Quand la mort se rencontre et se raconte au fil des saisons

28 août 2025
Crédit image : Tim Mossholder

Le café mortel est un espace, physique et symbolique, pour parler de la façon dont la mort nous habite, nous dépasse, nous transcende, nous échappe et nous relie.

Dans la dernière année, à Sherbrooke, au rythme des saisons, la communauté s’est réunie selon la formule café mortel au Baobab – Café de Quartier. Qu’est-ce qu’un café mortel ? C’est un moment pour se réunir et parler de la mort, sans censure, sans autre intention que de la décloisonner en présence d’autres êtres, de la laisser vivre pleinement comme une réalité de notre vie humaine. Les gens y viennent, par bouche-à-oreille, amené par un proche, par curiosité ou en connaissance de la formule, dans le but de partager ou celui d’écouter ce qui habite les autres. C’est Bernard Crettaz, un sociologue suisse, qui propose en 2004 de rassembler des inconnus, dans un lieu agréable, pour y partager un café, un verre, une sucrerie et parler de la mort. Depuis, la formule est devenue une franchise « sociale », toute personne suivant les règles établies du café mortel peut en offrir dans sa communauté en suivant les principes, notamment, que l’initiative soit sans but lucratif.

« Aucun café mortel ne ressemble à un autre. La tonalité est souvent donnée par la première personne qui s’exprime. » Bernard Crettaz.

Le café mortel est un instant, une parenthèse, dans la vie, afin d’en reconnaitre la finitude, les deuils, les défis de vivre dans une société qui traite la mort en tabou alors que pourtant, c’est une expérience inévitable et universelle. La magie d’un café mortel réside dans les gens qui décident de s’y rendre à ce moment précis là.

Ces projets liés à la mort sont nés d’une rencontre bien vivante, entre Anne Vadenais et Émilie Yergeau, psychologues, dans le cadre d’une formation pour devenir accompagnante en fin de vie. Cette amitié est le terreau fertile des cafés mortels et de l’initiative Honorer ses morts au fil des saisons. Sous forme d’atelier saisonnier (on reconnait le thème cyclique), cette offre vous invite à un moment en nature ayant pour thème la « mort » sous toutes ces facettes. Sous forme d’invitations, inspiré du bain de forêt, différents thèmes qui gravitent autour de la mort sont explorés, et ce, au fil des saisons (celles de la nature et celles de ses deuils). La nature, un lieu qui invite à se déposer, à ralentir, à contempler, dans lequel la mort cohabite avec tout le reste.

Au cours de la prochaine année, d’autres initiatives se grefferont à celles existantes : un rendez-vous mensuel, une marche sur le thème du deuil (moment à confirmer) à partir de l’automne ainsi qu’un cabaret mortel : quand le conte rencontre la mort à la fin du mois d’octobre.

Prochain café mortel : 17 septembre 2025 à 18h30 au café Baobab (1551, rue Dunant, Sherbrooke).

Vous pouvez suivre la page Café Mortel sur Facebook où les évènements sont publiés.

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