Protégeons notre guerre

1 Décembre 2006

Armée canadienne en Afghanistan

Depuis maintenant cinq ans, l’armée canadienne est sur le terrain de l’Afghanistan pour défendre les intérêts de ce peuple. Notre premier ministre Harper aime bien l’affirmer : nous combattons les talibans dans la province de Kandahar afin de protéger le peuple afghan, de permettre aux jeunes filles d’aller à l’école et aux femmes de travailler. Nous sommes avec l’aide de nos « alliés », qui comptent en tête de liste, les Américains, des protecteurs de la veuve et de l’orphelin, et d’autant plus, de notre chère liberté acquise à coup de démocratie. Cette guerre des plus justes à première vue, ne cacherait-elle pas une vérité moins rose ou encore pire, des plus noires ?

Il faut voir que, selon l’article « Guerre et propagande », de Raymond Legault du collectif Échec à la guerre, paru dans la revue fl Bâbord oct-nov. 2006, la situation sécuritaire en Afghanistan est pire qu’elle n’a jamais été.

La mort d’une liberté

Depuis le début de cette mis­sion, 44 soldats canadiens sont morts, dont 36 depuis le début de l’année 2006 (Le Journal de Montréal, 28-11-06). En plus de ces morts, il ne faut pas oublier le nombre de morts civils afghans qui s’élè­vent à plus de 3 700 en 2006 selon l’article « Afghanistan : les violences ont quadruplé en 2006 » (Le Monde.fr, 13-11-06). Il est évident que la mort fait partie de la guerre, mais pourquoi nous battons-nous déjà ? Ah, oui, j’allais oublier, pour la démocratie qui est à la base, selon plusieurs, de la liberté, oui celle des Améric….

Ouf, j’allais dire quelque chose, qu’il ne fallait pas ! Ben non, comme tout le monde, je crois que nous sommes là pour une juste cause, qui est celle de re­donner au peuple son pays par l’intermédiaire de la démocratie. Et bien oui, vous aller me dire que je suis une belle autruche d’avaler cette idéologie mise de l’avant par notre gouvernement.

Vous avez raison ! Par contre, il faut voir qu’il m’a fallu mettre sur pied et assister à la confé­rence de Raymond Legault pour comprendre que les Ca­nadiens et les civils afghans meurent sur le terrain de la guerre, qui est la province de Kandahar, non pas pour la liberté du peuple, mais pour les intérêts des Américains.

Des faits qui parlent

Les faits de cette réalité des plus dégoûtantes sont des plus réels. Laissez-moi vous en donner quelques exemples. Selon Human Rights Watch, « plus de la moitié des membres du nouveau Parlement (Alliance démocratiquement parlant, Amnistie Internationale affirme que depuis 2001 « (…) des milliers d’Afghans et certains de non Afghans […] ont été soumis à des actes de torture, inhumains ou dégradants par des membres des forces armées étatsuniennes […] » (Raymond Legault, Bâbord, oct.-nov. 2006).

En terminant, il faut voir que le Parlement en place a per­mis de ramener la culture du pavot dans le pays, ce que les talibans avaient réussi à éradiquer. L’Afghanistan est devenu, grâce à l’Alliance du Nord, le plus grand producteur de pavot, produisant près de 90 % de la production mon­diale, selon l’ONU.

Tous ses exemples font partie d’une longue liste qui prouve que la recherche de la démo­cratie en Afghanistan et la reconstruction du pays sont des échecs. Alors, pourquoi sommes-nous encore là et con­tinuons-nous à protéger le bien-fondé de cette mission guerrière, par l’intermédiaire des médias ? Nous n’avons aucun intérêt à défendre cette guerre, autre que celui des Américains.

Alors, retirons-nous ou, à tout de moins, réajustons notre tir et mettons de l’avant une vraie mission de reconstruction et d’aide, qui serait encore plus bénéfique pour ce peuple.

 

 

 

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