familiales. « Avec notre population vieillissante, nous aurons de plus en plus besoin de ce coup de pouce, rappelle Mme Dionne. Notre société a donc avantage à reconnaître ce métier à sa juste valeur. » Son association travaille en ce sens. Ses membres militent, entre autres, pour que la catégorie des gardiennes à temps plein ne soit plus exclue de la Loi sur les normes du travail et que ces femmes aient droit au salaire minimum. L.D.

Source : La Gazette des Femmes, novembre-décembre 2001, vol.23, n° 4, p. 9

Les aides familiales à Montréal : 1850-2000. Editions du remue-ménage, Montréal, 2001

 

Combien vaut le travail invisible ?

Actuellement, les aides familiales gagnent entre 3,65 $ à 8,50 $ l’heure.

 

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