Protégeons la Terre

1 février 1982

Les hivers plus doux et les étés de plus en plus chauds et humides, que nous connaissons ces dernières années, sont-ils en phase de devenir la norme pour les années ultérieu­res ? Un peu partout sur le globe, des régions subissent les affres des bouleversements climatiques qui, dans certains cas entraînent la mort. Doit-on y déceler une tendance pour le futur ? Doit-on s’inquiéter de la négligence de plusieurs ou encore du non respect de la préservation de l’intégrité des systèmes écologiques par plusieurs pays ?

Un nouveau record fin établi en 2001 et il ne figurera pas dans le livre des records Guiness. Du moins, pouvons-nous le croire. Il s’agit, en effet, d’un record de chaleur. L’année qui a pris fin constitue pour une seconde fois la plus chaude selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Paradoxalement, elle s’avéra propice à des pluies ex­trêmement abondantes ainsi qu’à des sécheresses à divers endroits sur le globe. Les sta­tistiques de l’OMM. compi­lées depuis 1860, révèlent que la température moyenne à l’é­chelle du globe s’est accrue de 0,42° C et que l’année 1998 fut la plus chaude. La décennie 1990-2000 compte neuf an­nées de chaleur record. L’OMM souligne que ce ré­chauffement n’est pas cons­tant. En comparaison avec le XXIsiècle, la température à l’échelle planétaire a triplé, et ce, depuis 1976. Depuis la fin du phénomène La Niña en 2001, on assiste à un réchauf­fement des températures.

Des hauts et des bas

Un peu partout sur la planète, des régions ont eu à faire face à des écarts pour le moins sur­prenants, dont la tempête tro­picale Allison qui frappa les États-Unis l’été dernier. Elle a provoqué les pires inondations attribuables à ce genre de phé­nomène météorologique. Au Canada, on constate une hausse importante du réchauffement climatique. En effet, l’OMM a enregistré une série de 18 sai­sons au-dessus des moyennes historiques. En Sibérie centra­le et méridionale, le mercure a chuté à -60° C durant deux se­maines, provoquant la mort, par hypothermie, de près de 100 personnes. Ce réchauffe­ment a intensifié les sécheres­ses qui frappent depuis 1998 le Pakistan. l’Iran et l’Afghanis­tan. Les précipitations y furent alors inférieures de 55 % à la moyenne.

Des protocoles… pour qui ?

Triste constat, vous en convien­drez. Aussi, le refus des États-Unis d’entériner le protocole de Kyoto sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre a semé la consternation dans la communauté interna­tionale. Qui plus est, ce pays en est le principal émetteur. Au Canada, les mesures volontai­res mises en place en 1995 sous le nom de Programme d’action nationale sur les chan­gements climatiques demeu­rent très préoccupantes.

Cette volte-face américaine et le manque d’engagement cana­dien, entre autres, risquent d’avoir des conséquences sur la terre « Globalement, le changement climatique devrait accroître les menaces sanitai­res, particulièrement dans les populations à bas revenu, ma­joritairement dans les régions tropicales et subtropicales » (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), 1er oct. 01).

En novembre dernier, à Doha, au Qatar, les grands argentiers de ce monde sont arrivés à la conclusion que l’accroissement des échanges mondiaux va ai­der à combattre la pauvreté. Nous savons bien que tel n’est pas encore le cas. La produc­tion d’énergie et la production tout court demeurent et ris­quent de demeurer fort long­temps, les principaux pollu­ants atmosphériques.

Certains veillent au grain

Pendant ce temps, « il aura fal­lu huit années de discussions pour que le 14 mars 2000, quarante-six pays et plus de cent mille personnes, issus des cinq continents, signent la Lettre de la Terre, au siège de l’UNESCO*, à Paris. Cette let­tre sera entérinée et présentée à l’ONU en l’an 2002 et se verra accorder le même poids que la Déclaration des droits de l’homme. » ( Agenda Latino-américain 2001)

 

Source FRANCOEUR, Louis‑Gilles. « Chaud, chaud, 2001 », Le Devoir déc. 2001, p. Al, A8.
*UNESCO Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

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