Popularité du gouvernement Charest
Neuf mois seulement après son élection, le gouvernement de Jean Charest (premier ministre et député de Sherbrooke, rappelons-le) sème la désapprobation et un profond mécontentement dans la population.. En effet, un sondage réalisé par la maison SOM (pour Radio-Canada) rendu public à la mi-janvier révélait que le taux d’insatisfaction s’élevait à 69 % contre un maigre 26 % de satisfaction ! ! !
Bien entendu, les différentes politiques, lois et règlements votés par ce gouvernement expliquent en grande partie cette grogne généralisée. Hausse des tarifs aux centres de la petite enfance, hausse des tarifs d’électricité, hausse des tarifs du transport en commun, modification de l’article 45 du Code du travail assurant une certaine protection des travailleurs et travailleuses en-cas de vente de l’entreprise, quasi certitude de l’implantation d’une centrale thermique dans le Suroît, etc. Évidemment, nous ne pouvons passer sous silence cette volonté de diminuer les impôts… Bref, plein de changements allant dans le sens des « commandes » des grandes institutions économiques internationales dont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international défendant ce qui est convenu d’appeler le « néolibéralisme » c’est-à-dire, la liberté du libre-marché avec le moins de contraintes possibles… Mais on peut facilement dire que c’est aussi la façon autoritaire et fermée d’imposer ses changements qui contribue à rendre ce gouvernement si impopulaire.
À qui profitent tout ces changements ? ? ?
Lorsque nous étudions attentivement les différentes politiques, lois et règlements votés par ce gouvernement, force nous est de constater que cela profite principalement aux plus riches de notre société. D’un côté, on baisse les impôts et de l’autre on augmente les tarifs de différents services publics et para-publics. Quand l’on sait que les baisses d’ impôts profitent aux plus riches ‘ et que l’augmentation des tarifs affectent davantage les plus pauvres, on peut facilement identifier « où couche ce gouvernement ».
À ce chapitre, rappelons qu’au fédéral, les baisses d’ impôts prévues totaliseront 100 milliards sur cinq ans à partir de 2001. Au Québec, les baisses d’impôts prévues pour les particuliers sont de l’ordre de 15 milliards pour la période 2000-2001 à 2004-2005 (sans parler des baisses d’ impôt pour les compagnies…). Au Québec, le taux maximal d’ imposition pour les personnes gagnant plus de 52 000 $ est passé de 33 % en 1985 à 24 % en 2001… Fait « intéressant » à relever : les récentes baisses d’impôts appliquées au Québec ont été votées par le gouvernement péquiste. C’est ce qui s’appelle « paver la voie » à ses successeurs…Et dire que plusieurs « regrettent » le PQ malgré ses différentes politiques s’inspirant de la droite américaine ou canadienne : baisses d’impôts, déficit zéro sur le dos des plus pauvres, coupures drastiques dans les services publics et parapublics, etc. D’ailleurs, qui a amené notre système de santé au bord du gouffre ? Qui a malmené notre système d’éducation ? Qui n’a pas indexé le salaire minimum ?
Mais « quosse ça donne » ? ? ?
Maintenant, que penser d’une donnée à la fois surprenante et déroutante : la hausse de popularité de l’ADQ dans les intentions de vote… En effet, ce même sondage montre que l’ADQ aurait obtenu plus de 28 % des votes (10 % de plus qu’aux dernières élections). Mais que se passe-t-il ? ? ?
Le PLQ applique des pans du programme de l’ADQ et voilà qu’une partie importante de la population le désavoue au profit d’un parti encore plus à droite ! ! ! Encore une fois, nous prenons position sur la nécessité de bâtir un parti en rupture avec les trois grands partis néolibéraux que sont le l’ADQ, PLQ et le PQ. Tant et aussi longtemps que nous appuierons un de ces partis, nous nous contenterons de choisir lequel appliquera (avec des nuances bien entendu) les politiques favorables aux plus riches.




