Les hivers plus doux et les étés de plus en plus chauds et humides, que nous connaissons ces dernières années, sont-ils en phase de devenir la norme pour les années ultérieures ? Un peu partout sur le globe, des régions subissent les affres des bouleversements climatiques qui, dans certains cas entraînent la mort. Doit-on y déceler une tendance pour le futur ? Doit-on s’inquiéter de la négligence de plusieurs ou encore du non respect de la préservation de l’intégrité des systèmes écologiques par plusieurs pays ?
Un nouveau record fin établi en 2001 et il ne figurera pas dans le livre des records Guiness. Du moins, pouvons-nous le croire. Il s’agit, en effet, d’un record de chaleur. L’année qui a pris fin constitue pour une seconde fois la plus chaude selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Paradoxalement, elle s’avéra propice à des pluies extrêmement abondantes ainsi qu’à des sécheresses à divers endroits sur le globe. Les statistiques de l’OMM. compilées depuis 1860, révèlent que la température moyenne à l’échelle du globe s’est accrue de 0,42° C et que l’année 1998 fut la plus chaude. La décennie 1990-2000 compte neuf années de chaleur record. L’OMM souligne que ce réchauffement n’est pas constant. En comparaison avec le XXIe siècle, la température à l’échelle planétaire a triplé, et ce, depuis 1976. Depuis la fin du phénomène La Niña en 2001, on assiste à un réchauffement des températures.
Des hauts et des bas
Un peu partout sur la planète, des régions ont eu à faire face à des écarts pour le moins surprenants, dont la tempête tropicale Allison qui frappa les États-Unis l’été dernier. Elle a provoqué les pires inondations attribuables à ce genre de phénomène météorologique. Au Canada, on constate une hausse importante du réchauffement climatique. En effet, l’OMM a enregistré une série de 18 saisons au-dessus des moyennes historiques. En Sibérie centrale et méridionale, le mercure a chuté à -60° C durant deux semaines, provoquant la mort, par hypothermie, de près de 100 personnes. Ce réchauffement a intensifié les sécheresses qui frappent depuis 1998 le Pakistan. l’Iran et l’Afghanistan. Les précipitations y furent alors inférieures de 55 % à la moyenne.
Des protocoles… pour qui ?
Triste constat, vous en conviendrez. Aussi, le refus des États-Unis d’entériner le protocole de Kyoto sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre a semé la consternation dans la communauté internationale. Qui plus est, ce pays en est le principal émetteur. Au Canada, les mesures volontaires mises en place en 1995 sous le nom de Programme d’action nationale sur les changements climatiques demeurent très préoccupantes.
Cette volte-face américaine et le manque d’engagement canadien, entre autres, risquent d’avoir des conséquences sur la terre « Globalement, le changement climatique devrait accroître les menaces sanitaires, particulièrement dans les populations à bas revenu, majoritairement dans les régions tropicales et subtropicales » (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), 1er oct. 01).
En novembre dernier, à Doha, au Qatar, les grands argentiers de ce monde sont arrivés à la conclusion que l’accroissement des échanges mondiaux va aider à combattre la pauvreté. Nous savons bien que tel n’est pas encore le cas. La production d’énergie et la production tout court demeurent et risquent de demeurer fort longtemps, les principaux polluants atmosphériques.
Certains veillent au grain
Pendant ce temps, « il aura fallu huit années de discussions pour que le 14 mars 2000, quarante-six pays et plus de cent mille personnes, issus des cinq continents, signent la Lettre de la Terre, au siège de l’UNESCO*, à Paris. Cette lettre sera entérinée et présentée à l’ONU en l’an 2002 et se verra accorder le même poids que la Déclaration des droits de l’homme. » ( Agenda Latino-américain 2001)
Source FRANCOEUR, Louis‑Gilles. « Chaud, chaud, 2001 », Le Devoir déc. 2001, p. Al, A8.
*UNESCO Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.



